War Dogs [Critique]

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Au milieu des années 2000, lors des invasions  de l’Irak et en Afghanistan, le gouvernement US autorise des petites compagnies à participer à des appels d’offre pour l’armée.  David Packouz (Miles Teller) qui vit d’un travail de masseur pour subvenir au besoin de sa petite amie enceinte Iz (Ana de Armas) ne connait rien des contrats militaires jusqu’à ce qu’il retrouve un ami d’enfance Efraim Diveroli (Jonah Hill) qui va lui enseigner les arcanes de cet univers et  comment en tirer profit….

Voix-off du narrateur, bande-originale constituée d’une playlist de standards (qui vont de  Dean Martin à Justice en passant par Iggy Pop et 50 cent), personnage volatile, troubles matrimoniaux Todd Philips  sort son « petit Scorsese illustré » pour mettre en images cette histoire (vraie of course inspirée d’un article de Rolling Stone) de l’ascension (et de la chute)  de deux jeunes ambitieux dans le business des armes.

En dépit de ce manque  d’originalité formelle War Dogs fonctionne pour  plusieurs raisons : Todd Philips et son directeur de la photographie attitré (depuis Very Bad Trip) Lawrence Sher ont toujours donné à leurs comédies à succès une patine visuelle dépassant celle du simple faiseur (je pense en particulier a Hangover 2 le moins drôle de la série mais  visuellement somptueux). De plus il y a toujours eu un fond de cruauté chez ses personnages et une amertume qui fait que War dogs en inversant les proportions entre comédie (le film reste très  drôle) et drame lui convient parfaitement.

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Sous le haut patronage de George W. bush et Dick Cheney – David Packouz (Miles Teller) et Efraim Diveroli (Jonah Hill)

La première partie du film rappelle l’énergie de sa « trilogie de la gueule de bois » entraînée par la performance irrésistible de Hill en escroc  imprévisible, fan de Scarface. Mais bientôt la noirceur s’immisce à mesure que nous sommes témoin à travers les yeux de Miles Teller de la perte de contrôle d’Efraim qui lui fait traverser le « triangle de la mort » en Irak en camion pour livrer des armes ou vendre au travers d’un contrat juteux avec le Pentagone  100 millions de cartouches d’AK-47 issues des surplus de l’armée albanaise acquises grâce à un trafiquant d’armes . Dire que nos « chiens de guerre » sont dépassés relève de l’euphémisme.

Philips évite de multiplier les personnages pour se concentrer sur les rapports des deux protagonistes.Il peut compter justement sur deux jeunes acteurs solides qui eux-aussi n’en rajoutent pas. Jonah Hill (grossi et au teint orangé) en particulier évite le piège de la performance et du cabotinage qui pouvait le guetter avec un personnage aussi exubérant qu’Efraim dont il fait peu à peu ressortir le coté sombre. Au début du film j’ai trouvé Miles Teller un peu en retrait avant de réaliser qu il portait une grande partie du film avec sa voix off, un jeu »sans le ballon » loin d’être évident Son jeu naturaliste en petite touche est le contrepoint parfait de celui de Hill.
On retrouve avec plaisir  cette baderne de Kevin Polak (Usual Suspects) ainsi que Bradley Cooper (qui coproduit le film ) excellent en intermédiaire douteux.

Conclusion : Si Todd Philips colle un peu trop à la méthode Scorsese avec ce « Goodfellas chez les marchands d’armes » il le fait bien grâce à une mise ne scène efficace et le talent de ses deux jeunes comédiens.

Ma Note : B+

War Dogs de Todd Philips (sortie le 14/09/2016)

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