
Précédé d’une réputation d’un tournage chaotique, World War Z arrive enfin sur nos écrans. Le film, marqué par des dépassements de budget, des disputes entre techniciens et la réécriture puis le tournage d’une nouvelle fin, a suscité de nombreuses interrogations. Alors, que penser de cette superproduction de zombies à 200 millions de dollars, produite et interprétée par Brad Pitt ? Réussite ou série Z ? Tout d’abord, il convient de souligner que le pari risqué d’un film de zombies classé PG-13, donc « tout public », est réussi. En remplaçant la révulsion caractéristique des films d’horreur par une tension permanente et en optant pour un style d’action militaire catastrophe, World War Z réussit à captiver son public. Avec un rythme effréné, le film maintient le spectateur dans un état d’angoisse pendant les deux tiers de sa durée, rendant l’expérience immersive et palpitante. La réalisation de Marc Forster ( Quantum of Solace) pourrait sembler compromise par des problèmes liés à la direction de scènes d’action de grande envergure, mais cela ne transparaît pas dans le produit final. En effet, il est soutenu par son directeur de seconde équipe, Simon Crane ( Troy, Total Recall), et par le monteur vétéran Roger Barton ( Transformers, Bad Boys II), tous deux d’ardents défenseurs du genre. Ensemble, ils parviennent à créer une dynamique efficace qui donne vie à des séquences d’action mémorables. L’imagerie apocalyptique est particulièrement impressionnante grâce à un budget gargantuesque, qui confère au film une dimension épique. L’éruption de la contagion à Philadelphie et le siège de Jérusalem (largement exposé dans les bandes annonces) constituent les moments forts de cette production. Les scènes sont filmées avec une intensité qui souligne l’ampleur de la catastrophe, et les décors, d’une qualité visuelle saisissante, plongent le spectateur dans un univers chaotique. Les « vedettes » du film, les zombies, s’inscrivent dans la lignée des créations de Zack Snyder avec leur vélocité incroyable. Cependant, World War Z apporte sa propre contribution au genre. Individuellement féroces, ces créatures se regroupent pour former de véritables marées destructrices, évoquant des troupeaux de gnous ou des colonnes de fourmis rouges, rendant leur avancée inexorable. Cette approche collective des zombies offre une nouvelle dimension à la menace qu’ils représentent, soulignant leur capacité à surmonter les obstacles. D’ailleurs, le film plonge dans une ambiance particulièrement sombre et pessimiste, atypique pour un divertissement estival de cette envergure. Brad Pitt, dans le rôle du globe-trotter en quête de solutions, assiste à la chute des derniers bastions de l’humanité. La scène nocturne en Corée, très atmosphérique, en est l’exemple le plus frappant. On y retrouve d’ailleurs James Badge Dale ( Flight, Iron Man 3, Lone Ranger) qui brille dans le rôle d’un Navy Seal, apportant une touche de réalisme à la situation désespérée. Le reste du casting est également de qualité. Étrangement, c’est Brad Pitt, l’acteur principal et producteur, qui semble le moins concerné par l’horreur qui se déroule autour de lui. Il traverse le film avec un détachement étrange, affichant une indestructibilité qui rappelle les personnages de Bruce Willis dans Die Hard et Incassable, réunis dans une seule entité. Cependant Pitt et la Paramount se sont montrés peu satisfaits du dernier acte écrit par Matthew Michael Carnahan ( Le Royaume). Ce dernier, déjà tourné, était considéré comme trop « Ramboesque« . En conséquence, Damon Lindelof ( Lost, Prometheus) a été convoqué pour réécrire une fin jugée émotionnellement plus satisfaisante. Bien que j’adore l’écriture de Lindelof, et que ces scènes fonctionnent bien individuellement—avec les touches d’humour et d’humanité caractéristiques de l’auteur—j’ai trouvé que la rupture de ton, de rythme et de style était trop brutale par rapport au reste du film. Nous nous retrouvons ainsi dans des figures plus classiques du genre, ce qui leur fait perdre de leur impact, et, par conséquent, nuit à la cohérence globale de l’œuvre. Il est à noter que dans la conclusion on entrevoit des fragments de la fin originelle se déroulant en Russie
Conclusion, World War Z, plus proche de Independence Day que de Dawn of the Dead, s’affirme comme un ride apocalyptique intense, rythmé et épique. Le film parvient globalement à relever le défi d’un film de zombies tout public, offrant une expérience immersive en lui offrant un regard nouveau sur le genre.
Ma Note : B
Et en bonus la « world famous » critique NoPopCorn.fr !