La première heure du film est particulièrement réussie, mariant et actualisant avec adresse les éléments du canon originel de Spider-Man. L’interprétation d’Andrew Garfield offre une nouvelle approche de Peter Parker, tandis que le vétéran Martin Sheen campe un Oncle Ben parfait. La direction d’acteurs s’avère être le point fort du réalisateur. Techniquement, le film est une réussite. La photographie, la direction artistique et la gestion de la 3D sont excellentes, notamment cette « nuit urbaine sans étoile » qui baigne l’ensemble de manière saisissante. La partition de James Horner, qui évite de copier les styles de Danny Elfman ou Hans Zimmer, a été une agréable surprise. Enfin, la cameo de Stan Lee est mémorable et constitue, à mon sens, l’une des meilleures scènes du film, à l’instar de toute la séquence de l’attaque de l’école. Cependant, Marc Webb semble privilégier ses acteurs à l’action de Spider-Man. Il raccourcit systématiquement les scènes de combat comme la frustrante séquence du pont ou le traitement expéditif des policiers « contaminés » tout en allongeant des scènes de comédie qui ne servent aucun enjeu dramatique. Ce déséquilibre nuit à la cohérence du long-métrage. Le méchant manque d’inspiration et de profondeur. Les nombreux scénaristes du film auraient gagné à puiser davantage dans les comics, où le personnage est plus nuancé. Il n’est d’ailleurs pas aidé par des effets de CGI qui paraissent datés face aux réalisations numériques récentes, ni par un design qui évoque davantage Casimir que la terreur d’un prédateur effrayant. Le personnage principal souffre par ailleurs d’un problème de traitement. Outre la frustration suscitée par la brièveté des scènes d’action, le personnage retire son masque à la moindre occasion. Pourtant, c’est ce masque et son anonymat qui constituent le cœur du succès de Spider-Man dans toutes les cultures ; il représente un idéal universel, un héros derrière lequel chacun peut se projeter. Il est particulièrement regrettable qu’un discours sur la puissance de ce masque soit prononcé durant la scène du pont, alors que le personnage agit à l’inverse.
Conclusion : The Amazing Spider-Man est un film frustrant et déséquilibré, qui peine à transporter le spectateur en raison d’une vision manquant de clarté. On peut légitimement se demander si les interférences des producteurs n’y sont pas pour quelque chose. Spider-Man attend toujours son équivalent d’un Christopher Nolan ou d’un Joss Whedon pour porter son histoire, même si celle-ci continue. Au final c’est un film que j’ai plus envie d’aimer que je ne l’aime vraiment.

[…] Pour rappel ma critique du premier volet ICI […]