Night Run : la nuit tous les Liam sont gris …[Critique]

2015_run_all_night_movie-wide Derrière son affiche ressemblant à une publicité BFM la troisième collaboration de Liam Neeson avec le réalisateur Jaume Collet-Serra Night Run cache t’il une copie de Taken ou tout simplement une série B dans la tradition ?

C’est un raccourci un peu simpliste que de penser que tous les films d’action dans lesquels joue Liam Neeson sont des décalques de Taken même si c’est bien le succès du film de Pierre Morel qui l’a propulsé héros d’action des années 2010. Ainsi le script de Brad Ingelsby (« Les brasiers de la colére« ) qui date de 2012  n’a pas été écrit comme un véhicule pour Neeson mais comme un film noir dans le milieu Irlandais dans la veine de State of Grace –  Les anges de la nuit (film avec Sean Penn et Gary Oldman que je vous recommande chaudement). Jimmy Conlon « Le Fossoyeur » (Liam Neeson) fut autrefois un redoutable tueur à gages au service du mafieux irlandais Shawn Maguire (Ed Harris), retraité aujourd’hui il noie dans l’alcool les remords qui le hantent, contraint de quémander des faveurs à l’héritier désigné de Shawn son fils Danny (Boyd Holbrook)  aussi impitoyable que son père mais dénué de toute éthique. Le fils de Jimmy Michael (Joel Kinnaman),  qui a coupé les ponts avec son père, en revanche a une vie rangée auprès de sa femme et ses deux fillettes. Chauffeur de limousine il est le témoin de l’exécution de dealers albanais (le seul lien du film avec Taken du coup) par Danny, traqué il ne doit sa survie qu’à son père mais après que celui-ci ait abattu Danny les voila tous deux la cible de la vengeance de Shawn…La nuit sera longue.

Les Conlon pére et fils (Liam Neeson et Joel Kinnaman)
Les Conlon pére et fils (Liam Neeson et Joel Kinnaman)

J’ai apprécié les précédentes collaborations du tandem Jaume Collet-Serra et Liam Neeson deux solides séries B « Sans Identité » et « Non Stop »( bien plus réussies que les suites de Taken par exemple) et  Night Run poursuit dans cette veine  « pulp ». Certes Night Run ne couvre pas vraiment de  terrain neuf et reprend de nombreuses conventions de film noir : la rédemption du tueur hanté par son passé violent et traqué par ses ex-complices, le père et le fils contraint de se rapprocher, les policiers véreux et l’inspecteur vertueux qui seuls peut les aider, le tueur implacable rival du héros etc.. mais Collet-Serra leur apporte assez d’ intensité  et d’émotions aidé  par des acteurs investis dans leurs rôles pour en tirer un spectacle efficace. En tête d’affiche bien sur Liam Neeson qui malgré les railleries se distingue d’un Charles Bronson devenu lui aussi action hero sur le tard par sa  personnalité  chaleureuse et un jeu plus nuancé. Il parvient à transmettre ce mélange de tendresse et de droiture  mais aussi de brutalité idéal pour le rôle. Si il y a une concession a son statut d’action hero c’est la transition un peu abrupte (le film se déroule sur 16 heures) de Jimmy d’une  épave alcoolisé à l’homme d’action de la seconde partie du film. Il trouve un partenaire  à sa hauteur avec Ed Harris dans le rôle de son vieil ami devenu ennemi mortel, leur confrontations est tendue et le regard bleu acier d’Harris dans son visage raviné r fait passer à la fois souffrance et cruauté. Joel Kinnaman n’est pas mauvais mais apparaît un peu falot face aux fortes personnalité du film.

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Les vieux de la vieille Ed Harris vs Liam Neeson

La mise en scène de Collet-Serra même si il abuse parfois d’effets un peu « flashy »  (comme ses zooms virtuels à la travers la ville qui semble en décalage avec l’atmosphère de film noir) est efficace et de loin sa plus ambitieuse. Elle nous immerge vraiment au cœur du New York nocturne sublimé par la photographie atmosphérique de Martin Ruhe (Control, Harry Brown) comme rarement. On est pas seulement dans deux rues reconstituées en studios mais au coeur de la mégapole, les grandes scènes du film bénéficient de cette immersion comme cette poursuite en voitures sur Jamaica avenue.La  scène d’action majeure du film couvre plusieurs étages d’un gigantesque immeuble d’une cité  ou  les Conlons tentent de retrouver un enfant témoin du meurtre qui pourra innocenter Michael tout en esquivant un tueur à gages implacable (un surprenant Common sans barbe en mode Terminator  ). Incorporant du parkour, un fight dans un appartement en feu  Collet-Serra affiche un sacré savoir-faire logistique. Pour la première fois j’ai apprécié le score pulsatif de Junkie XL (Tom Holkenborg) le DJ hollandais protégé d’Hans Zimmer qui va assurer prochainement le score de Mad Max Fury Road et au coté de son mentor les thèmes de Batman pour Batman v Superman Dawn of Justice. Certaines sonorités m’ont rappelé le Brad Fiedel de Terminator.

Conclusion : Night Run est une solide série B  portée par un Liam Neeson quoi qu’on en dise toujours impeccable qui ne révolutionne certes pas le genre mais en utilise efficacement les conventions pour offrir un spectacle idéal pour un samedi soir.

Ma Note : B

Night Run de Jaume Collet-Serra sortie le 11/03/2015

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