DIE HARD 2 : DIE HARDER – (58 Minutes pour vivre) 30 ans après.

Quand contre toute attente le film de John McTiernan remporte un succès considérable, Joel Silver et Lawrence Gordon ne perde pas une minute pour mettre en branle une suite dés la troisiéme semaine d’exploitation du film en salles. Comme pour le premier (et pour gagner du temps) il décide d’adapter un roman existant dont Gordon détient els droits et d’y inclure le personnage de John McLane. Cette « Die Hardisation » d’œuvres existantes sera en quelque sorte une tradition de la franchise jusqu’au quatrième volet (Die Hard with a Vengeance et Live Free or Die Hard sont des scénarios originaux retravaillés pour être des suites au film de McTiernan). Doug Richardson futur scénariste de Bad boys est donc chargé d’adapter 58 minutes un roman de Walter Wager qui voit Frank Malone un détective divorcé du NYPD qui attendre à l’aéroport international JFK le vol de sa jeune fille qui arrive de Californie pour passer Noël quand un homme mystérieux appelle la tour de contrôle et dit avoir pris le contrôle de l’aéroport et des aéroports alentours leur laissant seulement 58 minutes pour répondre à ses demandes jusqu’à ce que le premier avion, qui transporte la fille de Frank, tombe à court de carburant et s’écrase. Avec l’arrivée d’un blizzard massif, les avions n’ont nulle part où aller. Frank doit passer à l’action et sauver sa fille et les passagers des autres avions, qui tournent tous au-dessus, en 58 minutes. On le voit il n’y a pas un gros effort d’adaptation à faire pour substituer McLane à Malone et son épouse Holly à sa fille. Cette intrigue présente un double avantage : d’une part la filiation du postulat du roman de Wager avec la série des Airport (prototype du film catastrophe si célèbre qu’il sera la matrice de la parodie des ZAZ Airplane) conserve un lien avec ce genre qui avant que Die Hard ne devienne un genre à part entière (grâce au succès de cette suite) le film original était vendu comme un mélange de l’Arme Fatale et de la Tour Infernale. D’autre part en situant l’action dans un lieu clos mais pas confiné elle permet à l’action d’être plus ample pour cette suite que l’überproducer Joel Silver (l’Arme Fatale , Matrix) souhaite « bigger and better ».

Pas complètement satisfait du travail de Richardson, Silver rappelle Steven De Souza (Commando, Street Fighter, 48 HRS) qui avait déjà réécrit le premier volet pour muscler l’action et l’humour. L’action est relocalisée à l’aéroport de Dulles à Washington et le mystérieux antagoniste devient une petite armée de terroristes. Pour le background de ses bad-guys DeSouza s’inspire de l’actualité en particulier du scandale des ventes clandestines d’armes à l’Iran pour financer la contre-révolution au Nicaragua. Ainsi le colonel Oliver North principal protagoniste de l’affaire (devenu aujourd’hui président de la NRA) sera la matrice du Colonel Stuart (William Sandler) militaire renégat qui à la tete d’un commando (où l’on retrouve les jeunes John Leguizamo et Robert Patrick) prend le contrôle de l’aéroport pour faciliter l’évasion du baron de la drogue et dictateur sud-américain de l’état fictionnel du Val Verde (créé par DeSouza dans Commando curieusement inclus dés la version de Richardson) incarné par Franco « Django » Nero (inspiré par le dictateur du Panama Manuel Noriega) extradé vers les USA dont l’avion doit bientôt atterrir. Aux criminels européens du premier volet succède donc un ennemi intérieur qui,prend de multiples facettes, l’intelligence de DeSouza est d’avoir multiplié les antagonistes plutôt que d’entrer en compétition avec un vilain si emblématique qu’Hans Gruber même si le plan de Stuart (dont William Sadler , sachant qu’il est inutile d’entrer en compétition avec l’interprétation d’Alan Rickman, fait une menace froide et pétrifiante ) comme celui de son illustre prédécesseur masque aux autorités ses véritables intentions au prix de la vie de pauvres innocents. C’est d’ailleurs l’autre trait de génie du script de Die Hard 2. En effet une grande partie du succès et de l’adhésion du public au personnage de John McLane tient de son statut d’homme ordinaire par opposition aux machines de guerre surentraînées qu’incarne à la même époque Arnold Schwartzenneger ou Sylvester Stallone. Pourtant la surenchère dans l’action qui va le pousser à accomplir des exploits de plus en plus énormes risque de troubler cette image, la solution de DeSouza est simple : il va échouer et des centaines d’innocents vont en payer le prix quand les terroristes vont faire s’écraser un avion de ligne (dans la première version du script c’est un simple jet privé) . Cette solution offre le double avantage de maintenir l’image d’outsider de McLane, d’affirmer la dangerosité des ses adversaires tout en faisant grimper les enjeux. Le scénariste inverse la polarité des personnages secondaires : au flic sympathique et humain soutien psychologique de McLane tout au long du premier volet incarné par Al Veljohson il substitue le chef de la sécurité mesquin et borné incarné par Dennis Franz (le génial interprète du Detective Andy Sipowicz dans la série NYPD Blue) qui ne cesse d’entraver son action. DeSouza ramène en revanche le journaliste arriviste Richard « Dick » Thornburg (William Atherton) du premier film qu’il place dans le même avion que l’épouse de McLane. De Souza intègre à son script un humour « meta »autour de l’incroyable coïncidence de la reproduction de tels événements autour de McLane ((« comment la même situation peut arriver au même gars deux fois ?! »).

