PACIFIC RIM UPRISING [Critique] Pacific Rim junior

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En dépit de sa généreuse proposition de cinéma mêlant robots et monstres géants Pacific Rim est un échec en occident en regard de son budget – il est battu pour son premier weekend  d’exploitation aux Etats-unis par Copains pour toujours 2 comédie mongoloïde d’ Adam Sandler –  malgré un succès relatif en Asie. Cette contre-performance compromet la mise en chantier d’une suite et entraîne le départ de Guillermo Del Toro parti développer avec le succès que l’on sait La Forme de l’Eau .

A cela s’ajoutent des remous internes à Legendary (le studio indépendant producteur du film) qui voit le départ de son fondateur Thomas Tull grand promoteur du projet semblant enterrer définitivement le projet d’une franchise. Contre toute attente l’intérêt de capitaux asiatiques et de John Boyega la jeune vedette de la nouvelle trilogie Star Wars en recherche d’une franchise à son nom (il est coproducteur du film) relance le projet  dans une économie plus modeste (150 millions de dollars contre 200 pour l’original) et avec une nouvelle équipe créative. C’est Steven S. DeKnight showrunner de la série Spartacus et de la première saison de Daredevil sur Netflix qui passe derrière la caméra et co-signe le scénario avec Emily Carmichael (qui vient d’être embauchée pour écrire Jurassic World 3) , Kira Snyder de la série The Handmaid’s Tale  de ce Pacific Rim Uprising qui met aux prises une nouvelle génération de jeunes pilotes de Jaegers (les robots géants) avec la résurgence de la menace des Kaijus (nom inspiré du japonais Kaiju-eiga qui désigne les films de monstres géants).

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L’intention de faire de cette suite un film plus « grand public » (en tout cas la vision que se font du grand public  les exécutives des studios)  est évidente avec l’introduction de cette nouvelle génération de cadets , en particulier une jeune surdouée Amara Namani (Cailee Spaeny) qui a bâtit un Jaeger artisanal dans son garage (un archétype qu’on retrouve , tiens donc,  dans le dernier Transformers de Michael Bay) qui semble être là pour attirer le  public des films « Young adult » (T.S. Nowlin scénariste de la trilogie du Labyrinthe a d’ailleurs collaboré au script) .  C’est donc cette nouvelle vague de pilote  que  Jake Pentecost (John Boyega) fils du personnage incarné par Idris Elba dans le premier volet, ancien pilote lui-même , devenu trafiquant de pièces détachées de Jaeger  est censé entraîner aux cotés de son ancien coéquipier Nate Lambert (Scott Eastwood) à la demande de sa sœur adoptive Mako Mori (Rinko Kikuchi de retour). La guerre avec les Kaijus achevée une industrielle chinoise Liwen Shao (Tian Jing) se propose de remplacer les Jaeger cantonnée au maintien de l’ordre par une armée de drones développée par  le Dr. Newton Geiszler (Charlie Day toujours sosie de JJ Abrams)  passé dans le secteur privé alors que son confrère  Dr. Hermann Gottlieb  (Burn Gorman) est resté fidèle à la force de défense du Pacifique. Ils vont être vite confronté à un nouvel et mystérieux ennemi qui va mettre la planète en danger.

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On retrouve jusque dans son aspect visuel la volonté de faire de  Pacific Rim Uprising un film se conformant aux codes visuels du genre. Dan Mindel (Star Wars Le Reveil de la Force , Star Trek)  abandonne la palette de couleur particulière voulues par Del Toro , justement  pour  distinguer son film des blockbusters classiques –  les cuirasses des Jaegers étant éclairées avec des teintes ambrées très contrastées –  pour revenir à un aspect plus classique avec du bleu métallique et des couleurs primaires vives. Là où  les batailles de l’original se déroulaient dans des conditions climatiques extrêmes en pleine mer , sous la pluie ou la neige celles de Pacific Rim Uprising ont lieu principalement en plein jour sur fond de ciel bleu offrant une image beaucoup plus « plate ». Finies les scènes de combat épiques avec une pluie animée s’écrasant sur les  écailles de Kaiju, comme « La Grande Vague de Kanagawa » l’estampe japonaise du peintre japonais Hokusai.La raison est à la fois économique,   cet environnement est moins complexe à restituer pour  les équipes digitales de Double Negative qui succèdent à ILM  mais aussi commerciale le film est plus « lisible » par un jeune public. Et ce n’est n’est pas faire injure au réalisateur débutant   Steven S. DeKnight  que de dire que sa mise en scène purement fonctionnelle est à cent lieues de celle du réalisateur mexicain fraîchement oscarisé.

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Pour autant si on fait abstraction qu’il fait suite à un film qui lui est artistiquement supérieur tout n’est pas à jeter dans Pacific Rim Uprising. Le scénario reste  fidèle à l’esprit du premier et  offre quelques concepts très pulps plutot plaisants (les hybrides Kaiju-Jaeger, le Kaiju final). En dehors de quelques touches déplacées (le Jaeger qui fait des doigts) l’humour reste plutôt bien dosé avec des clins d’œil au premier film réussis. En revanche il surligne trop tous ses rebondissements (sans doute pour son jeune public) et sacrifie le développement des personnages au  rythme (un montage très efficace de Zach « Matrix » Staenberg) et à l’action roborative bien qu’un peu répétitive. Heureusement si les effets spéciaux de Double Negative n’atteignent jamais le niveau de détail incroyable  fournis par les équipes d’ ILM sur le film de Del Toro ils restent très solides en regard de leur volume et permettent  aux scènes d’affrontements au milieu des buildings de remplir leur quota de spectaculaire.   À la tête du casting,  John Boyega apporte tout son charme  à son personnage de héros réticent,  Scott Eastwood même si il est un parfait clone de son père (ce dernier a d’ailleurs lui aussi piloté une arme futuriste par la pensée dans Firefox) n’a pas le charisme suffisant  pour animer un personnage dénué de personnalité notable  même si le script tente un triangle amoureux précipité et inutile avec le mécanicien Jules (Adria Arjona). Avec seulement une brève scène  pour creuser le traumatisme de la jeune Amara il est difficile de s’investir dans la jeune héroïne. Le score épique à la guitare électrique de Ramin Djawadi est remplacé par celui plus anonyme d’un autre collaborateur de Hans Zimmer Lorne Balfe (Ghost in the Shell).

Conclusion : Si  il est évidemment dépourvu des valeurs artistiques que Guillermo Del Toro apportaient au premier volet, loin d’être déshonorant Pacific Rim Uprising  est  gros film de robots contre monstres géants coloré, rythmé  qu’on réservera plutôt à un jeune public qui en sortira satisfait.

Ma Note : C

Pacific Rim Uprising  (sortie le 21/03/2018)

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