TRAP (2024)

Dommage que M. Night Shyamalan n’exploite pas plus longtemps son dispositif initial, qui était pourtant une promesse intrigante et efficace. Dès que le film s’en éloigne, l’histoire prend des libertés avec la logique qui deviennent plus difficiles à accepter, et les changements de ton, souvent abrupts, peinent à maintenir une cohérence . Le réalisateur, habitué aux twists et aux ambiances singulières, semble ici hésiter entre plusieurs directions, ce qui donne parfois l’impression d’un récit moins maîtrisé qu’à son habitude. Pourtant, malgré ces défauts, Trap reste un thriller divertissant, porté par une mise en scène nerveuse et un vrai sens du suspense.

S’inscrivant dans l’esprit pulp qui caractérise la seconde partie de la filmographie de Shyamalan, Trap joue avec les codes du thriller et du film de genre sans jamais trop se prendre au sérieux. L’humour, discret mais bien présent, vient alléger certaines séquences de tension, créant un équilibre qui empêche le film de sombrer dans une atmosphère trop pesante. Shyamalan continue d’explorer cette veine plus ludique qu’il affectionne depuis The Visit, où il semble moins préoccupé par la nécessité de livrer des récits hermétiques et symboliques, préférant une approche plus directe et accessible. Ce n’est pas son film le plus abouti, mais c’est un plaisir coupable qui se laisse regarder avec un certain plaisir.

L’un des atouts majeurs du film reste Josh Hartnett, qui livre ici une performance particulièrement marquante. Il réussit à insuffler à son personnage une ambiguïté intrigante, oscillant entre charisme magnétique et menace latente. Son jeu subtil donne au film une intensité supplémentaire, rendant certaines scènes particulièrement mémorables. On sent que Shyamalan s’amuse avec lui, exploitant son image et ses expressions pour créer un personnage qui aurait parfaitement sa place dans un univers plus vaste. D’ailleurs, même si ce n’est jamais explicitement dit, j’ai eu le sentiment que Trap pourrait très bien se dérouler dans le même monde que Split et Glass. Le personnage d’Hartnett aurait pu croiser ceux incarnés par Bruce Willis ou James McAvoy sans que cela ne semble incongru.

Finalement, malgré ses limites, Trap s’impose comme un thriller atypique, à la fois imparfait mais généreux, fun sans être dénué d’une certaine intelligence. Shyamalan ne révolutionne pas son propre cinéma, mais il continue d’explorer des terrains familiers avec une touche personnelle qui le distingue toujours du tout-venant hollywoodien. Si on accepte de ne pas tout prendre au pied de la lettre et de se laisser porter par son univers, le film remplit son contrat : surprendre, divertir et intriguer, même après le générique de fin.

Ma Note : B-

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