BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN (Critique)

A l’image de la kryptonite pour celle de Superman , présentée pour la première fois dans un serial radiophonique , le personnage d’Harley Quinn est un élément essentiel de la mythologie Batman qui n’est pas issue des comics mais d’un autre média. Cette psychiatre du Joker tombée amoureuse du psychopathe au point d’en devenir l’assistante apparaît dans l’épisode de la série animée Batman Chantage à crédit (Joker’s Favor) en septembre 1992 avant de faire son apparition en comics sous la plume de son créateur Paul Dini dans un one-shot en 1994 The Batman Adventures: Mad Love qui raconte l’origine du personnage. Écrit et dessiné par Dini et Bruce Timm. Le personnage prend de plus en plus d’importance dans les adaptations animées et les comics.En 2016 à l’occasion d’un reboot de l’univers DC son physique change dans sa propre série mais aussi dans Suicide Squad dont elle devient un membre permanent. Le personnage et son interprétation par Margot Robbie dans l’adaptation de David Ayer sont les seuls éléments saluée par la critique et la popularité de son personnage et de son interprète pousse la Warner a développer un film autour d’elle. A la manière de Ryan Reynolds avec Deadpool la comédienne australienne a rapidement perçu l’interet de gerer dans le contexte hoollywoodien actuel à coté de sa carrière respectable un personnage de comic-book très populaire. D’autant que la folie d’Harley Quinn permet d’expérimenter beaucoup en dehors des clichés. L’évolution du traitement des deux personnages à la fois dans les comics et à l’écran est d’ailleurs similaire, ils tiennent dans la stratégie des deux compagnies le même rôle. Birds of Prey , (même si le sous-titre et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn) ne laisse planer aucun doute sur la vraie nature du film) est une série de comics issue d’un one-shot de 1995 qui mettait en vedette un duo constitué de deux super-héroïnes DC : Black Canary partenaire de Green Arrow et Oracle , ancienne Batgirl désormais paralysé. La série au cours du temps se muera en vitrine pour de nombreuses héroïnes DC qui rejoindront l’équipe et en particulier The Huntress (à l’origine la fille de Batman dans un univers parentelle devenue au gré des reboot une princesse de la mafia devenue justicière pour expier les fautes de sa famille).

Pour tout son discours sur le female gaze, un regard moins sexualisé porté sur ses héroïnes du fait d’une réalisatrice sino-américaine Cathy Yan visible dans le changement de look d’Harley Quinn, les costumes de Black Canary loin des corsets et résilles de son incarnation de papier ou celui carrément asexué de The Huntress, le film reste néanmoins dans la droite ligne de l’esthétique urbaine grunge et néon du film de David Ayer. l’intrigue elle-même fait référence directement aux événements de Suicide Squad. Après avoir été libérée par le Joker , elle se sépare (hors-écran) du célèbre psychopathe. Alors qu’elle vit assez mal cette séparation, ayant perdu l’immunité que lui valaient sa liaison avec le Clown Prince of Crime elle se retrouve la cible des criminels de la ville au premier rang desquels Roman Sionis aka Black Mask (Ewan McGregor). Son histoire s’entrelace avec celle de Dinah Lance (Jurnee Smollett-Bell) qui travaille comme chanteuse à la discothèque de Sionis, de la détective Rene Montoya (Rosie Perez) et d’une mystérieuse vigilante qui s’en prend aux mafieux de la ville (Mary-Elizabeth Winstead) autour d’un diamant dérobé par la jeune pickpocket Cassandra Cain (Ella Jay Basco).

Si le titre et le casting laisse croire à un film choral Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn (d’ailleurs rebaptisé apres des débuts décevants au box-office) est bien un véhicule pour Margot Robbie. Narratrice de l’action en voix off qui s’adresse directement au spectateur à la maniére de Deadpool (le traitement du film avec Ryan Reynolds est ici indubitablement une réference) , elle offre une performance formidable qui équilibre la comédie macabre, les gags de Looney Tunes et le peu d’émotion nécessaire au drame. Mais Robbie est une telle force de la nature que les autres rôles se perdent en arrière-plan. Leurs caractérisations est filtrée par la perception de Harley, Rene Montoya par exemple sonne toujours comme une flic de série des années 1980 mais l’humour nous tient à distance et le méta-récit nous rend un peu trop conscients des rôles qu’ils jouent dans cette histoire.En dépit de quelques références saupoudrées destinées à se justifier auprès des fans de comics, le film de Cathy Yan est une bien piètre adaptation, renonçant aux visuels associés à ces personnages, altérant leur personnalité parfois au delà de toute reconnaissance dans le cas de Cassandra Cain. M. Zsasz (Chris Messina), l’exécuteur brutal (et palindromique) de Roman Sionis est pour la seconde fois dans un film DC (il est présent dans Batman Begins) une adaptation imparfaite du serial killer des comics.

Le film doit énormément dans son ton et son look au Charlie’s Angels de McG, Ewan McGregor semble calquer son jeu sur celui de Sam Rockwell. Et comme les chorégraphies de Yuen Wo Ping (Matrix , Tigres et Dragons) avaient dynamisé le film de McG, Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn bénéficie grandement des grandes séquences d’action dirigées après la fin du tournage principal par l’équipe des John Wick , le réalisateur Chad Stahelski et son monteur Evan Schiff. On reconnait leur patte dans cette façon de laisser l’action se développer dans de longues prises, en plans larges, sans coupes intempestives , qui tranchent avec le reste du métrage, se reposant principalement sur les prouesses physiques des équipes de cascadeurs, au coup de pied frontal bien connue des chorégraphies des films de Keanu Reeves et à la présence de leur acteur fétiche Daniel Bernhardt.La photographie de ces séquences est aussi beaucoup plus nette que la patte plus nébuleuse que le très bon Matthew Libatique donnent aux scènes tournées par Yan.

Conclusion : Plutôt rythmé , animé avec bagout par une Margot Robbie dans son rôle signature entourée d’excellentes comédiennes, dynamisé par les reshoots du duo de John Wick, Chad Stahelski et son monteur Evan Schiff Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn a la bonne idée de ne pas s’éterniser mais peine à être autre chose qu’un divertissement très superficiel.

Ma Note : C

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