TERMINATOR GENISYS (2015)

Terminator-Genisys-T-800

Treize ans après Terminator 3 : Le Soulèvement des machines, Arnold Schwarzenegger reprend son rôle emblématique sous la direction d’Alan Taylor (Thor 2) pour un film pensé comme le premier volet d’une nouvelle trilogie… qui ne verra jamais le jour tant l’échec est retentissant. Le premier Terminator reste mon film préféré, un chef‑d’œuvre qui se suffit à lui-même. J’ai toujours considéré les suites y compris Terminator 2 : Le Jugement dernier comme des variations autour du même thème. T2, malgré ses qualités, trahissait déjà certains fondements : un T‑1000 un peu trop lisse, une Sarah Connor transformée, et surtout l’abandon de l’idée d’inévitabilité des événements au profit d’une « humanisation » du Terminator. Une dérive dont Genisys représente l’aboutissement le plus malheureux. À l’inverse, j’apprécie beaucoup Terminator 3, qui, malgré quelques touches d’humour (pas plus lourdes que dans T2), offrait un vrai spectacle et une conclusion sombre très années 70. La campagne marketing désastreuse de Genisys, qui spoilait même son twist principal, n’incitait pas à l’optimisme, mais j’étais prêt à me contenter d’un blockbuster divertissant. Même avec toute la bonne volonté du monde, il faut reconnaître que Terminator Genisys est une catastrophe, pire encore que ce que l’on pouvait craindre. Non seulement le plus mauvais épisode de la saga, mais aussi l’un des blockbusters les plus ratés de ces quinze dernières années. Dès l’ouverture, les scènes futuristes font pâle figure face à celles de T2 et T3 : endosquelettes trop brillants baignés d’une lumière rose, bruitages de lasers dignes d’une cour d’école… Le reste du film est à l’avenant : une esthétique télévisuelle, une photographie plate, des effets visuels datés, parfois inférieurs à ceux de Terminator 3, pourtant sorti douze ans plus tôt. Le film manque cruellement d’ampleur pour un blockbuster à 150 millions de dollars. Les combats sont brefs, la séquence sur le Golden Gate se résume au retournement d’un bus, la poursuite en hélicoptères ressemble à une cinématique de jeu vidéo, et le combat final paraît ridicule comparé aux affrontements super héroïques contemporains. Plus grave encore : aucune tension, aucun sentiment d’urgence une première dans la franchise. On note même des emprunts maladroits à Matrix et au Resident Evil de Paul W. S. Anderson. La mise en scène de l’action est illisible, la direction d’acteurs inexistante. Emilia Clarke semble perdue dans un rôle trop grand pour elle, réduite à une synthèse maladroite entre la Sarah Connor innocente du premier film et la guerrière de T2. Jai Courtney, lui, ne semble jamais avoir étudié la performance fiévreuse de Michael Biehn : son Kyle Reese paraît être un tout autre personnage. Quant à Jason Clarke, il navigue en roue libre, sans charisme en leader de la résistance, sans menace en antagoniste. Et ce n’est même pas le pire. Voir Arnold Schwarzenegger trahir sa propre légende est presque douloureux. L’humour du Terminator naît normalement de son impassibilité ; ici, le T‑800 se transforme en clown. Là où Cameron limitait son dialogue à 700 mots dans T2, Genisys l’enferme dans des tunnels de pseudo‑explications scientifiques qui sapent encore un peu plus sa crédibilité. Le fond est atteint avec une scène de line‑up grotesque sur fond de Bad Boys d’Inner Circle. Le scénario, pourtant, n’est pas entièrement à jeter. Les timelines alternatives et certaines idées iconoclastes comme un John Connor infecté par les machines avaient du potentiel. Mais tout finit par retomber dans la facilité, jusqu’à devenir un quasi‑remake des précédents films dans le dernier acte. Les seuls bons moments ? La rencontre entre Connor et Reese enfants, la reconstitution des scènes du premier film, et la confrontation avec un T‑1000. C’est bien maigre.

Conclusion : Avec ce navet à l’esthétique télévisuelle, aux effets cheap et à l’humour grotesque, Terminator Genisys signe la mort du mythe. Alan Taylor offre à Schwarzenegger une sortie par la petite porte, et au Terminator… son propre Terminator.

Ma Note : D

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