AMERICAN NIGHTMARE 4: LES ORIGINES [Critique] Black(LivesMatter)Sploitation

 

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Le premier The Purge était un home-invasion très classique qui se reposait sur un excellent concept – le  gouvernement  des Nouveaux Pères Fondateurs une cabale d’extrême droite (mélangeant les 1%, la NRA et la religion) rend légal chaque année tout crime durant une période 12 heures pour « purger » la société , que son auteur James DeMonaco (scénariste du solide Négociateur et du bon remake de Assaut) a décliné dans ses suites en deux excellentes séries B d’inspiration Carpenterienne. Pour ce quatrième volet qui explore les origines de la Purge (son titre original étant La Première Purge) DeMonaco est toujours à l’écriture mais cède sa place de réalisateur à un jeune réalisateur afro-américain Gerard McMurray (producteur du Fruitvale Station de Ryan Coogler) choix loin d’être innocent puisque cette histoire qui pouvait ressembler à un conte pour effrayer les enfants de la génération Obama prend sous l’ère Trump l’allure d’une anticipation crédible.

Apres le home-invasion puis le film d’inspiration Carpenteresque la franchise American Nightmare  – The Purge dans la grande tradition du film d’exploitation surfe sur le contexte de tensions raciales qui atteignent leur paroxysme aux Etats-Unis après l’élection de Donald Trump  pour produire le premier film de ce qu’on pourrait qualifier de BlackLivesMatterSploitation. Avec ses héros afro-américains fiers et libres de leurs choix de vie qui résistent aux blancs, quasiment ici tous racistes et  leur répondent American Nightmare  4 Les origines  adhère aux principes de la blaxploitation.  Le film de Gerard McMurray  mêle les figures des deux précédentes vagues du genre : l’originale née dans les années 70 du désenchantement ayant suivi les lutte pour les droits civiques et la guerre du Vietnam mais aussi la seconde , des années 90 portée par  la culture hip-hop , le rap et la nouvelle conscience politique de la communauté noire américaine  dans la foulée de l’acquittement des policiers ayant tabassé Rodney King .  On retrouve donc chez les protagonistes de American Nightmare  4 Les origines  les grandes figures du « film de Hood »  avec son héros Dmitri (Y’lan Noel) dealer et pimp flamboyant sur le modèle de Nino Brown  le personnage de Wesley Snipes dans New Jack City , son ex-copine devenu activiste des politique Nya (Lex Scott Davis  bientôt dans le remake du classique de la blaxploitation Superfly ) qui tente, autre motif récurrent du genre , d’arracher  son petit frère Isaiah (Joivan Wade) à l’influence des  gangs de rue. Même le psychopathe incontrôlable Skeletor (Rotimi Paul impressionnant dés la première image) évoque ses personnages imprévisibles comme le O’Dog du Menace II Society des frères Hugues.

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La première partie du film nous les présente tout en décrivant  les préparatifs de cette première purge « expérimentale » que le gouvernement des Nouveaux Pères Fondateurs fraîchement élu a décidé de conduire dans leur quartier de Staten Island. Ce dernier a été choisi par  Arlo Sabian (Patch Darragh) et la psychologue Updale (Marisa Tomei un peu sacrifiée dans un personnage sous-écrit) auteure des  fumeuses théories d’ingénierie sociale sur lesquelles reposent cette initiative, pour son taux de pauvreté et de criminalité que la libération de la violence est censé « purger ». On y suit les entretiens « psychologiques » menés auprès des habitants du quartier pour les inciter moyennant finances à participer à l’ »événement ». Ces séquences servent plusieurs objectifs : elles mettent en place les règles de cette Purge , introduisant un mécanisme absent des films suivants puisqu’on  remet aux volontaires des lentilles de contact permettant de retransmettre en direct ce qu’ils voient leur donnant au passage  dans la nuit un aspect inquiétant de zombies aux yeux fluorescents. Elles justifient ce qui pousse les résidents à ne pas fuir l’île avant qu’elle ne soit bouclée (l’influence de John Carpenter n’est décidément jamais loin dans cette franchise) et servent comme pour ses prédécesseurs au scénariste James Demonaco  à injecter un commentaire politique  dans une enveloppe de série B. Ici  l’idée que malgré la pauvreté et le crime l’absence de règles ne réduits pas spontanément les habitants à l’état sauvage , malgré quelques incidents le plus souvent le fait de déséquilibrés et des règlements de compte il faut une manipulation active des autorités pour déclencher le carnage attendu.

Film Title: The First Purge

Mais American Nightmare  4 Les origines n’est pas un film de Costa Gavras et ce fond social sert avant tout de prétexte au mélange action-horreur qu’on est en droit d’attendre d’une coproduction de Jason Blum (Sinister, Insidious) et de Michael Bay.  La mise en scène de  Gerard McMurray  est moins rigoureuse que celle de  James Demonaco  mais  malgré un budget modeste enchaîne les séquences d’action et d’horreur dans un esprit résolument bis avec des gunfights sanglants et des mano a mano dignes des productions Cannon Group.  Le dernier acte du film extrêmement généreux en violence se transforme même , toujours dans la tradition de la blaxploitation en un « Black Die Hard » où notre héros en Marcel (un Y’lan Noel  très convaincant à l’image de l’ensemble du casting  qui évoque un  Wesley Snipes  jeune)  affronte  une milice néonazie constituée de blonds aux yeux bleus portant des masques de « blackface » menée par un colosse en habit gestapiste (on peut pas faire plus subtil)  !  Comme dans les précédents  American Nightmare  4 Les origines soigne toujours le look de ses affreux et est parsemé de visions  bizarres comme le « pussy-graber » (un des clins d’œil les plus évidents à l’actuel locataire de la Maison Blanche )  violeur en série qui attire ses victimes avec un étrange masque fait de poupons !!!

Conclusion : Certes on pourra penser que le message du film est parfois ambigu puisqu’il entretient finalement certains stéréotypes racistes qu’il dénonce mais American Nightmare  4 Les origines  parce qu’il fait vivre un esprit « Bis » de vidéoclub et de cinéma de quartier , putassier mais  jubilatoire nous est plus sympathiques que certaines productions plus respectables.

Ma Note : B

American Nightmare 4: Les origines de Gerard McMurray(sortie le 20/07/2016)

 

 

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