ALIEN ROMULUS (2024)

Avec Alien: Romulus, Fede Álvarez connu pour ses précédents travaux comme son remake d’Evil Dead (2013) et Don’t Breathe (2016) livre un véritable hommage à l’ensemble de la saga, fusionnant l’horreur claustrophobique de Alien et l’action frénétique de Aliens, tout en intégrant des éléments visuels et narratifs empruntés à chaque opus, y compris Prometheus. Ce mélange entre tradition et modernité donne naissance à un film hybride, à la fois ancré dans son héritage et désireux d’élargir la mythologie de la franchise. Situé entre Alien et Aliens, le film joue avec délectation sur l’idée d’un « Alien dans une maison hantée », un huis clos oppressant où chaque recoin dissimule une menace latente, multipliant les scènes d’angoisse et les affrontements viscéraux dans un décor qui sent la rouille et la crasse. Il s’agit d’un véritable hybride entre les deux premiers opus, mais son ADN incorpore aussi des traces de tous les films de la franchise, y compris Prometheus, dont il intègre certains éléments avec une fluidité remarquable. Álvarez marche sur une ligne fine entre hommage et redite. D’un côté, il maîtrise à la perfection l’art de ce que l’on pourrait qualifier de continuité ingénieuse, en élargissant les ambitions de Weyland-Yutani au-delà de leur obsession pour le Xénomorphe en tant qu’arme ultime. Alien: Romulus étoffe les ambitions de la corporation en intégrant subtilement les avancées narratives introduites dans Prometheuset Covenant. Cette expansion enrichit la mythologie de la saga et ancre encore plus profondément le film dans son univers. De l’autre, il flirte parfois avec la citation lourdingue, en rejouant certains moments cultes au risque d’une impression de déjà-vu. Mais l’ensemble reste efficace, porté par une mise en scène nerveuse et un sens du spectacle qui n’éclipse jamais l’horreur brute et claustrophobe propre à la saga.

Scénaristiquement, Alien: Romulus adopte une approche simple mais efficace : une bande de jeunes colons se retrouve piégée dans un vaisseau à la dérive, transformé en un véritable cauchemar claustrophobique. L’influence des slashers des années 80 où des groupe de jeunes se retrouvent progressivement décimés par une menace implacable est palpable, aussi bien dans la structure du récit que dans son casting rajeuni, pensé pour attirer une nouvelle génération de spectateurs. Cailee Spaeny, déjà remarquée dans Priscilla de Sofia Coppola, incarne avec conviction une protagoniste à l’arc dramatique bien construit. Son personnage suit une évolution convaincante, passant de la fragilité à l’héroïsme avec une justesse qui rappelle l’arc de Ripley sans pour autant le copier. Cet aspect, combiné à l’esthétique crasseuse du film, rappelle les slashers des années 80 . David Jonsson, découvert dans la série Industry particulièrement marquant, campe un personnage nuancé, oscillant entre une retenue maladroite et une froideur calculatrice, créant ainsi un suspense constant quant à ses véritables intentions. Le suspense est également nourri par la présence du synthétique Rook, un animatronique reprenant l’apparence d’Ash (Ian Holm) du premier film. Ce choix controversé, bien que surprenant, ne nuit pas à l’immersion. Il aurait néanmoins pu être confié à un acteur humain, type Andrew Scott, sans véritable perte en intensité dramatique.

Sur le plan visuel, Alien: Romulus est une réussite. Dès les premières scènes, le film impose une esthétique viscérale et tactile, où l’utilisation de décors en dur et d’effets pratiques renforce son atmosphère poisseuse et immersive. Sa facture renouant avec l’esthétique organique qui faisait la force des premiers opus. Álvarez et son équipe, supervisée par Chris Seagers supervisant la direction artistique et Neal Scanlan les effets spéciaux de exploitent intelligemment un budget relativement modeste en combinant habilement effets analogiques (maquettes, animatroniques, vastes décors physiques) et effets numériques. Ce mélange confère au film une texture tangible qui manque cruellement à bien des productions modernes. Les scènes d’amarrage, les animatroniques et les gigantesques décors confèrent à l’ensemble une authenticité rare dans le cinéma contemporain. L’attention portée aux maquettes et aux effets pratiques rappelle l’âge d’or des Alien, tout en tirant parti des avancées technologiques modernes pour sublimer le résultat final. La photographie soignée de Galo Olivares renforce cette immersion crue et palpable. Du côté des Xénomorphes, Álvarez ne lésine pas sur l’horreur. Les créatures y sont plus terrifiantes que jamais, mises en scène avec une brutalité qui rappelle les moments les plus marquants de la saga. Les scènes de confrontation sont superbement chorégraphiées, alliant tension insoutenable et explosions de violence pure. Le film excelle également dans ces séquences d’action La mise en scène, à la fois ample et précise, restitue la puissance terrifiante de ces créatures emblématiques.

Conclusion :Malgré quelques facilités narratives et un léger manque d’originalité dans certains choix, en fin de compte, Alien: Romulus s’impose comme une réussite pour Fede Álvarez, qui parvient à conjuguer la tension suffocante de Ridley Scott et le chaos maîtrisé de James Cameron dans une œuvre à la fois nostalgique et percutante. En s’inspirant des slashers des années 80 et en ramenant une dimension tactile au sein de la franchise, il livre un opus qui s’inscrit naturellement dans la lignée de ses prédécesseurs. Si certaines références frôlent l’excès et que le rythme souffre de quelques longueurs, l’ensemble demeure un retour réussi aux racines de la saga, prouvant qu’il reste encore des histoires à raconter dans l’univers d’Alien.

Ma Note : B+

Un commentaire

Répondre à princecranoir Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.