Don’t Breathe – la maison des ténèbres [Critique]

dont-breathe-kodi-netflix-amazon-clawtv-kfiretvSensation du box-office US cet été le second film américain de l’urugayen Fede Alvarez toujours produit par Sam Raimi est il à la hauteur de sa flatteuse réputation?

C’est son très remarqué son court-métrage Ataque de Pánico , qui avait valu à l’uruguayen Fede Alvarez d’être choisi par Sam Raimi pour mettre en scène le remake de son Evil Dead . Trois ans après Alvarez retrouve son producteur et son actrice principale Jane Levy pour ce  film d’horreur original qui a fait sensation au box-office.

Le concept de Don’t Breathe renverse celui de films comme  Wait Until Dark (Seule dans la nuit) avec Audrey Hepburn ou Terreur aveugle avec Mia Farrow qui mettaient aux prises de jeunes aveugle à des criminels pénétrant leur demeure. Ici les protagonistes sont les trois voleurs Money (Daniel Zovatto) petite frappe agressive , sa petite amie Rocky (Jane Levy) mère célibataire  et son ami Alex (Dylan Minnette)  qui  pénètrent dans la maison d’un vieil aveugle (Stephen Lang le colonel Quaritch d’Avatar)  dont ils ont neutralisé  l’alarme  dans le but de lui dérober les 300 000$ que l’assurance a versé à la mort de sa fille. Seulement le vieil homme, vétéran de la guerre en Irak est loin d’être inoffensif, sa demeure va vite devenir pour le trio un piège mortel ou il va les traquer décidé à protéger son capital et ses secrets…

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L’intrigue est dépouillée à l’essentiel : une maison sombre, un rottweiler , trois victimes livrées à une brute aux cheveux gris à qui ses  yeux morts donnent une apparence monstrueuse qui va les abattre si ils font le moindre bruit. C’est le moteur quasi-primal de Don’t Breathe qui évoque tout aussi bien les Contes de Fées que la mythologie grecque, le personnage du blind man rappelant la figure des cyclopes éborgnés par Ulysse  ou du Minotaure qui attend ses proies au cœur d’un moderne labyrinthe. Alvarez et son co-scénariste Rodo Sayagues situent cette maison décor quasi-unique du film dans les quartiers de Detroit (reconstitués  en Bulgarie) laissés dans un état critique par la crise économique avec ses blocs à l’abandon ancrant le film dans une réalité sociale.

La simplicité de l’approche est compensée par le travail d’Alvarez et son équipe: une direction artistique qui donne une personnalité  sinistre à la maison du vétéran, un sound-design anxiogène ou le moindre bruit peut  déclencher l’ attaque suivante, un montage efficace, une parfaite gestion de l’espace essentielle dans un huis-clos qui permet au spectateur de toujours savoir ou il se trouve et la photographie expressionniste de Pedro Luque avec sa palette (des verts , des rouges et un jaune maladif) qui rappelle celle des films italiens des années 70.

Alvarez ne se repose pas sur des jump-scare (même si il y en a quelques uns) mais sur l’instauration d’une atmosphère continue de terreur qui s’avère bien plus efficace. Chaque séquence est plus maline que la précédente d’autant que le réalisateur s’assure que le public anticipe ce qui va arriver avant les personnages assurant son implication. Alvarez et Sayagues ont le bon gout d’inclure une scene  d’une tension extreme qui se termine par une conclusion à la fois dégoûtante et inédite qui lui assure une postérité dans le monde de l’horreur. Et bien sûr, il peut compter sur la présence de Stephen Lang tout en muscles qui parvient à nous faire partager la souffrance de  son personnage sans lui faire perdre son aspect implacable.

D’une durée sous la barre des 90 minutes Don’t breathe n’étire pas inutilement son concept et sa conclusion hommage au slasher des années 80 est tout à fait satisfaisante (comme le sont ceux à une oeuvre de Stephen King) .

Conclusion : Efficace dans sa simplicité et la précision de son exécution, inventif et brutal Don’t breathe est une masterclass dans la  tension.

Ma Note : B+

 

 

Don’t Breathe – la maison des ténèbres de Fede Alvarez (sortie le 06/10/2016)

 

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