DUMBO (Critique)

Disney entreprend depuis vingt-trois ans déjà, Les 101 Dalmatiens en 1996, l’adaptation en prises de vue réelles (terme assez ironique au regard de la proportion d’effets numériques) de ses classiques du dessin-animé pour les faire vivre auprès d’une nouvelle génération (ou continuer à exploiter les propriétés intellectuelles). Tim Burton avait déjà signé  avec Alice au pays des merveilles une de ces adaptations (et l’un de ses pires films) en 2010 resté jusqu’à La belle et la bête de 2017 le plus gros succès du genre et  replonge avec cette adaptation du classique de 1941  Dumbo sans doute car aucun de ses derniers films (Dark Shadows,  Frankenweenie, Big Eyes et Miss Peregrine et les Enfants particuliers ) n’a retrouvé les faveurs du public et de la critique.

Le Dumbo original (un des dessins animés les plus brefs de la firme à cause des économies réalisées durant sa production ) avait été mis en pour  compenser les faibles recettes de Pinocchio et Fantasia. Malgré sa brièveté le film était  devenu l’un des films préférés du public grâce à son histoire simple mais émouvante. Le scénario signé Ehren Kruger (Transformers 2,3,4 mais aussi l’excellent Arlington Road )  prend des libertés dans son adaptation du film d’animation de 1941, réinterprète les figures et les moments marquants du film de Ben Sharpsteen comme le défilé d’éléphants roses  mais élargit l’histoire pour y inclure les perspectives de plusieurs personnages humains là où le film d’animation se plaçait  strictement du point de vue de Dumbo et ses compagnons animaux . On retrouve ainsi dans le rôle du père des enfants qui se prennent d’affection pour Dumbo,  Colin Farrell (un rôle abandonné par Will Smith) et trois habitués du cinéma de Burton : sa nouvelle muse  Eva Green en trapéziste, plus chaleureuse qu’à son habitude, , Danny DeVito en propriétaire du cirque, un rôle similaire à celui qu’il tenait déjà dans Big Fish et Michael Keaton qui retrouve le réalisateur  vingt-sept ans après Batman le défi (dans lequel il partageait déjà l’affiche avec DeVito).  A l’image de l’original Dumbo 2019 reste un récit assez simple mais l’histoire se répète car c’est cette même simplicité qui contribue à la réussite de la version de l’auteur de Mars Attacks. En dépit de la sophistication de sa direction artistique (la firme à la souris n’a certainement pas rogné cette fois sur le budget) garde une belle atmosphère de film familial un peu surannée qui fonctionne car elle n’est jamais cynique. Si il ne faut pas s’attendre à une grande profondeur dans le développement  des personnages tous les comédiens les habitent avec assez d’authenticité pour les rendre attachants, parfaitement conscients du ton du film. Colin Farrell habitué à des rôles plus sombres surprend par l’équilibre entre sérieux, comique et émotion qu’il apporte à son personnage et se montre particulièrement à l’aise dans l’univers de Burton. Le script de Kruger avec ses freaks et ses bras cassés enthousiastes est taillé sur mesure pour Burton, Dumbo est aussi une figure Burtonienne outsider muet rejeté par sa communauté dont la différence devient un pouvoir. Il  introduit un message émouvant et actuel sur les droits des animaux ou l’éducation des filles. Burton et Kruger livrent également un commentaire ironique (et méta) sur l’industrie du divertissement en faisant du méchant de l’histoire V. A. Vandevere un businessman cynique et cruel mélange entre  PT Barnum et  Walt Disney (incarné par Michael Keaton dans un rôle  destiné initialement à Tom Hanks qui avait déjà interprété Walt Disney dans A l’ombre de Mary) et de ses héros des outsiders qui ébranlent une corporation du divertissement. Mais il en faut plus pour effaroucher la machine Disney !

Evidemment Dumbo est une pure œuvre de commande , une entreprise commerciale pour laquelle Disney s’est acheté le nom et l’esthétique Burton mais en lui permettant de réunir  ses collaborateurs habituels évidemment Danny Elfman à la musique Colleen Atwood (quasiment tous ses films depuis Edward aux mains d’argent) pour les costumes, Chris Lebenzon (quasiment tous ses films depuis Batman, le défi) , aux décors Rick Heinrichs (Sleepy hollow) la troupe se renforçant avec Ben Davis (Les gardiens de la galaxie, 3 Billboards: Les panneaux de la vengeance beaucoup plus inspiré ici que pour Captain Marvel) et leur offrant les moyens de leurs ambitions, la Maison à la Souris lui permettant d’effacer de sa filmographie la tache fluorescente de sa précédente adaptation d’un classique Disney, l’immonde Alice au pays des merveilles. de signer son meilleur film depuis 15 ans. Certes la patine plastique du numérique n’a pas la texture des maquettes et du stop-motion mais si l’effet est distrayant dans les scènes extérieures de la première partie du film, la photographie ambrée de Davis dans la seconde moitié  sublime la conception artistique éblouissante et méticuleuse de Heinrichs. La mise en scène  de Burton est virevoltante à l’image de son pachyderme vedette, une création numérique adorable qu’il utilise parfaitement.

Conclusion : A l’image de son protagoniste le Dumbo de Tim Burton malgré son apparence de pachyderme s’envole, le kid de Burbank signe un film familial visuellement magnifique plein de cœur et de fantaisie, son meilleur depuis prés de 15 ans !

Ma Note : A-

Dumbo de Tim Burton (sortie le 27 mars 2019)

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