Barry Seal : American Traffic (Critique) Risky Business (A)

Après quasiment sept ans passés dans le domaine de l’action , la Science Fiction et du « franchise building » avec des fortunes diverses du tout meilleur (Mission Impossible Rogue Nation) à … La Momie, Tom Cruise revient dans un rôle dramatique sous la direction de son versatile et excellent réalisateur de Edge of tomorrow  Doug Liman.  Est ce enfin le retour en grâce pour la dernière star d’Hollywood ?

Barry Seal : American Traffic  (American Made en VO anciennement Mena) est tiré d’une histoire vraie, donc incroyable,  qui a servi  de base à un script qui figurait en bonne dans la Black List 2014 des meilleurs scripts non encore produits, a connu une genèse tourmentée. Commencé en 2015 le tournage est endeuillé par le décès d’un pilote, le film a connu deux séquences de reshoots extensifs en 2016 et 2017 pour finalement sortir en cette rentrée. Pilote de ligne compétent mais désabusé Barry Seal se fait remarquer par un agent de la CIA Schafer (Domhall Gleason) qui  lui propose de monter une société écran pour prendre des photos aériennes des camps des guérillas communistes en Amérique Centrale. Ses voyages attirent l’attention des pontes du futur du cartel de Medellin Jorge Ochoa (Alejandro Edda) et Pablo Escobar (Mauricio Mejía) qui l’obligent à ramener leur cocaïne aux États-Unis. Alors que Schafer lui confie bientôt une nouvelle mission : convoyer des armes pour la Contra,  la  rébellion anticommuniste du Nicaragua, qui s’avère  plus intéressée par le trafic de  la drogue que les Colombiens leur  échangent contre des armes,  il va se retrouver au cœur de ce qui deviendra le scandale Iran-contras.

Barry Seal (Tom Cruise) et le méphistophélique Schiffer (Domhall Gleason)

Le scénario de Gary Spinelli nous retrace ce destin incroyable à travers une série de VHS que Barry Seal enregistre dans des motels où malgré un stress visible, il raconte ses exploits avec un enthousiasme qu’on retrouve dans le ton du film. Bien sur Barry Seal : American Traffic avec son protagoniste qui narre en voix off  son ascension vertigineuse et sa chute inévitable, sa visite guidée d’un monde souterrain, ses personnages hauts en couleur, rythmé par une bande vintage marche sur les traces du Martin Scorsese des Affranchis (une inspiration avouée du scénariste)  cette grammaire est même devenue un trope de ce genre biographique (Lord of War,  Blow et War Dogs viennent à l’esprit). Mais Doug Liman se l’approprie avec  maîtrise et nous entraîne sans jamais nous lâcher dans un ride propulsif dés que les logos vintage des sociétés de production du film s’affichent à l’écran. Sa mise en scène hyper dynamique maintient le film dans un mouvement perpétuel malgré la densité de ses intrigues. En nous plaçant toujours du point de vue de leur protagoniste, Liman et Spinelli (qui se retrouveront sur le film de S.F Chaos Walking et la série TV Impulse adaptation de son film Jumper ) évitent de rendre incompréhensible une intrigue complexe où mêlent CIA, Cartels Colombiens, Contras et Maison Blanche .

Barry Seal (Tom Cruise) en mauvaise posture mais ca va s’arranger…peut-être

Mais derrière cette aventure individuelle picaresque et en dépit d’un ton délibérément léger – le film fourmille d’épisodes comiques qui tournent en particulier autour des déboires de Barry pour gérer les quantités monumentales d’argent liquide que génère son trafic qu’il blanchi dans un trou perdu de l’Arkansas baptisé Mena –  Barry Seal : American Traffic évoque les conséquences tragiques pour les gens pris dans la gravité des affrontements de forces titanesques qui les dépassent. Doug Liman diverti mais reste férocement politique intercalant les lénifiants discours antidrogue du couple Reagan et des auditions des protagonistes de l’affaire Iran-Contra (Arthur L. Liman son père avocat servira de conseiller principal pour ces audiences au Sénat).Visuellement le film est sensationnel baigné dans les couleurs chaudes de la sublime photographie de l’uruguayen César Charlone (La Cité de Dieu) avec un travail de caméra et des prises de vue aériennes incroyables.

Barry Seal et ses partenaires de business

Le film est conçu sur mesure pour Tom Cruise (un pilote casse-cou hyper-compétent au sourire permanent COME ON !!!), la star de cinquante cinq ans ans (un age purement indicatif à le voir ) après une série de contre-performances revient au top de sa forme et livre une prestation charismatique. Si dans une scene  il écorne un des attributs les plus célèbres de son succès, Cruise ne s’aventure pas trop loin dans son coté obscur, comme il a pu le faire dans Magnolia. Aussi amoral soit-il –  Barry Seal ne se soucie jamais des implications éthiques de ses actes, pas plus qu’il ne semble choqué du niveau de corruption et d’hypocrisie qu’il rencontre au plus haut  de l’état américain  –  le personnage apparaît toujours éminemment sympathique : fidèle en amour , ne touchant jamais malgré des fêtes orgiaques à son « produit » la  personnalité solaire de Cruise en éclipse les aspects les plus sombres.  Toutefois malgré cette  personnalité si définie la star sait offrir suffisamment de variations pour la rendre toujours intéressante. Il nous fait ressentir que pour malgré son audace, son charme et sa capacité d’adaptation, son Barry Seal n’est qu’un rouage parmi des milliers jouet de forces qui le dépassent prêtes à débarrasser de lui quand il aura perdu son  utilité à leurs yeux.  Si le film  orbite autour de Cruise, Liman l’entoure d’une galaxie de second rôles solides (même si  certains comme Jesse Plemons semble avoir été sacrifié au gré des remontages, son shérif semblant destiné à jouer un plus grand rôle) Sarah Wright impressionne dans le rôle Lucy l’épouse de Seal, Caleb Landry Jones (Get-Out) compose un de ses personnages peu reluisants dont il a le secret tout en lui donnant un coté tragique, Domhall Gleason est à la fois  méphistophélique dans ses rapports avec Seal mais se révèle un bureaucrate médiocrement ordinaire incarnant la double nature  des forces en jeu.

Conclusion : Rythmé , surprenant et  drôle BARRY SEAL : AMERICAN TRAFFIC est un ride  passionnant à travers la face cachée de l’histoire américaine  grâce la mise en scène propulsive de Doug Liman et une performance charismatique d’un Tom Cruise enfin  retrouvé.

Ma Note : A

BARRY SEAL : AMERICAN TRAFFIC (American Made) de Doug Liman (sortie le 13/09/2017)

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