Avengers : l’Ere d’Ultron : Avengers forever ? [critique]

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La suite du plus gros succès de tous les temps non signé par James Cameron est enfin la avec toujours à la barre (pour le dernière fois) Joss Whedon. Il convoque un des vilains les plus emblématiques du comics le robot génocidaire Ultron et trois nouveaux Avengers parmi les plus célèbres (La Sorcière Rouge, Vif-Argent et le synthezoide Vision). Mais cela suffira t-il à combler les attentes forcément des fans  après les succès artistiques et publics d’Iron Man 3, Captain America 2 et des Gardiens de la Galaxie ?

Le film commence pied au plancher a la manière d’un pré-générique de James Bond « in media res » avec des Avengers en plein assaut d’une base de l’HYDRA dans une des meilleures séquences d’action comic-book retranscrite à l’écran qui met le fanboy en transe : tous les membres de l équipe en action coordonnant leurs pouvoirs tour a tour mis en valeur. C’est un des grands atouts du film d’avoir une équipe en place dés le début sans céder à la tentation de briser son unité malgré les tensions.

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« Veronica » (Robert Downey Jr.)

Avengers : l’Ère d’ Ultron est un film d’aventures dont la structure narrative colle assez fidèlement à celle des comics de super-héros, plus encore que dans les autres films du studio.L’immersion est totale avec cette impression de feuilleter un comics live, le moindre lieu ou personnage secondaire appartient à l’univers Marvel.  Joss Whedon soigne la continuité entre les différentes phases , rappelant des événements des autres film exploitant des concepts déjà introduits pour mieux les intégrer à son intrigue et les faire évoluer.

Les scènes d’action sont plus courtes mais plus nombreuses avec un résultat contrasté : si le combat entre Hulk et Iron Man tient toutes ses iconiques promesses  (si il parait trop court c’est avant tout car il est AWESOME ) , une séquence de poursuite sur une autoroute coréenne impliquant Captain America et Black Widow ne soutient pas la comparaison avec la scène de l’autoroute de Captain America Le Soldat de l’Hiver.

Malgré le rythme soutenu et l’action Whedon n’oublie pas ses personnages  se rachetant auprès de Jeremy Renner qui passait les 2/3 du premier volet possédé (donnant lieu à une réplique ironique) il lui offre cette fois ci un background et un vrai rôle dans l’histoire. Il va plus loin De manière générale dans la psychologie des membres de l’équipe et tisse de nouvelles relations entre certains d’entre eux. L’arc entre Black Widow et Bruce Banner est très réussi de ce point de vue jusqu’à sa conclusion parfaitement menée.

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Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), a.k.a. Scarlet Witch, and Pietro Maximoff (Aaron Taylor-Johnson), a.k.a. Quicksilver,

Les nouveaux personnages sont introduits avec des fortunes diverses. La personnalité des jumeaux Scarlet Witch et Quicksilver est survolée , leur rôle dans l’histoire  trop « utilitaire » pour leur rendre justice. Pourtant la visualisation des pouvoirs de Quicksilver est réussie (ce coup de poing à Cap!) mais pour la seconde fois à l’écran (après Days of the Future Past) la personnalité si abrasive de son homologue de papier n’est pas exploitée. Liz Olsen anime son personnage mais à l’inverse de son « frere » la matérialisation de ses pouvoirs n’est pas a la hauteur (j’ai parfois pensé à Uma Thurman dans Batman & Robin quand elle « envoûte » ses victimes).

En revanche tout ce qui touche à la Vision est une absolue réussite : son apparence, sa personnalité , son introduction ( pay-of d’une des premières scènes du film), la représentations de ses pouvoirs jusqu’à la préfiguration de ses liens futurs avec Scarlet Witch. Avec lui  j ai retrouvé ce sentiment de  « nerdgasme » ressenti souvent dans le premier volet de voir réaliser à la perfection un personnage du comics.

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Ultron (James Spader)

Et qu’en est il de son « père » Ultron qui donne son titre au film ? Visuellement impressionnant , le niveau de son animation est bluffant,  la voix sinistre de James Spader lui sied à merveille mais si il conserve les velléités génocidaires de son double de papier il est affublé comme la plupart des personnages Whedoniens d’un sens de l’humour assez déconcertant pour un tel personnage (qui trouve néanmoins sa justification dans  son origine dans le script). Mais il surtout il est loin de représenter une menace suffisante pour les  Earth’s Mightiest Heroes , son plan est assez confus et même si Joss Whedon veut nous faire croire que les Avengers sont dans les cordes on ne les sent jamais vraiment aux abois. Une fois de plus le vilain est le talon d’Achille des films du studio , définitivement un secteur que les Russos, qui réaliseront les prochains volets devront renforcer. En revanche la dernière scène qui l’oppose à Vision est la plus belle du film.

Si le premier volet bénéficiait  de l’effet de nouveauté de voir réunis dans une même aventure les héros Marvel après leurs films introductifs, ce deuxième opus souffre du  même mal que son équivalent de papier : les événements  majeurs touchant la trinité constituée d’Iron Man, Thor et Captain America se produisent désormais dans leurs films solos, les privant  d’un réel poids dramatique. [ Whedon semble en avoir conscience et opte pour la même solution à ce problème que les scénaristes du comics… SPOILER en invistexte : le film se conclue avec une nouvelle équipe d’ Avengers ]. Si il parvient à esquisser les prémices de l’opposition entre CaptainAmerica et Iron Man, il semble embarrassé par Thor qu’il envoie dans une quête accessoire inepte, le reléguant presque à un rôle de comic-relief qui n’est clairement pas le sien.

La sainte trinité des Avengers Thor (Chris Hemsworth) Iron Man (Robert Downey jr ) et Captain America (Chris Evans)
La sainte trinité des Avengers Thor (Chris Hemsworth) Iron Man (Robert Downey jr ) et Captain America (Chris Evans)

Le final d’Avengers tirait sa force d’avoir été scénarisé tel un film dans le film, lui donnant un rythme a chaque fois relancé bourré de moments définitivement iconiques.

Malgré quelques idées et images purement « comics » (dont un plan insensé digne d’une splash page de George Perez) le climax  de l’Ère d’ Ultron est une déception.

Moins imaginatif n’échappant pas à la redite (les drones d’ Ultron remplaçant les guerriers Chitauri) , il parait paradoxalement à la fois plus court et plus long.  La faute a un rythme erratique  et à une résolution confuse. Montrer que les Avengers sont soucieux de la protection des civils (contrairement au Superman de Man of Steel on l’aura compris) c’est louable mais en faire presque le cœur de la séquence finale est un peu excessif.

Techniquement le film est impeccable, le directeur de la photographie Ben Davis collaborateur régulier de Matthew Vaughn (Kick-Ass, Layer Cake) déjà en place sur Guardians of the Galaxy apporte une continuité visuelle, les effets spéciaux ont atteint un tel  niveau qu’ils abolissent souvent la « suspension  de l’incrédulité« . Malgré son remplacement par Brian Tyler et Danny Elfman le thème d’Alan Silvestri survit et pour la première fois on retrouve les signatures musicales individuelles des héros quand ils interviennent.

Conclusion :  Véritable comics « live » Avengers : l’Ere d’Ultron reste un très bon Marvel mais ne parvient pas à égaler l’enthousiasme ressenti devant le premier volet. Ironie du sort, c’est la qualité de ses dernières production qui a fait du studio son  concurrent le plus redoutable .

Ma Note : B+

Avengers : l’ére d’Ultron de Joss Whedon (sortie le 22/04/2015)

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