Assassin’s Creed [Critique]

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L’adaptation du jeu vidéo phare du francais Ubisoft tente de briser la malédiction des adaptations vidéoludiques au cinéma en en confiant les renes  à l’australien Justin Kurzel ( qui retrouve ses vedettes de Macbeth Michael Fassbender et Marion Cotillard : alors pari tenu ?

L’auteur de ces lignes doit confesser qu’il n’a jamais joué ne serait-ce qu’une minute au jeu vidéo et n’a été exposé à son iconographie qu’à travers des visuels publicitaires c’est donc sans références mais sans à priori autre que positif sur Michael Fassbender que j’ai pénétré dans l’univers du film.

Le film s’ouvre dans l’Espagne du XVe siècle où Aguilar (Michael Fassbender) est introduit au sein d’une secte d’Assassins dont il reçoit son arme fétiche deux lames rétractables au poignet, nous basculons alors dans les années 70 ou le jeune Callum Lynch découvre le cadavre de sa mère semble t’il assassinée par son propre père appartenant au même groupe ayant subsisté jusqu’à nos jours. Un nouveau saut dans le temps nous amène de nos jours ou nous assistons à l’exécution du même Lynch adulte (Michael Fassbender encore) par injection létale. Loin de se réveiller au Paradis ou en Enfer , c’est dans un complexe secret qu’il émerge où le Dr Sofia rikkin (Marion Cotillard) lui annonce que grâce à une technologie révolutionnaire qui dévoile des » souvenirs génétiques » nommée Animus Callum va revivre les expériences de son ancêtre Aguilar dans le but de trouver un remède contre les genes de l’agression. En fait dirigé par son pére (Jeremy Irons) le complexe appartient à l’ordre des Templiers une société secrète ennemie de toujours des Assassins qui compte utiliser les souvenirs de Lynch pour retrouver un artefact lui permettant de détruire à jamais leurs ennemis.

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Assassin’s Creed est un film dont on sent que les concepteurs, réalisateurs et acteurs ont fait des efforts pour offrir un traitement sérieux et dramatique à un film de fantasy  écartant  l’ironie et en soignant la forme. Mais hélas il est plus facile d’injecter de la solennité quand le scénario est assez dense et sa structure complexe pour la supporter ce qui est loin d’être le cas ici.  Le simplisme est de mise les Templiers sont très méchants, la preuve ?  ils sont dirigés par Jeremy Irons et Charlotte Rampling (Brendan Gleason fait aussi une apparition somnambulesque  par amitié pour Fassbender)  , venus sans doute résoudre ici un problème de règlement de leurs impôts, en mode diabolique acteur anglais ! Leur motivation : s’emparer d’un mac-guffin (qui a le design d’une boule de pétanque)  leur permettant de contrôler le Mooonde . Les motivations des gentils Assassins sont encore plus ténues  si ce n’est pouvoir conserver leur libre-arbitre pour continuer à tuer et jouer les Yamakasis.

L’action du film alterne entre l’Espagne de l’Inquisition et  le présent,  les séquences historiques semblant avoir bénéficier d’un soin  et sans doute d’un budget  plus conséquent  que les scènes contemporaines.  Si l’on excepte l’animation du bras mécanique qui relie Lynch à la machine , les scènes dans le présent ont des « productions values » de série TV avec leurs pièces vides,leurs figurants en costumes de garde de sécurité de Lidl et leur terne photographie  bleutée. Les scènes situées dans le passé bénéficient au moins d’un cachet cinématographique avec leurs teintes ocres nimbées dans une sorte de brouillard permanent et leurs amples vues aériennes de la ville médiévale. Entièrement vouées à l’action : deux poursuites à base de parkour et une évasion (avec du parkour encore ) le générique nous apprend qu’elles ont bénéficié de l’expertise de Dan Bradley  la star des coordinateurs d’action qui enfanta du style d’action saccadé et frénétique de la série Jason Bourne. On ressent sa patte dans l’impact de ces poursuites hélas leur élan est trop souvent  sapé par des plans de coupe qui montrent Michael Fassbender dans le présent lutter contre des spectres de fumées tel un pantin désarticulé au bout de son bras mécanique.assassins-creed-gallery-05-gallery-image

La façon mécanique dont s’intercalent les scènes d’action aux ronflantes scènes d’exposition les privent d’ impact ou de portée dramatique, le personnage d’Ariane Labed par exemple est proprement sacrifié n’ayant aucun écho dans le présent et peu d’utilité dans le passé (à part devoir être secourue). Quand ces flashbacks arrivent à leur conclusion avec la résolution de l’énigme Assassin’s Creed s’effondre littéralement sur lui-même. Le final dans le présent est un des plus pauvres pour une grosse production vues depuis longtemps, des combats à peine dignes de séries télévisées et une résolution consternante avec une ouverture sur une suite si maladroite qu’elle oblige presque la pauvre Marion Cotillard à se ridiculiser comme dans sa scene de The Dark Knight Rises.

Les acteurs prestigieux ne sont pas vraiment en cause, Fassbender et Cotillard en particulier semblent impliqués et ne téléphonent pas leur prestation mais la structure scénaristique est si mince et les dialogues si faibles qu’ils les poussent à surjouer comme  habités par une signification  profonde qui  nous échappe.

Conclusion : Malgré le soin apportée aux séquences d’action médiévales, l’implication de son acteur principal et de son réalisateur le scénario bien trop sommaire et l’alternance des séquences passé /présent trop mécaniques pour sauver le spectateur de l’ennui. Et ce n’est pas un climax parmi le plus pauvres de mémoire récente qui permettra à Assassin’s Creed d’échapper à la malédiction des adaptations de jeux-vidéos au cinéma . Il trouvera sans doute un accueil plus favorable auprès des fans du jeu.

Ma Note : C-

Assassin’s Creed de Justin Kurzel(sortie le 21/12/2016)

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