It Follows – La (petite) mort aux trousses [critique]

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Sensation à Cannes ou il fut présenté pour la premiére fois le film de David Robert Mitchell offre une variation inédite du slasher, entre drame indé et horreur à la John Carpenter. Est il à la hauteur de sa réputation ?

Une rue paisible d’un quartier pavillonnaire de la banlieue américaine, une jeune fille en sous-vêtements jailli d’une maison terrifiée par une présence que le spectateur ne voit pas , elle retourne dans la maison puis en ressort pour emprunter la voiture familiale et rouler jusqu’à une plage ou elle dit adieu à sa famille sur son portable. Au matin ont retrouve son corps brisé sur la plage…Dés sa scène d’ouverture  It follows pose les bases de ce qui va suivre irruption du surnaturel dans un cadre à priori rassurant , musique synthétique angoissante, longs plans l’esprit des maîtres John Carpenter ou Wes Craven plane…

MST (Malédiction Sexuellement Transmissible)

Avant que le spectateur n’ait vraiment eu le temps de réaliser ce qui vient d’arriver il fait la connaissance d’une autre jeune fille  Jay (Maika Monroe) , 19 ans qui vit avec sa mère et sa sœur Kelly (Lili Sepe) dans la même banlieue. Elle a un nouveau petit ami Hugh (Jake Weary) qui après avoir fait l’amour avec elle pour la première fois la chloroforme, la kidnappe et lui apprend qu’il vient de lui transmettre ce qui s’avère etre une MST (malédiction sexuellement transmissible). Elle sera désormais suivie par une entité protéiforme (elle prend l’apparence de gens familiers ou de vos peurs enfouies) marchant vers elle d’un pas lent mais inexorable , la retrouvant ou qu’elle se cache. Seule solution faire l’amour à un autre a qui elle passera le maléfice comme Hugh vient de la faire.

Les règles de It Follows sont d’une effrayante simplicité : l’entité jamais nommée vous suivra, toujours à pied. Vous pouvez brièvement échapper au monstre en voiture mais il revient toujours. C’est d’ailleurs quand il distille ce concept que le film est à son meilleur , Mitchell dans d’impeccables  plans larges révèle progressivement une figure en arrière plan s’approchant toujours plus pres de notre héroine qui lui tourne le dos au premier plan.

Si It follows est si effrayant car le film (et c’est de plus en plus rare) fait PEUR c’est qu’il fait appel à une terreur primale enfouie qui n’a jamais rêvé d’être ainsi poursuivi dans ses cauchemars ? On sort de la salle soulagé tant Mitchell maintient la tension et le malaise malgré un dernier acte un peu bancal.Bien sur on peut voir dans It follows une allégorie des MST et une condamnation un peu puritaine de l’eveil à la sexualité même si celle-ci sauve ici autant qu’elle condamne.

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It Follows..les maitres

Le film ne se rattache pas à une catégorie précise du fantastique mais on y retrouve les empreintes thématiques et graphiques de nombreux maîtres.La démarche mécanique et la lenteur inexorable de l’apparition renvoie aux morts vivants de Romero.Le film lorgne vers le fantastique atmosphérique des débuts comme ceux de Jacques Tourneur   basé sur la suggestion , son film Rendez vous avec la peur adapté de l’histoire Casting the Runes fut un des premiers à traiter de la transmission « virale » d’une malédiction, qui nous renvoie à l’horreur japonaise de films comme  Ringu. On pense aussi aux  Griffes de la Nuit pour ses  jeunes banlieusard  Wasp confrontés à une menace surnaturelle et son aspect oniriqueou le passage du temps est flou , les figures parentales / adultes   quasi-absentes  qui rappellent le classique de Wes Craven.

Mais c’est évidemment l’ombre de John Carpenter qui domine le film sa grammaire visuelle (le décor rappelle l’Haddonfield d’Halloween, les apparitions bord-cadres ou en arriére plan de l’entité rappellent celle de Michael Myers) et sonore (le tres bon score retro-80’s au synthe de Disasterpeace ) est omniprésente dans It Follows. Il faut d’ailleurs noté l’emergence ces trois dernières années d’une véritable école de cinéastes qui se réclament de Carpenter Adam Wingard avec You’re Next et bientôt The Guest (avec aussi l’actrice Maika Monroe) ou Jim Mickle avec Cold in July.

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Mais l’esthétique que  Mitchell donne à son film , la façon élégiaque dont il filme ses jeunes protagonistes appartient tout autant à une certain cinéma indé américain de Gus Van Sant à Sofia Coppola. Grace aux talents de ses jeunes interprètes Mitchell donne à son film  beaucoup de cœur. Maika Monroe  à la fois  lumineuse et mélancolique dans le role Jay est entouré d’un groupe d’amis sympathiques qui tentent de l’aider donnant une ambiance à la Goonies parmi eux un ami d’enfance, Paul (Keir Gilchrist)  amoureux d’elle depuis toujours qui serait ravi de la débarrasser de sa malédiction !

Conclusion : It Follows avec son concept imparable est un parfait exemple de cinéma d’horreur atmosphérique, qui tout en faisant des clins d’ oeil aux maîtres du genre parvient à être à la fois sensible, dérangeant et authentiquement terrifiant.

Ma note : B+

It Follows de David Robert Mitchell  (sortie le 04/02/2015)

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