Jupiter Ascending [critique] Cendrillon dans l’espace

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Depuis le triomphe de Matrix  Andy et Lana  Wachowski semblent être les victimes d’un retour de flammes permanent. Pourtant les  deux suites de Matrix conservent plus de 12 ans après leur sortie des séquences qui rivalisent avec les blockbusters récents , Speed Racer est  un vrai classique avant gardiste du film pour enfant et  Cloud Atlas un des films les plus ambitieux de ces dernières années. Avec Jupiter Ascending ils reviennent au genre qui les a couronnés , la S.F mêlée d’action avec en tète d’affiche une star montante Channing Tatum,  pourtant le projet  accumule les déboires des premières images  accueillies tièdement avant que la  Warner ne déprogramme carrément le film quelques jours avant sa sortie de juillet pour le reléguer au mois de février . Alors accident industriel ou film incompris  ?

Jupiter Ascending utilise le conte de fées comme matrice (ah! ha!) du space-opera.  Jupiter Jones, la jeune orpheline immigrée russe qui nettoie les toilettes des grand hotels de Chicago (Kunis est russe, les Wachos de Chicago d’origine polonaise) qui est en fait une princesse galactique renvoie à un archétype entre Blanche Neige et Cendrillon , comme cette dernière une bonne fée  veille sur elle et lui envoie  des animaux humanisés pour l’assister avec en lieu et place des souris un Channing Tatum dans le rôle d’un légionnaire galactique mi-homme mi-loup (!). Dans son périple Jupiter ira à la rencontre des turbulents membres de sa famille version spatiale des trois vilaines sœurs et finira par trouver l’amour.

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un peu renard un peu loup comme dirait Daniel Guichard ! Caine Wise (Channing Tatum)

Les Wachowskis aborde ce nouvel univers d’une manière plus proche de celle de Matrix Reloaded que de Matrix ne se concentrant pas sur l’essence de l’histoire mais introduisant simultanément une multitude de concepts parfois simplement esquissés. On y trouve pêle mêle du space-opera, de l’ufologie (avec conspiration, « petits gris » et crop-circles inclus), une explication du mythe des vampires (comme dans Reloaded), de la disparition des dinosaures, une critique du capitalisme sauvage et une variation des thèmes Matrixiens « notre réalité n’est pas ce qu’elle semble être » (ici l’homme n’est pas une pile mais l’équivalent du raisin dont on fait les grands crus). Mais la ou cette approche holistique diluait la force du Matrix original elle apporte ici de la texture à ces nouveaux mondes.

Comme dans le  Star Wars originel l’accumulation de termes complexes, de créatures bizarres (dont un homme éléphant baptisé Nesh comme le dieu Ganesh) laissent entrevoir un univers encore plus large.

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L’univers visuel de Jupiter Ascending est incroyablement dense et riche avec une direction artistique baroque parfois à la limite du kitsch qui mélangent Palais des Mille et une Nuits et esthétique du XVIIe siècle français , on y croise aussi une planète dont toute l’architecture semble avoir été conçue par l’architecte Frank Ghery (le musée Gugenheim de Bilbao).

Avec ses décors chargés, ses maquillages d’hommes-animaux et certains costumes zarbis (les gardes royaux  manchots qui portent des masques de luchadors mexicains et des capes !!) se dégage  du film un parfum de « cinéma de quartier » comme si un film bis italien ou le Flash Gordon produit par Dino DeLaurentiis avaient eu un budget de 200 millions de dollars.

La comparaison avec Flash Gordon est d’autant plus pertinente que la SF du film s’inscrit dans cette tradition pulp de John Carter à Buck Rogers.  Au détour d’une séquence les Wachos rendent un hommage au Monty Python et au Brazil  de Terry Gilliam couronné par une apparition de  ce dernier.

Coté acteurs à l’exception de cette vieille baderne de Sean Bean le casting est trés jeune : sous un maquillage assez casse-gueule  Channing Tatum se sort avec les honneurs de son  rôle de héros ténébreux, Mila Kunis a un bon timing comique mais  manque un peu du charisme attendu pour incarner cette « élue » galactique. Douglas Booth transparent dans le Noe d’Aronowski est plus à l’aise  ici dans le rôle du cadet de la maison Abrasax. Le  jeu  tourmenté « opératique » d’Eddie Redmayne colle bien au personnage de Balem même si ce dernier reste un « bad-guy » assez classique. Ce domaine étant celui ou le film pèche le plus en comparaison de l’agent Smith ou des incarnations du mal de Cloud Atlas.

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Un jour mon Prince viendra : Jupiter (Mila Kunis) et Titus (Douglas Booth)

Le film est très rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde,  encadré par deux grandes scènes d’action (contrairement à ce que j’ai pu lire elles ne sont pas les seules du film). Petite déception malgré leur ampleur et des moments vraiment vertigineux j’ai regretté que ces deux scènes soit bâties sur le même motif en gros « Mila Kunis tombe et Channing Tatum la rattrape ».

Conclusion :  Jupiter Ascending conte de fées pulp, malgré l’empreinte de ses auteurs n’a ni l’ambition philosophique d’un Matrix ni l’avant-gardisme formel d’un Speed Racer, reste une aventure fun et romantique assumée mais mineure .

Ma note : B-

Jupiter Ascending de Andy et Lana Wachowski (sortie le 04/02/2015)

 

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