
Ted suit l’histoire d’une vingtaine d’années entre John Bennett et son ours en peluche, Ted, qui a pris vie suite à un vœu d’enfant. Ensemble, ils naviguent entre la tentation de l’éternel adolescent et la nécessité de grandir, explorant les défis de l’amitié, de l’amour et de la maturité, le tout dans un univers souvent outrancier et déjanté. Initialement, on pouvait craindre que Ted ne soit qu’un film dont le concept : un ours en peluche vivant, grossier et salace finirait par lasser une fois les premiers éclats de rire passés. Cependant, Seth MacFarlane, qui cumule les casquettes de réalisateur, scénariste et acteur, insuffle au film un univers singulier qui lui permet de tenir la distance. Certes outrancier et grossier, le long-métrage se révèle aussi décalé et absurde, regorgeant de références, notamment aux années 80. Les afficionados de Flash Gordon des années 80, par exemple, devraient être aux anges. Au-delà de son humour cru, Ted se révèle être une comédie romantique pour homme. Il invite notre génération d’éternels adolescents à se détacher un peu de cette part d’enfance qu’on refuse d’abandonner, tout en montrant aux partenaires féminines que ce n’est pas parce que l’on tient à cette part de soi qu’on ne peut pas évoluer. Mark Wahlberg livre une performance remarquable, capable d’incarner avec la même crédibilité l’homme d’action « bad-ass » et le personnage de l’adolescent éternel, un peu simplet mais attachant, qu’il endosse ici. Il transmet avec succès une innocence et une naïveté touchantes. Le film est également enrichi par une constellation de seconds rôles et de caméos, tous aussi décalés qu’inattendus, contribuant à l’originalité du paysage cinématographique.Sur le plan technique, une mention spéciale doit être faite à la fluidité parfaite de l’animation. L’interaction de l’ours en peluche avec le monde réel est si bien réalisée qu’elle ne suscite jamais de questionnement sur sa vraisemblance. De plus, un réel effort de mise en scène, à travers différentes ambiances recréées tout au long du film, renforce l’immersion. Qui aurait cru qu’une des meilleures scènes de combat de l’année opposerait Mark Wahlberg à un ours en peluche dans une séquence qui n’aurait pas dépareillé dans un film de la saga Bourne ! Bien entendu, Ted n’est pas un film tout public. Son univers très particulier et ses références parfois obscures peuvent potentiellement éloigner une partie du public. Cependant, le film possède un tel cœur et une telle énergie communicative que ces petits défauts s’oublient rapidement.
Conclusion : Malgré ses manières parfois peu recommandables, Ted a un cœur énorme. C’est le film idéal à découvrir autant entre amis qu’avec votre partenaire, offrant un mélange explosif d’humour, d’émotion et d’une franche originalité.
Ma Note B+
Ted de Seth McFarlane (sortie le 29/06/2012)