Fast & Furious 7 (2015)

Furious 7 Movie Poster

La famille Fast & Furious est de retour, prête à en découdre avec la vengeance de Jason Statham dans ce dernier opus, teinté de tristesse suite au décès accidentel de Paul Walker. Ce film marque également les débuts derrière la caméra de James Wan (connu pour The Conjuring, Insidious), un réalisateur qui se lance dans l’univers explosif de cette saga. Après les deux derniers volets gargantuesques, peut-il vraiment nous faire aller plus haut et plus fort ?

Pour ceux qui ont suivi la saga, le contexte est crucial. Previously on Fast & Furious… Après les événements de Fast & Furious 6, alors que Dom (interprété par Vin Diesel), Brian (le regretté Paul Walker) et leur « famille recomposée » tentent de reconstruire leur vie à Los Angeles, ils se retrouvent sous la menace de Deckard Shaw (le charismatique Jason Statham), un mercenaire ultra-violent en quête de vengeance pour son frère cadet, Owen Shaw (le méchant du précédent film). Pour retrouver Shaw, la famille accepte de travailler avec un agent du gouvernement, Mr. Nobody (joué par Kurt Russell), qui cherche à mettre la main sur un système de surveillance surnommé « l’œil de Dieu » et sur son mystérieux créateur, Ramsey (interprétée par Nathalie Emmanuel).

Domenic Torreto (Vin Diesel) et Deckard Shaw (Jason Statham)
Domenic Torreto (Vin Diesel) et Deckard Shaw (Jason Statham) le constat va être sanglant !

Malgré la perte tragique de Paul Walker pendant la production, Furious 7 réussit à conserver l’esprit fun qui a fait le succès de la franchise. Grâce à la contribution de ses frères, qui ont servi de doublures, et à des techniques de « masquage » numérique, Walker reste aussi actif, sinon plus, que dans les précédents épisodes. C’est à la fois touchant et un peu étrange de le voir échapper à la mort de nombreuses fois sur grand écran.

Depuis Fast Five, la série a effectué une transition fascinante, passant d’un simple film de street racing et de tuning à un blockbuster d’action d’échelle internationale. Désormais, elle n’a d’autre concurrent que la vénérable franchise James Bond (ironiquement, c’était l’ambition de Vin Diesel et de Rob Cohen, réalisateur de l’original, quand ils ont quitté le deuxième épisode pour le raté xXx). Comme dans un film de 007, Furious 7 déploie un véritable catalogue de destinations, d’Azerbaïdjan à Los Angeles en passant par Abou Dhabi. Le film aligne des séquences de destruction de véhicules inédites, et Vin Diesel porte même le smoking avec élégance !

Furious 7 - Paul Walker Vin Diesel Kurt Russell
Brian (Paul Walker) Dominic Toretto (Vin Diesel) et le mystérieux M.Nobody (Kurt Russel)

Dans ce contexte de surenchère permanente, on aurait pu craindre que James Wan, surtout connu pour ses franchises d’horreur à petit budget, soit dépassé par l’échelle du film. Pourtant, avec un budget de 250 millions de dollars, soit 100 de plus que le précédent, le réalisateur de The Conjuring gère avec brio trois séquences d’action propres à rivaliser avec les meilleurs volets de Justin Lin. Bien que Wan ne parvienne pas à imprimer une patte personnelle à son film, il sait parfaitement exploiter les codes de la saga.

Il bénéficie également du savoir-faire du réalisateur de seconde équipe Spiro Razatos, en poste depuis Fast 5 (et récemment sur Captain America : Le Soldat de l’Hiver). Formé à la rude école des séries B des années 80, Razatos excelle dans la dynamisation des scènes d’action, et il a plusieurs occasions de briller dans ce film, notamment lors des combats quasi-superhéroïques.

Furious 7 - James Wan Vin Diesel
James Wan aux commandes au coté du godfather de la franchise Vin Diesel

Au cœur de cette aventure explosive se trouve le scénariste Chris Morgan, qui jongle avec une dizaine de personnages, offrant à chacun son moment de gloire tout en orchestrant une escalade de séquences d’action démentielles. Morgan est également chargé de donner une belle sortie au personnage de Paul Walker, et il réussit cette tâche avec grâce. Dans ce volet, Furious 7 recrute une véritable star du film d’action pour incarner le méchant : Jason Statham, le « Transporteur » lui-même, se frotte à la famille. Statham, à mi-chemin entre un pitbull, le Terminator et Wile E. Coyote, conserve tout au long de ses forfaits une lueur ironique dans le regard. Son introduction dans le film est tout simplement brillante.

Un autre plaisir immense réside dans le retour du roi du cool, Kurt Russell, qui incarne un agent très spécial. La galerie de méchants est complétée par Djimon Hounsou, Tony Jaa (de Ong Bak) et la combattante MMA Ronda Rousey (vue dans Expendables 3), ajoutant ainsi une dose supplémentaire de charisme à l’ensemble. Chaque membre de la distribution apporte sa propre touche à cet ensemble déjà riche. Fast & Furious 7 est vraiment l’exemple d’une gestion de franchise exemplaire. Les « parrains » de la série, Neil Moritz et Vin Diesel, ont réussi à maintenir une cohérence tout en appliquant trois fois de suite une formule basée sur une surenchère permanente.

La réalisation est sublimée par des effets visuels époustouflants. Chaque séquence d’action est soigneusement chorégraphiée, et les scènes de poursuite sont à couper le souffle. James Wan, en collaboration avec des experts en effets spéciaux, parvient à créer une expérience visuelle immersive qui captive le public du début à la fin. L’utilisation de la technologie numérique, bien que parfois omniprésente, est maîtrisée, évitant le piège d’un excès.

Luke Hobbs -Dwayne Johnson Vs Deckard Shaw -Jason Statham
Luke Hobbs (Dwayne Johnson) Versus Deckard Shaw (Jason Statham)

La bande originale, concoctée par Brian Tyler (qui a également composé pour Fast Five et Furious 6), renforce l’énergie du film. Les morceaux choisis s’harmonisent parfaitement avec les séquences d’action, ajoutant une dimension supplémentaire à l’expérience cinématographique. Les thèmes musicaux emblématiques de la franchise résonnent avec puissance, accompagnant chaque moment clé.

Cependant, Furious 7 n’est pas exempt de défauts. Après une première heure et quarante minutes époustouflantes et brillantes, le film ralentit quelque peu, et son climax, bien que spectaculaire, peut sembler maladroit et bavard, en demi-teinte par rapport aux promesses qui l’ont précédé. Ce ralentissement, bien qu’il n’altère pas l’ensemble du film, peut décevoir certains spectateurs habitués à un rythme effréné.

Mais malgré ces imperfections, le film se clôt par une séquence parfaite, rendant hommage à Paul Walker de manière touchante et mémorable. Ce moment poignant rappelle aux spectateurs la force de l’amitié et de la famille, des thèmes centraux de la franchise. Vin Diesel, avec une sincérité palpable, délivre des adieux émouvants, un clin d’œil à la camaraderie qui a toujours régné au sein de la série.

Conclusion : Fast & Furious 7 connaît parfaitement son public et le régale avec cette orgie de destructions qui atteint le niveau d’un film de Roland Emmerich. Les combats quasi-super-héroïques, les séquences d’action époustouflantes et les moments d’émotion s’entrelacent avec brio, plaçant la barre si haut dans le délire qu’il n’y a plus de limite !

Ma Note : B+

Fast & Furious 7  (Furious 7) de James Wan (sortie le (01/04/2015)

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