Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E [critique]

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L’adaptation de la série Man from U.N.C.L.E (des agents très spéciaux) est un serpent de mer à Hollywood, c’est finalement à la paire gagnante de Sherlock Holmes les anglais Guy Ritchie (Snatch) et son producteur co-scénariste Lionel Wigram que la Warner confie le soin de porter à l’écran les aventures de Napoléon Solo et d’Illya Kuryakin. leur traitement de la guerre froide est il aussi réussi que celui qu’ils ont apportés à l’époque victorienne ?

Synopsis : En pleine guerre froide, l'agent de la CIA Solo et l'agent du KGB Kuryakin contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, s'engagent dans une mission conjointe : mettre hors d'état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial. Leur seule piste  :  la fille d'un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle.

La résurgence récente de l ‘espionnage cinématographique (Kingsman, Mission impossible, Bond) a ranimé le projet d’adaptation de la série  Man from U.N.C.L.E (des agents trés spéciaux en VF).  La série étant elle même née en pleine folie de l’espionnage qui a fait suite au triomphe des James Bond dans les années soixante (pour l’anecdote c’est le créateur de Bond Ian Fleming lui-même qui concevra l’ébauche de la série et créera son héros Napoléon Solo). La tentative la plus avancée fut une adaptation par l’équipe de Contagion et Effets Secondaires Steven Soderbergh et son scénariste Scott Z. Burns qui aurait mis en vedette George Clooney avec pour parti pris d’en situer l’action à l’époque de la guerre froide sans moderniser le propos.

Au final le tandem Guy Ritchie / Lionel Wigram conserve l’idée de Soderbergh alors que la Warner avait été réticente à l’époque, sans doute le succès de leur vision moderne de l’époque victorienne dans les Sherlock Holmes a convaincu la major qu’ils pourraient en faire de même avec les swinging sixties.

Pourtant leur approche est assez différente de celle adoptée sur les deux aventures du détective de Baker Street ou ils misaient sur un traitement basé sur l’action pour le plus cérébral des détectives alors qu’ils s’en détournent ici pour privilégier le style et l’ambiance.

En se présentant comme une prequelle de la série s’affranchit d’une adaptation , on retrouve certes les personnages (Solo, Kuryakin et Waverly) mais dans une dynamique différente pour tout dire il n’y a même pas d’ U.N.C.L.E.  Le personnage de Napoléon Solo (Henry Cavill) dans le film est un profiteur de guerre qui doit  travailler pour la CIA pour échapper à la prison et Illya Kuryakin (Armie Hammer) est un surhomme du KGB hanté par son passé et tourmenté par des pulsions violentes.L’intrigue voit ses deux rivaux contraints d’unir leur force pour retrouver un physicien  avant que celui-ci ne construise un engin nucléaire pour une mystérieuse organisation néo-nazie. Ils vont utiliser pour cela de la fille du savant Gaby (Alicia Vikander).

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Gaby (Alicia Vikander) , Illya Kuryakin (Armie Hammer) et Napoléon Solo (Henry Cavill) la dolce vita

S’ouvrant de l’autre coté du rideau de fer dans Berlin-Est le film s’installe ensuite durablement dans le Rome de la Dolce Vita ou Guy Ritchie donne libre court à son fétichisme des années soixante qu’il recrée dans ses moindres détails objets, vêtements et bien sur visuellement.Que ce soit la photographie Kodachrome-esque de John Mathieson (déjà habitué au rétro sur X-Men First Class) ou des transitions géométriques à la Mondrian et de nombreux effets de split-screen  tout colle parfaitement au style de l’époque. Ritchie se désintéresse des scènes d’action au profit de l’humour et des gags visuels ainsi  une des séquences d’action majeure se déroule quasiment en fond alors qu’au premier plan un personnage s’offre un moment de relaxation hédoniste. Cette séquence est une véritable métaphore de l’attitude du réalisateur décidé lui-aussi à prendre du bon temps plutôt que de céder à la pression d’un blockbuster.

Au final de  manière étonnante quand on considère les deux cinéastes je ne pense pas que la version Guy Ritchie soit si éloignée de ce qu’en aurait fait Steven Soderbergh.

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Victoria Vinciguerra (Elizabeth Debicki) beauté fatale

Henry Cavill  (un peu engoncé dans ses costumes pour cause de proximité du tournage avec celui de Batman v Superman) excelle en espion suave si imperturbable qu’il reste flegmatique même quand il succombe à des tranquillisants. Armie Hammer s’amuse en jouant du tempérament explosif de son personnage souvent contraint de se contenir le film utilise parfaitement son physique et le contraste avec celui d’Alicia Virkander qui joue à fond la It-girl agacante. J’ai trouvé que le trio de comédiens bons individuellement mais semblant avoir  un peu de mal à s’accorder. J’ai apprécié la méchante incarnée par la svelte et blonde  australienne Elizabeth Debicki, qui fait de son personnage une sorte de Marisa Berenson maléfique très réussie.

Une mention toute particulière enfin au travail énorme du compositeur Daniel Pemberton dont le score rétro cite Roberta Flack, le crooner italien Peppino Gagliardi et bien sur le grand Ennio Morricone quand il bascule soudainement dans un son de film d’horreur italien. Il donne au film une texture sonore digne des films de Tarantino !

Conclusion : Définitivement plus de style que de substance dans ce Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E tant Guy Ritchie se laisse emporter par son fétichisme sixties mais quel style!

Ma Note : B

Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E de Guy Ritchie (sortie le 16/09/2015)

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