[Blast from the Past] Outland (1981)

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Redécouvrons cet excellent thriller de SF des 80’s qui ne peut que plaire aux fans de James Cameron et de Sean Connery, des gens de goût donc et permet de donner un coup de projecteur sur un réalisateur qui n’a pas eu à mes yeux  la reconnaissance qu’il méritait  : Peter Hyams.

L’action d’Outland se déroule dans un  futur lointain sur la station minière Con-Amalgamate 27, située sur Io, une lune de Jupiter ou William T. O’Niel, le nouveau marshal, enquête aidé du médecin de la base,  sur  deux morts suspectes par décompression explosives d’ouvriers pris de folie soudaine. Les incidents se multiplient et il  découvre que les victimes utilisaient une drogue,  augmentant leur productivité au prix de leur santé mentale. O’Niel ne tarde pas à découvrir que le traffic est  orchestrée par Sheppard (Peter Boyle) l’administrateur de la station. Après avoir neutralisé deux dealers à la solde de Shepard et détruit leur marchandise. O’Niel, refuse toute compromission et  apprend que Sheparda engagé deux assassins pour l’éliminer devant arriver dans la prochaine navette. Par intérêt ou par lâcheté, les collègues du policier et le personnel de Con-Am ne souhaitent pas l’aider…

La navette sifflera trois fois…

Peter Hyams est une sorte de chaînon manquant dans l’histoire du cinéma US ayant débuté à la télévision il a accompagné le nouvel Hollywood œuvrant dans de nombreux genres populaires, du thriller (La nuit des juges, Capricorn One) à la SF ( il eut l’audace de réaliser la suite de « 2001 : L’odyssée de l’espace« , « 2010 : l’année du premier contact« ). Les dernières années furent moins fastueuses après avoir réalisé deux films pour JCVD (Timecop et Sudden death) , ses deux derniers films (The Musketeer et  A Sound of thunder) furent des échecs artistiques et financiers. A la fois scénariste mais aussi très proche de la technique, il est connu pour être directeur de la photographie de la plupart de ses films. Il préfigure ainsi un James Cameron qui compte et ce n’est pas un hasard parmi ses fans. Il comptait d’ailleurs produire un script qu’ils avaient co-écrits « Bright Angel Falling » sur l’arrivée d’un astéroïde menaçant  la Terre ( script qui sera pillé  par l’équipe d’Armageddon qui en reprend des pans entier). C’est encore Cameron qui suggera son nom à Arnold Schwartzenegger pour mettre en scène « End of Days » après le départ de Marcus Nispel.

Outland est le film de Hyams  le plus réussi il s’inscrit dans le sillage d’Alien de Ridley Scott (le compositeur Jerry Golsdmith fait le lien entre les deux films) comme un exemple de « SF marxiste » qui apporte une vision réaliste de l’exploration spatiale loin du glamour du space-opéra aux camionneurs de l’espace du chef d’oeuvre de Ridley Scott succèdent les mineurs d’Outland. Les deux films sont d’ailleurs la transposition dans l’espace d’un genre bien connu le film de monstre dans un cas, le western dans l’autre. Outland est en effet une variation du « Train sifflera trois fois » (High Noon) le classique de Fred Zinneman ou  Gary Cooper devait affronter seul trois criminels arrivant en ville par le train alors que les habitants l’abandonnent par lâcheté.

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La ou High Noon etait une dénonciation voilée du Maccarthysme et de l’attitude d’hollywood vis à vis de ses auteurs « blacklistés », le thriller SF hyper efficace de Hyams porte en filigranne une thématique anti-capitaliste .Io n’est qu’un avant-poste de l’exploitation, il y a peu de  différence entre les mineurs qui creusent  les collines du Colorado pour de l’or ou du titanium sur une lune de Jupiter,la cupidité des corporations et de la classe dirigeante  prévaudra toujours.

L’esthétique utilitariste de la colonie minière  d’Outland  aura une influence énorme sur celle de Cameron pour la colonie d’Aliens ou la station de « TheAbyss ». Bâtie sur le modèle des plateformes pétrolières, elle donne un cadre claustrophobique idéal pour la montée de la tension.

Grâce à son production design , à sa photo créditée à  Stephen « Lethal Weapon ») Goldblatt  (en fait Hyams fut le vrai DP sur le film au grand dam du jeune Goldblatt) et au montage  ultra dynamique du maître Stuart Baird (Skyfall, Casino Royale, Demolition Man, Le dernier samaritain, L’arme fatale, Superman, La malédiction et oui quand meme!!)  Outland passe très bien le test du temps.

Son nom est Sean..Sean Connery

Sean Connery dans l'espaaaace.
Sean Connery dans l’espaaaace.

Mais bien sur le principal atout du film reste sa vedette l’immense Sean Connery.Le film se situe dans une période « intermédiaire » de la carrière de notre écossais favori qui va de l’abandon du rôle de James Bond à sa résurgence de la fin des années 80 qui le conduira à l’Oscar pour « Les incorruptibles ». C’est une période certes moins connue mais qui le voit expérimenter (on se souvient de l’improbable Zardoz) et compte d’excellents films (L’homme qui voulut être roiLa Rose et la flèche).

Sa stature et le charisme colle parfaitement à ce héros incorruptible (encore!) seul contre tous et on prend un plaisir particulier voir le meilleur James Bond transporté dans l’espace. Il garda un bon souvenir d’Outland puisqu’il tournera à nouveau sous la direction de Hyams dans le thriller Presidio.

Outland 33 ans après sa sortie reste un solide thriller  SF dominé par un Sean Connery impérial. 

Ma note B+

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