CRAWL (Critique)

Dans le genre du film d’attaque animalière le sous-genre du « film de crocodiles » est finalement assez vivace sans doute car  contrairement au film de requins il n’est pas éclipsé par un classique aussi monumental que Jaws qui relègue d’office les autres films au rang de challenger. Parmi ses représentants les plus réussis on citera Le Crocodile de la mort de Tobe Hooper même si il tient plus d’une continuité de son Massacre à la Tronçonneuse avec son tueur dégénéré, l’américain Lake Placid de Steve Miner (écrit par David « Ally McBealKelley) et son crocodile géant et enfin Solitaire de Greg McLean sans doute le meilleur du sous-genre à ce jour. Si il avait déjà trempé, avec Piranhas 3D, l’orteil dans le genre en mode comique et ultra-gore le wonder-boy français de l’horreur Alexandre Aja revient avec ce Crawl qui lui a été proposé par Sam Raimi (Evil Dead, la trilogie Spider-man) à son genre de prédilection le survival-horreur après des incursions dans un fantastique plus surnaturel (Horns et  La 9ème vie de Louis Drax) aux résultats mitigés en termes critiques et commerciaux. Crawl suit Kaya Scodelario (Skins à la télévision, la trilogie Le Labyrinthe au cinéma) qui incarne une jeune femme qui, tout en luttant pour sauver son père (Barry Pepper) blessé lors d’un ouragan de catégorie cinq, se retrouve coincée dans une maison inondée et se bat pour sa vie contre les prédateurs les plus sauvages et les plus redoutés de la Floride.

Avec Crawl Aja ne cherche pas, comme il a pu le faire par le passé (Haute Tension ou son remake de La Colline à des Yeux) à choquer ou éprouver le spectateur, le niveau de gore n’est ici guère plus choquant que dans Jaws ou Jurassic Park, il propose ici un film de terreur estival qui prend la forme d’un ride enchaînant les scènes de suspense à un rythme toujours plus soutenu, multipliant les obstacles pour ses protagonistes et les scènes de frayeur pour le spectateur. Initialement conçu comme un huis-clos d’horreur dans une cave entre le père et sa fille face à un seul saurien, Aja étend la géographie au plan vertical dans toute la maison et horizontal jusqu’au carrefour et la station-service voisine, les deux plans étant progressivement submergés par la montée des eaux qui en font un territoire de chasse idéal pour les alligators. Là ou un twist final devait révéler la présence d’un second prédateur le réalisateur français préféré dévoiler très vite la multiplication des créatures les révélant rapidement en pleine lumière. Pour filer la métaphore Spielbergienne  (et effectivement Crawl doit plus au réalisateur de Duel qu’à Wes Craven ou Tobe Hooper) il les traite  à la manière des vélociraptors de Jurassic Park plutôt que comme le Bruce de Jaws.  Si leur apparence est « zoologiquement correcte » leur vélocité, leur intelligence et leur agressivité les rapprochent des dinosaures de l’écran. On est d’ailleurs surpris d’apprendre que les alligators du film sont des créations en pures images de synthèse, les effets mécaniques étant réduits à la portion congrues, tant leur texture et leur mouvement nous apparaissent organiques.Au passage Aja fait des clins d’œil à d’autres classiques de l’horreur comme quand son héroïne visite le nid où une mère alligator a pondu qui rappelle bien sur la saga Alien.

Le script reprend un procédé éprouvé mais toujours efficace qui voit l’épreuve que traverse l’héroïne lui permettre de régler ses problèmes relationnels avec son père à l’origine des blocages qui plombent sa vie quotidienne. Quand le film s’ouvre Hayley vient de perdre une compétition de natation et on comprend qu’elle est au bord d’abandonner la discipline minée par la dégradation des relations avec son père, suite au divorce de ses parents, père qui l’avait entraînée dés l’enfance. Sa mère semble avoir refait sa vie, sa sœur aînée s’est aussi éloignée laissant  Hayley et son père seuls sur le chemin. Kaya Scodelario livre une prestation très physique, éprouvées par les éléments déchaînés rampant dans la boue et les matières fécales résistant aux morsures des crocodiles mais parvient à garder une authenticité sans se transformer en pure héroïne d’action. Nous avons toujours apprécié le travail de Barry Pepper un character-actor qui débuta dans le rôle du sniper Daniel Jackson dans Il faut sauver le soldat Ryan  qui traîne sa « gueule » dans  de grosses productions comme Ennemi d’État, La Ligne verte ou Lone Ranger, naissance d’un héros  mais aussi dans des films plus modestes comme Trois enterrements de Tommy Lee Jones (on n’oublie pas qu’il fut le héros face à un John Travolta géant en dreadlock du légendaire nanar Battlefield Earth adapté des écrits du père de la scientologie dont les deux acteurs sont adeptes). C’est Kaya Scodelario qui suggère son nom à Aja pour incarner son père malgré la vingtaine d’années qui les sépare après avoir travaillé avec lui sur Le Labyrinthe : Le Remède mortel. C’est un choix judicieux car Pepper est un comédien qui peut-être à la fois très intense mais aussi très humain ce qui colle parfaitement à ce personnage bourru qui a fait fuir sa propre famille. Le rapport entre les deux acteurs sonnent juste et sert à donner plus d’enjeux aux attaques de sauriens. 

Conclusion Crawl fait revivre avec une grande efficacité les séries B estivales devant lesquelles nous nous rafraîchissions adolescents durant les étés de canicule.

Ma Note : B+

Crawl de Alexandre Aja (sortie le 24/07/2019)

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