Le projet se monte si rapidement que McTiernan pris par A la Poursuite d’Octobre Rouge ne peut rempiler, impressionnés par les rushes des Aventures de Ford Fairlane qu’il tourne pour lui (les deux films sortiront à un mois d’intervalle) Joel Silver décide de confier les rênes au réalisateur Renny Harlin qui s’est fait un nom dans le cinéma d’horreur avec Prison et surtout Le Cauchemar de Freddy, quatrième volet encore à ce jour le plus profitable de la franchise. Le jeune finlandais saute sur l’occasion de diriger un blockbuster comme un affamé sur un sandwich malgré un tournage à la logistique infernale ! Si la mise en scène de Renny Harlin n’a pas la précision et l’élégance de celle de l’auteur de Predator, elle déploie une telle énergie qu’elle fait de cette production massive un film agile et propulsif. Harlin passe avec aisance et clarté d’une séquence d’action à l’autre tout en exploitant parfaitement ses personnages. Il emploie une large gamme d’angles de caméra, variant continuellement le point de vue, d’une implication intense à une distance froide, enchaîne les morceaux de bravoure comme cette fusillade ou il duplique (à la perfection) le style de John Woo (The Killer sorti un an plus tôt a littéralement scotché Hollywood). La seconde moité du métrage est un crescendo de séquences spectaculaires qui culmine avec un final Bondien où McLane affronte ses adversaires sur l’aile d’un 747 en plein décollage. Harlin a fait ses armes du coté du cinéma horrifique et cela se sent , le film est particulièrement violent et gore, bastons roboratives, impact de balles, tete broyée dans un centre de tri , œil crevé par une stalactite de glace et pour finir bad-guy réduit à l’état de steak tartare après avoir été broyé par un réacteur. Il s’assure néanmoins que la violence ait un certain impact, une conséquence morale, comme dans la séquence du crash en esquissant le portrait de quelques victimes représentatives.

Die Hard 2 partage un bon nombre des vertus des meilleurs films de James Bond, McClane devenant une sorte de 007 col bleu, plus fatigué et plus tête brûlée, toujours une boutade aux lèvres mais pas moins invincible. Le personnage de McLane , son exultation de l’individualisme américain et du solitaire incarne une forme d’héroïsme typiquement américain , mélancolique et même parfois masochiste qui trouve ses racines dans le western classique. A l’image de Sean connery dans les Bond, Bruce Willis se confond avec son personnage dont il a façonné l’humour par ses improvisations dans le premier volet encouragées ici par le réalisateurs finlandais qui lui permet de mêler une attitude de dur à cuire tout en conservant son sens de l’humour.

Conclusion : Violent , intense, drôle et spectaculaire Die Hard 2 concentre tous les excès de cette époque (bénie) sans jamais sortir jamais grâce des rails grâce à la solidité de son script, l’energie de la mise ne scène de Renny Harlin et le charisme d’un Bruce Willis à son sommet. Si il ne peut prétendre comme son prédécesseur au titre de classique Die Hard 2 est un des sommets du cinéma d’action des années 90.

Ma Note : A

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