Le Blockbuster n’existe pas : définition et histoire du BlockBuster – Part I

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Le terme blockbuster est utilisé souvent à tord et à travers par les adversaires déclarés d’un certain cinéma de divertissement comme un épouvantail censé incarné toutes les tares du cinéma commercial. Le terme pourtant couvre des concepts assez différent que nous allons parcourir ici.

LE REQUIN QUI A MANGE LE BOX-OFFICE

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Mais remontons le  temps jusqu’au 20 juin 1975   jour de la sortie aux USA de Jaws d’un certain Steven Spielberg (dont le nom allait devenir indissociable du terme) considéré comme le jour de la naissance du blockbuster moderne. Pour la première fois un film allait rapporter plus de 100 millions de dollars de recettes aux USA véritable « mur du son » du Box-Office qu’avaient approché les années précédentes The Godfather (86 millions) et l’Exorciste (89 millions).

Pour qualifier le phénomène Michael Eisner (futur dirigeant historique de  Disney et à l’époque à la tête de la Paramount) donne le nom de « super-grosser » qu’il défini comme étant plus qu’un succès commercial mais un  véritable phénomène de société : il faut absolument avoir vu le film et les spectateurs retournent voir le film de multiples fois pour reproduire l' »expérience » en augmentant d’autant les recettes. Sa définition est bonne mais c’est un vieux terme inspiré des bombes de la seconde guerre mondiale  utilisé pour qualifier de grands succès  comme Gone with the wind qui refait surface et s’impose dans le langage courant : le Blockbuster.

Sa définition moderne est celle-ci : un film qui passe les 100 millions de $ de recettes au box office US.

Ainsi pour  un spectateur des années 80 dire qu’un blockbuster s’est planté au box-office est un non-sens.

DES JOUETS ET DES DOLLARS

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Le triomphe de Jaws aurait pu rester un  phénomène isolé mais deux ans après , en 1977 un film se déroulant il y a très longtemps dans une galaxie très lointaine va pulvériser à nouveau tous les records précédents faisant définitivement entrer Hollywood à l’ère du blockbuster. Star Wars  ajoute un élément capital, George Lucas négocie avec la Fox les droits des produits dérivés. A l’époque à l’exception de quelques T-Shirt vus uniquement sous l’angle publicitaire le merchandising est inexistant le studio les cède donc sans rechigner. Grave erreur : s’appuyant sur la véritable communauté de fans qu’a enfanté le film l’exploitation de la licence Star Wars va générer une fortune considérable comparable à celle de l’exploitation en salles.

A cette époque qui voit les studios  rachetés par des multinationales  la naissance d’un « fandom » (communauté de fans autour d’un film) , les recettes du merchandising vont pousser les majors a créer chaque années  des films « ‘événements » (Event pictures) aux  budget de plus en plus élevés  s’appuyant sur un bombardement marketing précédant leur sortie en salles. Toute la  stratégie   des producteurs et distributeurs s’articule alors  chaque année autour de « Tentpoles » (comme le pilier principal d’un  chapiteau de cirque) qui supporte l’avenir des studios. Dés le début des années 80 les critiques mettent en cause cette  politique  comme étant la cause de la disparition d’un certain cinéma plus audacieux tels qu’il se pratiquait dans les années 70 . Les coûts de production croissant les studios sont devenus allergiques aux risques et leur film s’aligne sur le  «plus petits dénominateurs communs» pour attirer les foules. Le public jeune plus consommateur est plus particulièrement visé les genres les touchant le plus Action-Fantasy-SF sont privilégiés. (A noter que dés l’origine le blockbuster est marqué du stigmate du mépris critique, malgré son succès et ses qualités Jaws ne remporte aucun Oscar majeur, il faudra attendre le triomphe du « Return of the King » de Peter Jackson pour que cet anathème soit levé.)

DE LA BOMBE AU BIDE évolution du terme blockbuster

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Du fait de cette stratégie le terme de blockbuster subi un véritable glissement sémantique, défini jadis par son succès le blockbuster est qualifié désormais par l’ampleur de son son budget  et la puissance de son  marketing. Chaque année déferlent donc des films conçus pour un succès maximal tant est si bien que le blockbuster devient presque un genre dans l’esprit du public. Il devient concevable  de se référer à des films à la fois comme des blockbuster et des fours au box-office. Suivant leur destin les deux définitions peuvent s’appliquer.

De nouveaux termes sont apparus mettant en opposition les deux définitions du  blockbuster : ainsi un film doté d’un budget réduit dont on attend pas un grand succès  mais qui réalise des recettes de blockbusters sera qualifié de Sleeper hit.

Dans les deux cas les seuils qui qualifie un blockbuster ont évolués sous l’influence de  l’inflation du prix du ticket du cinéma, du parc de salles et des budgets . On peut dire que si la barre des 100 millions reste symbolique elle est remplacée de nos jours par celle des 200 millions de recettes sur le territoires US. De même James Cameron sera le premier à réaliser un film dépassant les 100 (T2) puis les 200 millions de $ (Titanic) devenu depuis des budgets de production courants de ce type de films (il a meme passé la barre des 400 millions avec Avatar).

DEMAIN LE MONDE

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Le territoire américain devient vite insuffisant pour amortir les coûts considérables de ces films d’autant qu’il   faut ajouter au budget de production la même somme en budget marketing. Jadis négligés les marchés extérieurs deviennent capitaux , il n’est plus rare de voir le ratio entre recettes US et internationales pencher du coté de ces dernières. Pacific Rim de Guillermo Del Toro échec aux USA aura droit à une suite grâce à son succès international , en Asie en particulier.

Ainsi une nouvelle catégorie de blockbuster émerge, devenu le Graal des studios  avec son seuil propre : le Billion Dollar Movie film rapportant un milliard de $ de recettes sur son exploitation internationale. Ce club très fermé compte 20 films depuis le premier d’entre eux le Titanic de James Cameron.

En dehors de film qui deviennent de véritables phénomènes de société comme Titanic ou Avatar le marché asiatique en particulier est devenu indispensable pour atteindre ce niveau de recettes (ainsi que l’apport de la 3D qui en gonflant le prix du ticket en fait de même pour les recettes). Ainsi cet été Transformers : Age of Extinction de Michael Bay malgré des recettes en baisse aux USA passera le milliard grâce aux 300 millions de dollars (un record) récolté en Chine et le phénomène s’est reproduit cette année avec Fast & Furious 7 dont les recettes chinoises ont dépassées les revenus US .L’extension du marché chinois a déjà un impact sur la nature des blockbusters , le climax du film se déroule en Chine, les studios entrent en coproduction avec des firmes locales. Iron Man 3 autre film coproduit avec un partenaire chinois a même un montage spécifique pour le pays avec des scènes tournées avec des acteurs locaux.

Ainsi le Blockbuster terme générique couvre de nombreuses réalités et ne cesse d’évoluer au gré des évolutions stylistiques, commerciales et techniques. 

A suivre …Dans une seconde partie nous explorerons l’évolution des différentes saisons du blockbuster du « Summer Blockbuster  » au « Blockbuster toute l’année ».

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