Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar [Critique] Retour aux sources (B)

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Six ans se sont écoulés depuis le décevant Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence au cours desquelles les étoiles de sa vedette Johnny Depp et de son producteur Jerry Bruckeimer ont bien pâli à Hollywood. Ils ont donc confiés leur sort  à un duo de cinéastes norvégiens Joachim Rønning et Espen Sandberg passés chez Luc Bessonà pour  ce qui apparaît comme l’épisode de la dernière chance. le pari est il résussi et bien ..oui plutôt!

Six ans se sont écoulés depuis le dernier volet de la saga Pirates des Caraïbes: La fontaine de jouvence qui bien qu’il ait rempli ses objectifs financiers passant la barre du milliard de recettes monde (en partie grâce à la 3D) avait marqué un essoufflement de la franchise aux USA et une dévaluation créative en partie imputable à la mise en scène mollassonne de Rob Marshall. Les années qui ont suivi n’ont pas été tendres avec les deux capitaines de la franchise : l’uber-producer Jerry Bruckheimer perdait son lucratif contrat d’exclusivité avec Disney et Johnny Depp indéboulonnable Jack Sparrow traversait une série de scandales matrimoniaux écornant durablement son image. Ainsi ce dernier volet annoncé Pirates des Caraïbes – La vengeance de Salazar apparaît comme celui de la dernière chance, sensé retrouver l’esprit léger du premier. Il est confié au duo norvégien Joachim Rønning et Espen Sandberg choisi sur la base de leur film Kon-tiki nommé aux Oscars et de leur capacité de travailler avec un budget réduit par rapport aux précédents. Des considérations de budget et de script vont toutefois repousser la sortie de cet opus dont le tournage, compliqué par l’état souvent second de sa vedette, s’est achevé en 2015.

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Le duo danois cherche clairement à renouer avec l’esprit léger et la structure fluide du premier volet, loin de la lourdeur des deux premières suites et de l’aspect inerte du volet de Marshall. Il en reprend donc peu ou prou la structure, ses protagonistes remplissant des fonctions similaires à ceux de La malédiction du Black Pearl, Henry Turner (Brenton Thwaites) le fils de Will (Orlando Bloom) succède à son père, l’indépendante et aventureuse Carina Smyth (Kaya Scodelario vue dans Le labyrinthe) se substitue à Keira Knightley et l’antagoniste Salazar (Javier Bardem) est à nouveau un capitaine prisonnier d’une malédiction par la faute de Jack Sparrow que seul un mac guffin peut lever. Comme une compilation il reprend les éléments les plus marquants de la franchise Barbossa (Geoffrey Rush) poursuit la relation ami-ennemi avec Sparrow établie depuis le deuxième volet, David Wenham est ici l’officier anglais acharné à leur perte, une autre légende du rock fait une apparition après Keith Richards et l’actrice iranienne Golshifteh Farahani incarne une sorcière rappelant le personnage de Naomi Harris dans le diptyque Le secret du coffre maudit-Jusqu’au bout du monde.

Pirates des Caraïbes – La vengeance de Salazar échappe toutefois au piège du remake servile grâce à l’enthousiasme palpable de ses réalisateurs qui impriment au film un rythme soutenu, enchaînant péripéties et séquences à grand spectacle. Leurs scènes d’actions généreuses sont élaborées et faciles à suivre, tranchant avec l’aspect statique de celles de Rob Marshall, on y retrouve aussi bien des séquences de comédie physique slapstick à la Buster Keaton (une excellente scène autour d’une guillotine) que des scènes gigantesques à effets spéciaux (le final en particulier). Le duo de Kon-Tiki glisse des clins d’œil au cinéma de Ray Harryhausen – une statue s’anime avec des CGI reproduisant des mouvements qui évoque les animations image par image d’antan – ou de Steven Spielberg – une scène de flash-back utilisant la technologie de rajeunissement numérique évoque l’esprit d’Indiana Jones et la dernière croisade, une autre met en scène une attaque de requins fantômes rappelle Les dents de la mer. Si ils n’ont pas la maestria visuelle d’un Gore Verbinski , Rønning et Sandberg composent tout de même des plans assez fous mettant à profit la machine de guerre que Disney a mise à leur service.

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Le script de Jeff Nathanson (Arrête-moi si tu peux) léger et ludique, si il invente sa propre mythologie au fur et à mesure de son déroulement, est plutôt efficace. Il emploie de manière intelligente le personnage de Jack Sparrow qui se trouve bien sûr au centre du film (après tout c’est lui qui a bâti cette franchise multi-milliardaire) sans le cannibaliser. Sparrow traverse ainsi les péripéties du film comme par accident en anti-héros traqué par les différentes parties en présence. Le script laisse aux autres protagonistes les enjeux et les motivations personnelles : la quête du père pour Carina ou du trident pour Henry. Les scènes burlesques fonctionnent bien et il manie un humour à double-lecture qui fera rire aussi bien les enfants que les adultes qui les accompagnent. Nathanson conclut les intrigues laissées en suspens par tous ses prédécesseurs offrant aux fans de la franchise ce qui pourrait être une conclusion honorable (même si nous vous conseillons de rester dans la salle jusqu’à la toute fin du générique).

Johnny Depp malgré les rumeurs sur son état second durant le tournage évite de tomber dans la caricature dans son rôle signature, les nouveaux venus s’en tirent avec des fortunes diverses : si Kaya Scodelario se montre dynamique et convaincante, le jeune acteur australien Brenton Thwaites (Gods of Egypt) est transparent. Javier Bardem compose un méchant menaçant au look saisissant véritable coproduction entre l’acteur espagnol et la société d’effets spéciaux britannique MPC (Prometheus, District 9, X-Men : Days of Future Past) : le visage brisé comme de la porcelaine, certaines parties du corps invisibles, les cheveux flottant tels ceux d’un perpétuel noyé, bavant régulièrement une substance noirâtre. Il est visuellement digne des méchants des dessins animés Disney. Tournage australien oblige on retrouve cette « gueule »de Bruce Spence inoubliable Gyro Captain de Mad Max II en gouverneur de Saint-Martin.

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Même si l’équipe technique est renouvelée, on l’a vu avec le remplacement d’ILM aux effets spéciaux par MPC, Jerry Bruckheimer a entouré néanmoins ses deux réalisateurs de solides vétérans. Paul Cameron (Déjà vu, Collatéral) dont la photo riche et texturée sublime les eaux pellucides de la Gold Coast australienne (doublant les eaux des Caraïbes), Nigel Phelps (Alien la résurrection , Troie, The Island) à la direction artistique qui crée avec le bateau de Salazar un navire à l’image de son capitaine : une carcasse craquante qui attaque les autres vaisseaux a la manière d’une créature marine. Le montage de Roger Barton (Bad boys II, les Transformers) assure un rythme constant tout au long des deux heures neuf du film (le plus court de tous les POTC) .

Conclusion : Malgré le sentiment de familiarité on est agréablement surpris par ce Pirates des Caraïbes – La vengeance de Salazar film d’aventures spectaculaire et enlevé emballé avec enthousiasme par le duo Joachim Rønning / Espen Sandberg.

Ma note : B

Pirates des Caraïbes – La vengeance de Salazar ( Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tale) de Joachim Rønning et Espen Sandberg (sortie le 24/05/2017)

La bande-annonce :

 

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