THE OLD GUARD (Critique)

The Old Guard adaptation d’une série de comics signée de Greg Rucka (Queen & Country, Wolverine, Gotham Central) auteur prolifique qui oeuvre dans le roman policier comme dans le comics et qui signe , ce qui est assez rare pour être souligné, le scénario du film et du dessinateur argentin Leandro Fernadez repose sur un high-concept intéressant comme un mélange d’ HighlanderX-men et des Sept Mercenaires : Andy (Charlize Theron), est à la tete d’une unité de mercenaires immortels qui se battent en secret depuis des siècles pour protéger l’humanité. De son vrai nom Andromaque (dont elle a inspiré le mythe) elle est la plus âgée du groupe qui compte les deux amants Joe (Marwan Kenzari) et Nicky (Luca Marinelli) qui se sont rencontrés lors de la première croisade – faisant d’une pierre deux coups dans la représentation avec un couple homosexuel et multiconfessionnel – et Booker (Matthias Schoenaerts). Pour la première depuis des décennies une nouvelle immortelle apparaît Nile (KiKi Layne) une jeune marine tuée dans une embuscade en Afghanistan que le groupe doit retrouver alors qu’il est traqué par un groupe industriel pharmaceutique décidé à récolter leur ADN pour percer le secret de l’immortalité. Beaucoup des thèmes du film seront familiers aux fans d’Highlander mais aussi des X-Men dont il reprend un des procédé narratifs classiques : l’émergence d’un nouveau membre de l’équipe qui découvre ces pouvoirs et sert de substitut au spectateur. On notera également que les pouvoirs de régénération se manifestent de la même façon que le plus célèbre des mutants Wolverine (que Greg Rucka connait bien pour avoir écrit une série sur le personnage).

Le film est frappé de ce que j’appelle le syndrome Netflix, une image plate (signée du directeur de la photographie Barry Ackroyd familier de Ken Loach qui si il a un peu tâté du film Hollywoodien avec n’est peut-être pas le choix le plus inspiré pour un tel film) qui parce qu’on le découvre sur nos dalles de télévision lui confère plus l’aspect d’un pilote de série TV que d’un blockbuster. Si le script de Rucka est solide, il semble autant préoccupé à mettre en place les éléments de suites futures que d’offrir un film autonome renforçant cette impression. Sa plus grande faiblesse est le manque , surtout dans ce contexte quasi super-héroïque, d’un antagoniste crédible face à son équipe de mercenaires. Plus exactement on devine la mise en place de cet adversaire mais il n’est introduit que dans une scène post-générique. D’autres facteurs contribuent à cette impression télévisuelle, le budget certes pas négligeable (70 millions de dollars) mais sans doute pas suffisant pour un tel projet : les flash-backs « historiques » du passé d’Andy ont un aspect très « Xena la guerrière » et le final dans un building londonien ressemble plus à une série BBC One qu’au climax d’un blockbuster. Vrai point noir de The Old Guard : son indigente bande originale bien décidée à étouffer toute velléité épique entre une composition insipide et des chansons techno-pop archaïques.

La familiarité thématique et narrative du matériel l’empêche également souvent de se distinguer ainsi Charlize Theron charismatique, crédible dans l’action comme dans le drame est évidemment taillée pour le rôle d’Andy mais son personnage de guerrière implacable hantée par son passé évoque la furyosa de Mad Max Fury Road. The Old Guard est le premier film d’action fantastique réalisé par une femme noire Gina Prince-Bythewood (Love & Basketball, The Secret Life of Bees) et contrairement à d’autres réalisateurs atypiques passé dans le genre (Gavin Hood sur le premier Wolverine par exemple) elle se sort plutôt bien de l’exercice. Elle apporte son expérience dramatique dans le traitement du personnage de Nile ou dans l’affection entre les personnages immortels , qu’on ne sent pas artificielle et qui imprègne le film d’une sincérité authentique. L’action du film est généreuse et on sent de vrais efforts dans son traitement pour approcher du style brutal et élégant développé par le duo Chad Stahelski-David Leitch pour John Wick ou Atomic Blonde : la laisser se développer dans de longues prises, en plans larges, sans coupes intempestives se reposant principalement sur les prouesses physiques des équipes de cascadeurs. Mais elle manque ici terriblement de mordant et d’impact. Les chorégraphies martiales trop appliquées, pas assez viscérale font pale figure face à l’autre grande production d’action Netflix de l’année l’excellent Tyler Rake, réalisé comme par hasard par un disciple du duo Stahelski-Leitch Sam Hargrave.

Conclusion : The Old guard est un film d’action fantastique très agréable à suivre, jamais ennuyeux (et je suis bien trop client d’histoires d’immortels, de super-héros pour lui jeter la pierre) mais qui faute d’un style distinctif peine à s’élever au delà de la série B de luxe qu’on aimait louer en vidéo-club.

Ma Note : B


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