Sin City : J’ai tué pour elle [Critique] Le grand sommeil

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Neuf ans après le premier volet Rodriguez poursuit l’adaptation au cinéma de la saga Sin City qu’il co-réalise en compagnie de son créateur l’immense Frank Miller. Neuf ans ou Rodriguez a enchaîné une série de films de moins en moins sympathiques à mesure que l’énergie et le coté rebelle de sa méthode était remplacés par une certaine paresse et une recherche d’argent rapide. Même le grand Miller en caricaturant son propre style perdait un peu de son crédit en réalisant une désastreuse adaptation du Spirit de Will Eisner. Leur retour à Basin city allait il marquer une renaissance ?

Entamé en 1991 chez l’éditeur Dark Horse par Frank Miller en rupture avec les majors du comics Marvel et DC comics , Sin City est un cycle de mini-séries et one-shots se déroulant dans un même univers ou Miller réinvente dans un style graphique marqué par l’utilisation des ombres ou le noir et le blanc comme (presque) seules couleurs le roman noir tendance hard-boiled avec ses femmes fatales et ses durs à cuire.

Le premier film adaptait parmi les histoires les plus fortes du cycle et la nouveauté de l’approche de traduction littérale via un tournage sur fond vert de Robert Rodriguez, la souplesse de ses méthodes attirant un casting prestigieux emportait malgré ses défauts l’adhésion (la mienne en tout cas). Retardé à cause de la  séparation des frères Weinstein de Miramax et Disney qui demandèrent à Rodriguez de réserver Sin City à leur nouvelle compagnie le second volet nous parvient avec 9 ans de retard.

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Dwight, Johnny et Marv les tough-guys de Sin City 2

Sin City : J’ai tué pour Elle a comme segment principal la mini-série éponyme, la seconde dans le cycle de parution et l’une des plus fortes. Le film s’ouvre sur l’adaptation de la short story « Just Another Saturday Night » (paru dans Sin City #1/2) qui permet de retrouver le personnage le plus emblématique de la saga la brute indestructible Marv toujours interprété sous un épais maquillage (et une  vingtaine de kilos de plus que dans le dernier volet) par Mickey Rourke. Les deux autres histoires sont des créations inédites spécialement écrites pour le film par  Frank Miller, les premières depuis 14 ans. L’une met en vedette Joseph Gordon Levitt dans une variation d’un archétype bien connu du film noir : le joueur  pris dans des parties de Poker à haut risque , la seconde suit la destinée de  Nancy Callahan (Jessica Alba) la strip-teaseuse après le suicide de son protecteur Hartigan (Bruce Willis) à la fin de « That Yellow Bastard ».

Ces deux additions au mythe sont emblématiques  de ce qu’est Sin City 2 un film ou se côtoient le bon et le beaucoup moins bon.

Commençons par le meilleur « A Dame To Kill  For »  histoire de femme fatale et de vengeance réunissant les personnages les plus emblématiques et servie par des acteurs à la hauteur : la sculpturale Eva Green (Rhaaaa..) est l’incarnation parfaite de la femme selon Frank Miller, habituée des rôles extrême l’actrice maîtrise ce jeu très expressif qui colle bien au style du film et vole le film à ses partenaires comme elle le fit déjà dans 300 : Naissance d’un empire.  Josh Brolin avec son physique rugueux semble lui aussi être né pour interpréter un personnage de Miller dont les dialogues hard-boiled  n’ont jamais parus aussi naturels que dans sa bouche.On peut regretter que Clive Owen ne soit pas revenu pour assurer la continuité avec le premier volume et reprendre le rôle de Dwight post-opération esthétique, obligeant Brolin à disparaître sous un maquillage qui enlève un peu de sérieux à l’entreprise.

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Ava lord (Eva Green) et Dwight (Josh Brolin) – nés pour interpréter des personnages de Frank Miller

Reste que cette partie est la meilleure du film,  la confrontation autour de la piscine en particulier ou Rodriguez semble retrouver un sens artistique qui manque au reste (on y reviendra), elle bénéficie des meilleurs seconds rôles : de très bon Chris Meloni, Ray Liotta et Dennis Haysbert  qui apporte sa « gravitas » au role de Manute ou il remplace le regretté Michael Clarke Duncan. L’histoire  avec Joseph Gordon Levitt retrouve la saveur noires des premières histoires de Miller avec cette confrontation entre le mystérieux joueur Johnny  et le démoniaque sénateur Roark qui permet à l’excellent Powers Boothe de briller (on a jamais trop de Powers Boothe dans un film)

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Tout ce qui cloche dans Sin City 2 en une image

En revanche l’épisode centré sur Nancy cristallise tout les défauts du film, en premier lieu  la catastrophique  Jessica Alba, à qui Miller et Rodriguez demande de porter une évolution déjà discutable du  personnage et qui semble incapable de traduire la moindre émotion humaine crédible.

Le personnage de Marv déjà surexposé dans le film perd son coté tragique  pour faire place à un clown grotesque. Enfin la mise en  scène de Rodriguez paresseuse n’apportant aucune plus-value à son procédé de traduction littérale comme il avait su le faire dans le premier. Pas de transition imaginative, un manque d’énergie avec un enchaînement  poussif de scènes malgré  quelques éclats comme la scène de la piscine mentionné plus haut (bouclant la boucle de ma critique).

Conclusion : En dépit d’une fantastique Eva Green et malgré la force des histoires et de la langue de Frank Miller  « Sin City : J’ai tué pour elle » laisse un sentiment très mitigé gâché par la réalisation paresseuse de Rodriguez et un dernier segment complètement raté. 

Ma note : C

« Sin City : J’ai tué pour elle »  réalisé par Robert Rodriguez et Frank Miller

Sortie le 17/09/2014.

 

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