Atomic Blonde [Critique] Blonde, James Blonde

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Avec ce thriller sur fond de guerre froide qui la voit se frayer un chemin sanglant à travers Berlin dans les jours précédant l’effondrement du mur,  Charlize Theron recrute David Leitch, un des réalisateurs de John Wick pour bâtir une nouvelle icone féminine d’action badass dans un genre qui en compte si peu.  Mission réussie ? Debrief après le jump …

Lorraine Broughton est une icone dés sa première apparition émergeant d’un bain de glace où elle soulage d’ impressionnantes contusions, agent du MI6 de retour de Berlin, elle débriefe sa dernière mission qui consistait à récupérer une liste des agents secrets de Sa Majesté de l’autre coté du rideau de fer détenue par un transfuge de la Stasi (Eddie Marsan)  avec son supérieur (Toby Jones) et un mystérieux  agent de la CIA (John Goodman). C’est à travers cet interrogatoire qui rappelle celui d’une autre « blonde atomique » Sharon Stone dans Basic Instinct  que les événements du film nous sont rapportés par son héroïne. A Berlin elle  fait équipe  avec  le sarcastique  chef de station du MI6  David Percival (James McAvoy), un agent peu fiable et se retrouve rapidement la cible de différents groupes déterminés à mettre la main avant elle sur cette liste.

Avec  Lorraine Broughton femme alpha ultra efficiente dont le régime alimentaire semble constitué uniquement de Vodka on the rocks, Atomic blonde offre  l’analogue féminin de James Bond le plus réussi : comme 007 son travail d’investigation se limite au strict minimum, elle se contente de se présenter à différents endroits de part et d’autres du Mur de Berlin impeccablement vêtue, attire l’attention de hordes d’assassins dont elle dispose de la manière la plus violente possible. Comme Bond son implication émotionnelle semble minimale, à peine laisse t’elle pointer un peu d’humanité auprès de Delphine (Sofia Boutella), une espionne française débutante qu’elle séduit et qui remplit ici la fonction dévolue aux James bond girl. Charlize Theron et sa beauté statuesque traverse le film avec aisance  la caméra s’attardant sur chaque contour de son visage et son corps avec une intensité qui confère au fétichisme. Il est impossible d’imaginer une autre actrice pouvant concilier le glamour et les brutales exigences physiques du rôle, Theron est désormais une héroïne d’action au même titre qu’un Schwarzenegger ou Stallone  par le passé.

James McAvoy ajoute à nouveau un personnage peu recommandable à son répertoire et si on prend plaisir à le voir  dans d’immondes pulls col en V synthétiques , des lunettes de soleil surdimensionnées et manteau de fourrure, il se repose plus sur son charisme naturel que sur un gros travail d’acteur.

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David Percival (James McAvoy) et Lorraine Broughton (Charlize Theron)

Le cadre Berlinois sert de prétexte pour donner  une vision fantasmée de la capitale allemande permettant au français Jonathan Sela (Max Payne , John Wick) d’utiliser assez d’éclairage néon pour alimenter Las Vegas pendant des semaines. Sa photographie tout en teintes métalliques et fluos rend la violence du film aussi esthétique que brutale renforçant au passage l’aspect irréel de cet univers presque « comic-book » (le film est adapté du roman graphique « The Coldest City »).  Atomic Blonde apparaît « surproduit » comme on le dirait de certains albums,  l’hyper stylisation du film semble disproportionnée  au regard d’un scénario purement utilitaire de  Kurt Johnstad  (collaborateur de Zack Snyder sur 300).  Alors que  John Wick partait d’une prémisse simple et y ajoutait des indices laissant imaginer un univers plus riche, Atomic Blonde nous plonge dans un enchevêtrements d’intrigues inutilement complexes tentant de contrefaire les histoires d’espionnage à la John Le Carre (dont on voit  arriver les retournements de très loin) ce qui  donne au film un rythme inégal. Si l’intrigue amène son héroïne d’une séquence d’action à l’autre la faiblesse du script les privent de réels enjeux. Heureusement les scènes de combat, en particulier une séquence d’anthologie brutale qui la voit  affronter des vagues de sbires dans un escalier puis un appartement avant de se poursuivre en pleine rue, dans une voiture en marche avant puis arrière (!) sans coupe évidente valent à elles seules largement le prix du billet.

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Ça va cogner ! Lorraine Broughton (Charlize Theron) dans ses œuvres.

 Entre Atomic Blonde et John Wick: chapitre 2, si les comparaisons entre leurs  projets sont inévitables, il est évident que David Leitch et Chad Stahelski sont tous aussi talentueux séparément qu’en tandem. Anciens cascadeurs (sur Matrix), ils contribuent  déjà depuis longtemps à l’action au cinéma à travers leurs société de « design d’action » 87eleven mais c’est depuis leur passage derrière la caméra grâce à Keanu Reeves qu’ils ont pu développer une vraie philosophie de mise en scène de l’action. Ils la laissent se développer dans de longues prises sans coupures intempestives ou ralenti abusifs et s’appuient  sur l’implication physique totale des acteurs (Theron aura laissé deux dents lors du tournage). L’action d’Atomic Blonde repose moins sur le gun-fu que sur des combats à mains nus toujours chorégraphiés mais bien plus brutaux encore que dans les John Wick. Les combats d’Atomic Blonde ne sont pas du genre glamour , Theron ressent  l’impact de chaque coup de poing, de chaque coup de pied et la fatigue physique de son personnage se lit sur son visage alors qu’elle se bat pour sa survie.

Note du cinemadroide : Les amateurs de vidéos-club des années 80 et 90 retrouveront avec plaisir  Daniel Bernhardt successeur de JCVD dans les suites de Bloodsport  aperçu également en agent dans Matrix Reloaded sur lequel il a du rencontrer David Leitch puisqu’il figurait aussi dans le premier John Wick.

Mais ce qui est remarquable à propos de la scène de l’escalier dont nous parlions plus haut , c’est qu’elle n’est pas seulement une démonstration de virtuosité de mise en scène de la part de David Leitch (qui va réaliser la suite de Deadpool) mais aussi le moment du film qui en révèle le plus sur le personnage de Charlize Theron. Broughton n’est pas invincible. Elle n’est pas toujours la personne la plus forte dans la pièce ni la meilleure combattante mais sa volonté de vivre est  plus forte que celle de n’importe quel adversaire. Elle subit d’important dommages mais en fera subir toujours plus.

Atomic Blonde s’appuie sur une bande-son composée de classiques des années 80  («Blue Monday» de New Order,  « 99 Luftballons » de Nena, les  » Voices Carry « de Ménage, » Behind the Wheel « de Depeche Mode ) chaque piste ajoute un shot d’adrénaline aux scènes d’action, parfois de manière surprenante comme le « Father Figure » de George Michael qu’on n’imaginait pas si bien adapté à une scène de combat où Charlize Theron incapacite une dizaine de policiers berlinois !

Conclusion: Atomic Blonde film d’action déguisé en thriller d’espionnage privilégie la forme au fond mais la virtuosité magistrale de ses scènes d’actions d’anthologie et l’investissement extrême de Charlize Theron  font oublier un scénario purement utilitaire.

Ma Note : B

Atomic Blonde de David Leitch (sortie le 16/08/2017)

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