[Blast From the Past] Le Beau-Père (the Stepfather) 1987

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Les années 80 suite aux succès d’Halloween et Vendredi 13 ont été celles du slasher ou des hordes d’étudiants libidineux tombaient sous les coups de psychopathes se distinguant  par un masque ou un gimmick. C’est dans ce paysage que débarqua ce mystérieux beau-père qui eut la bonne idée d’injecter à la recette du bon vieux suspense Hitchcockien…

« Maintenant, examinons le suspense. La bombe est sous la table et le public le sait, probablement parce qu’il a vu l’anarchiste la déposer. Le public sait que la bombe explosera à une heure et il sait qu’il est une heure moins le quart – il y a une horloge dans le décor ; la même conversation anodine devient tout à coup très intéressante parce que le public participe à la scène (…).  » – Alfred Hitchcock

C’est donc cette recette  que livrait le bon Hitch lors de ses entretiens avec Francois Truffaut que les scénariste Donald Westlake (auteur culte de polar on lui doit la création du personnage de Parker) , Brian Garfield (auteur du roman Death Wish dont l’adaptation à l’écran est le fameux Justicier dans la Ville avec Charles bronson ) et le réalisateur joseph Ruben auteur 3 ans plus tôt d’un excellent film fantastique Dreamscape eurent la bonne idée d’adjoindre à la mécanique du slasher.

Le Beau-père éponyme est donc un mystérieux psychopathe qui idéalise tant les valeurs familiales qu’il est à la recherche perpétuelle  de la famille idéale, il épouse ainsi des divorcées ou des veuves avec enfants . Mais dés que sa nouvelle famille s’écarte de son idéal et refuse de se plier à ses règles strictes il l’éxecute prend une nouvelle identité , change d’apparence et de ville pour poursuivre sa quête. L’ouverture glaçante du film résume le modus-operandi du Stepfather montrant un homme se préparer méticuleusement dans sa salle de bains alors que la caméra s’attarde sur sa famille massacrée à la hache dans le reste de la maison. Dés lors quand on assiste au mariage du mystérieux Jerry Blake avec Susan Maine mère d’une adolescente  le spectateur sait qu’un compte à rebours  est enclenché , la fameuse bombe sous la table d’Hitchcock…

Le film doit sa réussite à cette mécanique implacable du script de Westlake  retranscrite parfaitement par la mise en scène sobre de Ruben  et l’interprétation  hallucinée de Terry O’Quinn.le futur Locke de la série Lost est excellent dans la peau de ce maniaque cameléon  qui fini par être  dévoré par son obsession de l’ordre. A chaque contrariété on voit s’effriter ce masque de père idéal de sitcom pour laisser apparaître un maniaque terrifiant.

Plus thriller que film d’horreur  car essentiellement basé sur la tension et le suspense, Stepfather est aussi une satire des extrémistes de (de droite) chantres des valeurs familiales qui fleurissent à cette époque aux Etats-Unis dans le sillage de la révolution conservatrice qui a suivi l’élection de Ronald Reagan. Le sujet est redevenu d’actualité avec l’émergence du Tea Party aux USA et son pendant français  avec la Manif pour tous ici dont on se doute que le Beau-père serait un franc soutien.

Le succès du film ouvrira la porte des grands studios à Joseph Ruben hélas pour des thrillers standardisés qui ne seront que des versions édulcorées du Beau-pere comme « les Nuits avec mon Ennemi » véhicule pour  Julia Roberts ou le « Bon Fils » donnant un rôle à contre-emploi à Macaulay Caulkin. Le film fera l’objet d’une suite/ décalque et recemment d’un remake franchement raté.

Conclusion : Le Beau-père est un modèle de thriller qui n’a rien perdu de son efficacité en partie grâce à la mécanique de son script et au jeu halluciné de Terry O’Quinn.

Ma Note : B+

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