ANT-MAN & LA GUÊPE [Critique]


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Comme trois ans auparavant avec sa première aventure qui succédait à Avengers L’Ere d’Ultron , Ant-Man & La Guêpe sert de récréation après l’épique Avengers Infinity War. Son réalisateur Peyton Reed (cette fois impliqué depuis la conception du projet, on se souvient qu’il remplaça sur l’original, Edgar Wright) rempile ainsi que les comédiens du premier volet Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña et Michael Douglas rejoints par Laurence Fishburne, Hannah John-Kamen, Walton Goggins et la légende Michelle Pfeiffer. Au scénario c’est Chris McKenna et Erik Sommers (Bienvenue dans la jungle, Spider-Man: HomecomingLego Batman le film) aux cotés de Paul Rudd qui cumule les fonctions. La fin apocalyptique d’Infinity War accroît évidemment l’intérêt pour le film mais pourtant n’espérez pas y trouver de réponses à vos questions. Ant-Man & La Guêpe est un film autonome plus encore que le premier volet qui bénéficiait d’une guest-star du Marvel Universe, même si il traite des conséquences pour Scott Lang de sa participation à  Captain America Civil War , ceci étant dit vous seriez avisé de bien rester après le générique de fin (qui est en plus très réussi)

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Ses détracteurs (mais toujours spectateurs) accusent Marvel Studios d’appliquer une « formule » réduisant leurs films et leur succès à une recette industrielle – sans doute les superproductions de divertissements des autres studios sont élaborés par des artistes bohèmes –  mais à nos yeux Ant-Man & La Guêpe est une illustration de cette formule Marvel à son meilleur, appliquée à l’élaboration d’une suite. On voit très bien le travail de rétro-ingénierie du premier opus réalisé par les auteurs pour en analyser les constituants afin d’élaborer une suite plus efficace, non pas en recopiant servilement ses ingrédients mais en les raffinant pour les rendre meilleur. On retrouve par exemple une scène où comme dans le premier film Luis (Michael Peña) raconte une anecdote qu’on voit interprétée par les acteurs du film, sa voix  se substituant à la leur, mais là où certaines suites l’auraient rallongée elle est ici plus ramassée, plus drôle et efficace. La force d’Ant-man résidait dans la dynamique des relations entre ses protagonistes plus que dans des conflits super-héroïques. Ces dynamiques sont donc ici au centre du film mises en mouvement par une série de problèmes à résoudre plutôt que de combats à mener pour la survie de l’humanité. Les protagonistes sont constamment à la poursuite d’une chose ou d’une autre surmontant les obstacles croissants que le script met sur leur route.

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Ant-Man & La Guêpe est une comédie trépidante qui, si elle n’a pas la solennité d’un Avengers n’est pas complètement dénuée d’enjeux au premier rang desquels, la volonté d’Hank Pym et de sa fille de secourir la Guêpe originale (interprétée par Michele Pfeiffer) perdue depuis 30 ans dans le Quantum Realm. Les deux scientifiques sont convaincus que Scott, seul autre humain à avoir exploré ce monde subatomique à la fin du premier film est la clé pour la retrouver. Problème : depuis les événements de Captain America Civil War Scott est  assigné à résidence et ne peut ni quitter son domicile sous la surveillance d’un pointilleux agent du FBI Jimmy Woo (Randall Park), ni entrer en contact avec eux sans risquer vingt ans ans de prison. Complication supplémentaire la technologie que comptent employer les Pym est convoitée par un trafiquant de technologie, Sonny Burch (Walton Goggins) et un mystérieux vilain Ghost (Hannah John-Kamen) doté du pouvoir d’intangibilité.

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Peyton Reed donne à son film un tempo de comédie américaine des sixties (période qu’il affectionne comme en atteste sa romcom Bye Bye Love ou son projet avorté d’adaptation de Fantastic Four pour la Fox qu’il voulait situer à cette époque) Ant-Man & La Guêpe est à son meilleur dans ses scènes de comédie screwball (comédie loufoque mêlant des éléments de comédie de situation, de comédie romantique et de farce) débordant d’énergie et créative dans ses jeux de manipulation de taille avec des effets de miniaturisation – agrandissements particulièrement réussis. Si il abordait l’action en novice dans le premier volet repris en urgence, Reed a apprivoisé la machine ce qui se ressent dans ses scènes d’action plus fluides à la géographie claire, énergiques tout en restant légères et rapides comme un insecte. Ainsi une séquence de combat qui oppose la Guêpe à des hommes de main dans une cuisine ou la poursuite finale dans les rues mythiques de San Francisco. Reed évite aussi le piège du troisième acte trop long dévoré par ses effets spéciaux  insufflant chaque moment d’assez de personnalité pour rester investi.

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Un des grands plaisirs du film réside dans ses digressions aussi gratuites qu’amusantes, que ce soit sous la forme du flot incessant de remarques de Rudd, de discussions sur le sérum de vérité employé par les méchants ou une séquence hilarante impliquant un minuscule Lang bloqué à la taille d’un enfant de cinq ans. Si l’humour et le rythme du film fonctionnent c’est qu’ils sont portés par un casting investi, Paul Rudd en tète, qui dégage un capital sympathie immense et un timing comique parfait, la séquence où il est « possédé » étant une des plus drôles du film. Après avoir joué les utilités dans le premier film, Evangeline Lilly enfile enfin son costume de super-héroïne avec une belle énergie et un coté sceptique face aux  capacités de Scott qui donne de l’épaisseur à son personnage, même si, malgré le titre elle reste relativement en retrait. Michael Douglas est aussi de retour, maîtrisant parfaitement son emploi de vieux scientifique grincheux, on ressent presque la joie du vétéran d’enfiler enfin un costume-armure. Le groupe de bras cassés qui entourent Scott Lang est là également, avec en particulier un Michael Peña qui vole la vedette dans toutes ses scènes en sidekick du héros. Les nouveaux venus sont parfaitement dans l’esprit, Laurence Fishburne (Matrix) transfuge du DCEU en rival de Pym, Walton Goggins onctueux en crapule sophistiquée à l’accent du sud.  Les motivations de l’antagoniste  principale du film incarnée par Hannah John-Kamen (vue dans Ready Player One) sont inédites dans le MCU et son origine tragique en fait un personnage purement « Marvelien ».

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Techniquement le film est très solide, éclairé par le vétéran Dante Spinotti qui éclaira L.A. Confidential, Heat mais aussi  X-Men: L’affrontement final et qui conserve le « house of style » Marvel Studios. Les effets visuels d’ILM et Double Negative gèrent parfaitement les jeux d’échelles indispensables à la réussite du film et l’univers protoplasmique  du monde subatomique. Le montage des vétérans de Marvel Studios Dan Lebental (Iron Man 1&2, Ant-man) et Craig Wood (Les gardiens de la galaxie 1& 2, Tomorrowland mais aussi les films de Gore Verbinski) apporte l’énergie frénétique nécessaire. L’action et la comédie sont  rythmées par la fourmidable (désolé il fallait bien la faire)  partition de Christopher Beck  (un des meilleurs compositeurs des BO Marvel pour l’auteur de ses lignes).

Conclusion : Drôle, inventif et plein d’énergie Ant-Man & La Guêpe par sa modestie et le charme de ses interprètes est une parfaite détente entre deux méga-films.

Ma Note : B

Ant-Man et la Guêpe (Ant-man and the Wasp) de Peyton Reed (sortie le 18/07/2018)

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