THE RAID 2 (2014)

The Raid 2 … essentially a bigger, more expensive remake.

En 2012, The Raid, ce thriller indonésien réalisé, écrit et monté par un cinéaste gallois méconnu, avait surpris par son intensité et sa maîtrise. Il revient avec une suite plus ambitieuse, débutant quelques minutes après la fin du premier volet. Nous retrouvons notre héros, Rama (Iko Uwais), souhaitant quitter la police, dégoûté par la corruption de certains de ses membres. Cependant, il se laisse convaincre, suite à la mort de son frère, de participer à une mission d’infiltration de la pègre. Pour ce faire, il doit abandonner sa famille et se faire arrêter afin d’approcher Uco (Arfin Putra), le fils de Bangun, chef de l’un des deux clans dominant le crime organisé. Tandis qu’un nouveau gangster nommé Bejo (Alex Abbad) tente d’opposer Bangun au clan Goto, les gangsters japonais, la situation de Rama devient de plus en plus délicate. Le film se veut une fresque criminelle et prend son temps sur plus de 2h30, mais Gareth Evans signe un scénario qui ne soutient pas ses ambitions. Les lenteurs deviennent vite des longueurs, malgré une mise en scène et une composition des plans léchées. Heureusement, lorsque les scènes d’action arrivent, sa réalisation est sans égale dans le cinéma actuel. The Raid 2 surpasse le premier volet en termes d’action. Les combats s’enchaînent, certes, mais avec à chaque fois un décor et une ambiance propres. Par ses talents de montage, de chorégraphie, de cinématographie et un travail sonore furieux (j’aime bien le bruitage « trauma crânien sur le béton »), Evans en fait des moments d’un dynamisme viscéral unique. Il a la chance de pouvoir compter sur des artistes martiaux d’exception et des techniciens prêts à prendre tous les risques, comme lorsque la caméra, en pleine poursuite automobile, passe d’un véhicule à l’autre. Il sait aussi que la libération de la violence est d’autant plus forte qu’elle est précédée d’une montée en tension. Ainsi, Gareth Evans se place avec bonheur dans la tradition d’un Sergio Leone, comme dans cette longue scène où « BaseballBat Boy » chemine, laissant traîner sa batte sur le pavé pendant de longues minutes avant un déchaînement de violence. Justement, l’une des choses qu’Evans réussit le mieux est de présenter en quelques traits des personnages secondaires hauts en couleur, en faisant des adversaires crédibles. Si Rama affrontait uniquement des ennemis anonymes, les combats perdraient de leur impact. Ainsi, les personnages d’Hammer Girl et de Baseball Bat Man (Très Tri Yulisman) sont inoubliables, malgré une présence réduite à l’écran. C’est en partie dû au fait que l’on devine toute une histoire derrière leurs noms et leurs relations ; cet univers étendu suggéré est un point fort du film.

Conclusion : Si Gareth Evans ne se fera pas (encore) un nom dans le polar à la Melville, il devient avec « The Raid 2 » une marque déposée dans l’action, dont il révolutionne la mise en scène avec cette approche à la fois brutale, mais très graphique et pleine d’invention.

Ma note : B+

The Raid 2 réalisé par Gareth Evans. Sortie le 23/07/2014.

La bande-annonce :

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