BIENVENUE A MARWEN (Critique)

Pour la seconde fois après The Walk , Robert Zemeckis (qu’on ne présente plus mais qu’on présente quand même Retour vers le futur , Qui veut la peau de Roger Rabbit, Forrest Gump , Seul au monde) s’inspire d’un documentaire pour en faire un long-métrage. C’est ici Marwencol un documentaire daté de 2010 signé  Jeff Malmberg qui décrit l’expérience de  Mark Hogancamp un artiste qui au sortir du coma dans lequel l’a plongé une violente agression a construit dans son jardin avec obsession une ville imaginaire du temps de la Deuxième guerre mondiale, Marwen,  qu’il peuple  de poupées représentant sa famille et ses amis,  ce jeu et les photographies qu’il en tire l’aident  à  gérer les blessures psychologiques provoquées par l’attaque. Zemeckis a adapté cette histoire avec Caroline Thompson souvent associée à Tim Burton  (Edward aux mains d’argentL’Étrange Noël de monsieur Jack mais aussi La Famille Addams) qui aborde cette histoire d’un cheminement vers la lente guérison d’un artiste traumatisé comme une aventure de fantasy  où les aventures des habitants de Marwen animés par par un mélange de motion-capture et d’animation, s’intercalent avec les expériences douloureuses de  l’artiste. 

Bienvenue à Marwen  se veut une ode aux femmes , ou plutôt aux « dames » comme les nomme Mark,  dames dont il tente de capter l’essence en portant leurs chaussures à talons, fétichisme qui sera le déclencheur de son agression. A l’exception de son avocat (qui est un homme de couleur)  toutes les figures masculines du film sont agressives et malveillantes , ses agresseurs bien sur mais aussi l’ex compagnon de sa voisine , tous revivent sous les traits de vilains nazis dans l’univers de Marwen. Les femmes qui entourent Hogie son alter-ego héroïque toutes fortes et bienveillantes sont l’émanation des femmes de sa vie, Julie (Janelle Monáe) une vétéran qui l’a aidé dans sa rééducation , Anna (Gwendoline Christie) son
exubérante assistante de vie une russe , Caralala (Eiza González) sa collègue au restaurant qui l’emploie , Roberta (Merritt Wever) la gérante du magasin de jouets ou il achète ses poupées,elle aussi une âme solitaire et Nicol (Leslie Mann) sa nouvelle voisine qui représente son idéal  féminin et incarne pour lui peut être un avenir heureux. L’épouse du cinéaste Leslie Zemeckis  fait une apparition dans le rôle d’une femme importante de l’imaginaire de Mark qu’on vous laisse découvrir. Seule figure féminine malveillante du film  Deja Thoris (Diane Kruger) la sorcière qui hante Marwen à la manière de celle de la méchante sorcière de l’ouest du magicien d’Oz est une des rares figures de son monde fantastique qui ne soit pas l’avatar  d’une personne de son entourage mais incarne une force destructrice de sa vie. Le film ne nous montre jamais le Mark Hogancamp  d’avant l’accident , on  l’évoque un peu comme un inconnu  dont on devine qu’il avait  ses propres démons (l’alcool) et particularités (sa passion pour les chaussures féminines) mais également un métier , une épouse qui l’a abandonné quand le coma n’a laissé de lui un amnésique traumatisé qui a tout oublié de son existence antérieure. Le nouveau Mark est une figure qui évoque forcément par sa fragilité et sa simplicité celle de Forrest Gump, Steve Carrell  comme Tom Hanks transmet son humanité et sa bonté mais y ajoute une part ténébreuse . L’acteur peut jouer de sa fibre comique quand il incarne son double idéalisé  de plastique l’héroïque Hogie.

 Si la technique est comme d’habitude époustouflante  chez Zemeckis, il offre un plans séquence formidables qui fait la transition fluide entre le monde Marwen et le monde réel, mais la performance technique et technologique met une distance avec l’aspect dramatique de l’histoire. Ce qui se passe à Marwen est plus intéressant visuellement que dramatiquement et si ses séquences impressionnent elles finissent aussi par lasser par leur répétition . La partie « réelle » du film est par ailleurs trop naïve, on y retrouve l’atmosphère des travaux de Caroline Thompson avec Tim Burton, la banlieue du film évoque celle d’Edward aux mains d’argent , le jeu de Leslie Mann contribue aussi à lui donner un aspect fantaisiste si bien que le décalage réalité fiction n’est pas assez marqué ou suffisant. Malgré son féminisme déclaré et ses nombreux personnages féminins Zemeckis ne leur donne jamais assez de profondeur au-delà de quelques caractéristiques et semble plus s’intéresser pour la majorité d’entre elles à leurs avatars de plastique. Si on aime que Zemeckis profite de cet univers fantasmatique pour rendre hommage à quelques classiques, Vertigo d’Hitchcock en particulier dans le final , on est plus géné par la manière plus grossière avec laquelle il cite sa propre filmographie dans ce qui s’apparente à ce que beaucoup nomme du fan-service (bien que je ne sois pas fan de cette notion trop subjective à mes yeux).

Ma Note : B-

Bienvenue à Marwen  de Robert Zemckis (sortie le 02/01/2019)

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