Total Recall : Mémoires programmées -Un remake en demi-teinte

Fan de l’original réalisé par le « hollandais violent » Paul Verhoeven, que je suis assez jeune pour l’avoir découvert en salles. J’ étais d’abord très sceptique de ce remake par le réalisateur d’Underworld et du 4e Die Hard, puis intrigué par la bande annonce.

Le travail de « production design » (terme désignant la conception visuelle des décors et de l’univers du film) signé par le français Patrick Tatopoulos, est impressionnant. On est complètement immergé dans un univers de SF grandiose digne des plus grandes BD du genre, avec ses deux mégalopoles : une ville orientale à la Blade Runner surpeuplée rincée par un crachin permanent et une « hyperLondres » hi-tech avec ses autoroutes de voitures volantes. Le travail de design est colossal des véhicules aux armes futuristes, des troupes d’élite aux robots de combat l’ampleur de l’univers de Total Recall se rapproche de celle de la prélogie Star Wars avec lequel le film partage le superviseur d’effets visuels Doug Chiang.
Revers de la médaille on frise parfois la démo de jeu vidéo tant le nombre d’éléments de synthèse est important. Quoi qu ’il en soit on n’est pas dans un direct to vidéo, le budget est bel et bien à l’écran !

Solidement épaulé par deux collaborateurs réguliers de Tony Scott le directeur de la photo Paul Cameron et le monteur Christian Wagner (qui a aussi dynamité Fast Five) Len Wiseman signe de loin sa mise en scène la plus réussie : fluide, hyperkinétique elle maîtrise parfaitement son univers pour nous offrir des scènes d’action mémorables.

C’est le deuxième point fort du film qui partage avec son modèle un rythme trépidant et de roboratives scènes d’action : gunfight homériques contre humains ou « synthétiques » de combat (dont un en gravité zéro !), combats sévères à mains nues (des scènes de ménage assez différentes de celles de M6) et une poursuite en voitures volantes assez destructrice.

Total Recall remplit donc son contrat de blockbuster de SF Action.

Colin Farrell s’acquitte bien de son rôle d’action hero ,surprise du casting Jessica Biel m’a surpris par la qualité de son jeu dans un rôle limité.

On aurait pu s’attendre avec cette relecture de Total Recall a un retour sur la nouvelle originale de Philip K.Dick ou à une approche développant l’ambigüité entre le réel et le rêve façon Inception.

Les créateurs de ce remake se sont contentés de reprendre l’intrigue du film de Verhoeven (toutes les scènes clés y figurent) la débarrassant des éléments relatifs à Mars et aux mutants pour servir de moteur à leur univers.

C’est d’ailleurs quand ils sont contraints de s’en éloigner dans le climax du film (lié dans l’original à la technologie martienne) que le film est le plus faible. Le dispositif de compte à rebours choisi s’intègre de manière moins organique. On se retrouve avec une succession de scènes d’action sans réelle portée dramatique.

De même certains aspects du personnage de Quaid/Hauser sont absents dans cette version le rendant moins ambigu.

Len Wiseman tente au détour de certaines scènes de brouiller les pistes entre réel et imaginaire mais manquant de subtilité le doute ne parvient jamais à s’immiscer dans l’esprit du spectateur.

Kate Beckinsale et Bryan Cranston (et sa moumoute !) sont des méchants bien palots face à la malfaisance du trio Ronny Cox /Sharon Stone/Michael Ironside de l’original. La belle Kate s’acquitte bien des taches physiques qu’ impose son rôle mais s’avère plus limitée dans l’ acting (comme dirait Jean Claude Van Damme), quand au héros de la série Breaking Bad il ne parvient pas à rendre réellement menaçant son Coohagen.

Enfin Len Wiseman semble avoir adoré l’effet ‘lens flare’ des films de JJ Abrams et a tendance à en abuser un petit peu !
L’échec au box office US de ce remake non désiré aura scellé sa réputation pourtant bien loin du navet dénoncé par certains, il reste un summer blockbuster honorable , visuellement impressionnant qui remplit le quota de spectacle qu’on attend de ce type de film (oui Amazing Spider-Man c’est toi que je regarde !).

Conclusion : Pour filer la métaphore culinaire on n’a pas tous les jours un repas gastronomique mais on peut apprécier un bon burger et un milk shake et dans le cas de TOTAL RECALL on est bien servi !!

Ma Note : B

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