The Revenant [critique] Leo vs Wild

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Un an aprés leur triomphe aux Oscars avec Birdman Alejandro Iñárritu et son directeur de la photo Emmanuel « Chivo » Lubezki reviennent avec un film précédé d’une réputation à la fois flatteuse et sulfureuse . Tourné en extérieurs sous des climats inhospitaliers  utilisant uniquement la lumière naturelle  – une décision créative qui a conduit à un doublement du budget – Iñárritu a soumis ses acteurs et ses équipes à un traitement de choc qui ferait passer le tyrannique James Cameron pour un bisounours. Le résultat final en valait il la peine ?

La réponse vient dés les premières minutes du film , quand un groupe de trappeurs,  se préparant à descendre la rivière Missouri dans les années 1800, après des mois de chasse , est attaquée par une tribu indienne. Cette séquence place le spectateur au cœur de la bataille  dans ce qui s’apparente à une expérience de réalité virtuelle , la caméra d’Emmanuel Lubezki saisi le chaos à 360° dans ce qui s’apparente à un long plan séquence multipliant les mouvement irréels.

Adapté d’un roman historique lui-même inspiré de faits réels, , The Revenant raconte l’histoire de Hugh Glass, le guide de cette expédition  laissé pour mort par ses compagnons, censés s’occuper de lui après qu’il ait été attaqué par un ours , tuant son fils et qui va parcourir 200 miles dans une nature plus qu’hostile pour exercer sa vengeance.

Cette odyssée de la souffrance se fait à travers des paysages à couper le souffle magnifié par la photo de Lubezki , certes il y a une part d’arrogance dans cet « extreme filmmaking  » des deux mexicains en mode « regardez ce mouvement impossible, voyez ou je place ma caméra » mais la façon qu’à Inarritu a de mêler le dynamique, le viscéral tout en restant toujours formellement superbe force le respect. La scène d’ouverture n’est qu’un échauffement puisque le réalisateur clos le premier acte par LA  séquence du film , une attaque de Grizzly absolument hallucinante, d’une sauvagerie incroyable dont on peine à deviner les effets et ou s’arrête le réel et  commence l’artifice.

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« Et la je te lâche un ours dessus et il te dévore » Alejandro González Iñárritu et leonardo DiCaprio sur le tournage

Pourtant il y a un paradoxe chez  Iñárritu qui semble refuser le spectaculaire alors qu’il filme les scènes parmi les plus spectaculaires jamais vues à l’écran. Comme si le mélange de survival et de film de vengeance qu’est au final le film n’était pas un genre assez noble. Innaritu expie chaque moment d’action incroyable par de looooongues séquences contemplatives à la Terence Mallick qui plombent le rythme. Il parsème ainsi le film de visions et de rêves – DiCaprio devant une montagne de crane de bisons, visité par le fantôme de son épouse décédée – qui si elles sont visuellement merveilleuses sont  trop convenues pour avoir un réel impact. De même certains plans certes magnifiques, en fait pas un seul plan du film n’est autre chose que somptueux, n’apporte pas grand chose à l’ensemble. Heureusement Inarritu réussit un élément essentiel de tout bon film de vengeance à savoir la confrontation entre les deux antagonistes qui est pleinement satisfaisante.

Le réalisateur de Babel à la chance de  s’appuyer à nouveau sur des acteurs tout autant investis que lui, avec évidemment un Leonardo Di Caprio qui paye de sa personne , supplicié presque non-stop durant tout le film (égalant le record de Jim Caviezel dans La Passion du Christ) dans une performance hallucinée viscérale, essentiellement physique, avec quelques dizaines de lignes de dialogues (et la plupart en langage indien).

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Fitgerald (Tom Hardy)

Mais c’est Tom Hardy dans le rôle de Fitzgerald, un trappeur cruellement égoïste qui enterre Glass vivant après avoir tué son fils qui m’a le plus enthousiasmé. Il crée un méchant haïssable certes mais qui reste humain. Son Fitzgerald est une âme torturée qui a pu être un homme bon jadis, mais un regard suffit pour voir que ces jours sont révolus depuis longtemps. Sa relation avec Bridger, personnage incarné par le très bon Will Poulter est la plus réussie du film. Devenu son complice involontaire lorsque Fitzgerald laisse Glass pour mort,un lien trouble à base de tension et d’intimidation  se noue entre eux alors qu’ils traversent eux-aussi un territoire hostile.

Conclusion : Malgré d’indéniables longueurs et quelques clichés mystiques un peu creux  TheRevenant  est un spectacle immersif et brutal qui offre des séquences incroyables et de grandes performances d’acteurs.

Ma Note : A-

The Revenant de  Alejandro González Iñárritu (sortie le 24/02/2016)

 

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