American Assassin (Critique) Zone Bis (C-)

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Nouvelle recrue d’une équipe d’élite officiant pour le contre-espionnage américain, Mitch Rapp va suivre un rude entraînement mené par Stan Hurley, formateur légendaire de la CIA. Face à une vague d’attaques terroristes sans précédent à travers le monde, les deux hommes vont devoir s’attaquer à Ghost, un individu aussi dangereux qu’insaisissable, ayant pour intention de déclencher une guerre nucléaire.

American Assassin est inspiré d’une série de romans très populaires aux Etats-unis qui compte seize volumes à ce jour que tente d’adapter depuis plusieurs années le vétéran Lorenzo Di Bonaventura (Transformers, Deepwater) . Après avoir développé des versions pour des acteurs comme Colin Farrell ou  Matthew Fox, les producteurs décident finalement  de lancer la série avec une version jeune du héros en adaptant  le roman éponyme qui constitue une prequel de la série. C’est donc Dylan O’Brien vedette de la série Teen Wolf et de la franchise « young adult »(réussie) Le Labyrinthe qui est choisi pour incarner le héros Mitch Rapp (après le refus de Chris Hemsworth). A ses cotés Michael Keaton (Bruce Willis fut un temps envisagé) endosse le rôle du mentor, celui du méchant revenant à Taylor Kitsch (John Carter, True Detective). C’est  un pilier de la série Homeland Michael Cuesta (Secret d’état) qui met en scène le script signé  Stephen Schiff (la suite de Wall Street mais surtout un des showrunners de l’excellente série The Americans) dans l’espoir de lancer une nouvelle franchise dans la veine des Bourne ou des Bond mais qui verrait grandir son héros au fil des ans sur le modèle des Harry Potter.

Le film s’ouvre sur une séquence assez traumatisante au regard de l’actualité récente mais particulièrement efficace dans sa mise en scène : l’attaque d’une plage par un commando terroriste où le héros  perd sa fiancée. A cette mise en place succède une seconde partie plus déconcertante qui voit notre héros devenir un autodidacte de l’action antiterroriste, acquérant maîtrise des armes à feu, des arts martiaux et parvenant à infiltrer la cellule Djihadiste responsable de l’attentat depuis  sa chambre (ayant au passage acquis une connaissance de l’Islam digne d’un imam) ! Il  est arrêté puis recruté par la CIA alors qu’il approche enfin la tete du réseau mais le spectateur s’interroge sur ce que le programme d’entrainement auquel l’inscrit Sanaa Lathan va pouvoir lui apporter. Il rejoint bientôt le centre dirigé par Stan Hurley (Michael Keaton) légende du métier (les amateurs de DTV seront ravis de retrouver parmi les « éleves » Scott Adkins en rival de Mitch), ces séquences de formation sont familières mais bien troussées Keaton cabotine mais ce rôle de maître espion badass lui va bien. Bientôt Mitch,  son mentor et son rival sont déployés sur le terrain pour intercepter la vente d’un détonateur nucléaire que tente d’acquérir le mystérieux Ghost au service d’un complot mené par un général iranien. Là encore cette séquences est menée efficacement, c’est le moins qu’on puisse attendre quand on a le  légendaire  Vic Armstrong (Les aventuriers de l’arche perdue, Total Recall) en réalisateur de seconde équipe et Conrad Buff  (T2, True Lies, Training Day) au montage, mais sans rien qui les distingue de ce que produit désormais la télévision avec toutefois plus de sophistication dans l’intrigue. Coté interprétation Dylan O’Brien se sort bien de son personnage de super espion, il en a les qualités physiques et assez de présence pour susciter l’adhésion et son entente avec Michael Keaton fonctionne. Taylor Kitsch que nous apprécions par ailleurs semble passer à coté de son match , jamais vraiment menaçant, il ne « connecte » jamais avec O’Brien ou Keaton privant le film d’un antagoniste à la hauteur .

Nous sommes toujours réticents ici à évoquer le contenu politique d’un film de divertissement mais indéniablement American Assassin offre une vision du Monde conforme à l’idéologie du locataire actuel de la Maison Blanche : l’Iran mère du terrorisme international (après  16 ans de terrorisme sunnite et saoudien) utilisant l’accord signé avec les USA pour se doter de l’arme nucléaire  , racisme sous-jacent, fascination pour la torture et l’arme nucléaire. A mesure que le film avance il semble la qualité de sa production semble se déliter alors qu’il démarre comme une série B cossue elle abandonne ses décors extérieurs (Jordanie , Turquie , Rome) pour des des tunnels sous éclairés, l’action compense son aspect basique par une violence sanglante  plus complaisante qu’ impactante jusqu’à une scène de torture tellement too much qu’elle semble provenir d’un film des ZAZ (Zucker, Abrahams,Zucker collectif de réalisateurs a qui on doit Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, Top secret ! et la série des Y a-t-il un flic….). Si bien que  le film fini par ressembler à une production de Menahem Golan pour le Cannon pictures des années 80 – contenu politique compris –  comme si  American Assassin était un lointain spin-off d’American Ninja !

Ma Note : C-

American Assassin de Michael Cuesta  (sortie le 20/09/2017)

 

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