MES 100 FILMS FAVORIS

Cent films… Choisir cent titres parmi des milliers vus en près de cinquante ans, c’est forcément arbitraire. Chaque sélection devient un casse‑tête : sacrifier des œuvres qu’on croyait essentielles pour sauver celles qu’on ne peut abandonner. Cette liste n’a pas la prétention d’aligner les “meilleurs” films de l’histoire, mais simplement de refléter le plaisir et les émotions qu’ils m’ont offerts au long de ma vie de spectateur. De 1960 à 2017, de Nolan à Scorsese, de Ridley Scott à Jean‑Marie Poiré voici donc la liste de mes 100 films favoris.

♦  film vu en salle à sa sortie

NUMBER ONETHE TERMINATOR – James Cameron (1984) ♦

The Terminator transcende son époque en mêlant angoisse existentielle, mythologie du surhomme et récit d’amour tragique, mais aussi en inscrivant cette fusion dans une esthétique visuelle et sonore qui a marqué durablement le cinéma. Ce n’est pas seulement un chef‑d’œuvre du genre : c’est un film total, où la peur de la mort, le désir d’un amour absolu et l’adrénaline du film d’action se conjuguent pour créer une œuvre intemporelle. La mise en scène de James Cameron, nerveuse et inventive malgré des moyens limités, transforme la traque du Terminator en cauchemar mécanique, tout en donnant à la romance entre Sarah Connor et Kyle Reese une intensité bouleversante. La musique synthétique de Brad Fiedel, hypnotique et implacable, accentue la dimension tragique et futuriste du récit. Voilà pourquoi, quatre décennies plus tard, The Terminator demeure inégalé : un film qui a redéfini la science‑fiction, inspiré des générations entières de cinéastes et inscrit son imagerie dans la mémoire collective. Et moi, je suis toujours un peu dans la salle où je l’ai découvert, figé dans ce premier choc cinématographique qui continue de résonner.


2- ALIENS – James Cameron (1986) ♦

Personne n’aurait imaginé, il y a trente ans, qu’une suite à un tel classique, écrite et réalisée par un cinéaste encore presque inconnu, puisse à son tour marquer l’histoire du cinéma. Avec Aliens, James Cameron accomplit un exploit rare : prolonger l’univers initié par Ridley Scott tout en le transformant en une fresque d’action et de survie d’une efficacité redoutable. Aucune autre suite de la franchise n’a su égaler cette réussite, et Cameron, futur auteur de Titanic et Avatar, signe ici ce que beaucoup considèrent comme la meilleure suite de tous les temps – à égalité avec Le Parrain II et L’Empire contre‑attaque. Porté par une mise en scène nerveuse, une tension permanente et une héroïne devenue mythique, Ellen Ripley, le film combine horreur viscérale et spectacle épique. Aliens demeure sans conteste le film d’action le plus efficace de l’histoire du cinéma, une œuvre qui a redéfini le genre et dont l’influence continue de se faire sentir dans la culture populaire et les blockbusters contemporains.


3- THE EMPIRE STRIKES BACK – Irving Kershner (1980) ♦

Rarement un réalisateur n’a eu à relever un défi aussi colossal : succéder à un film culte sous l’œil attentif de son créateur. Avec L’Empire contre‑attaque, Irving Kershner, ancien professeur de George Lucas , transcende l’univers initié en 1977 pour en livrer l’épisode le plus intense et le plus abouti. La mise en scène, plus sombre et plus nuancée, confère au récit une densité dramatique inédite, tandis que les enjeux tragiques et la profondeur émotionnelle élèvent la saga vers une dimension quasi mythologique. Les personnages gagnent en complexité : Luke affronte ses doutes, Han et Leia voient leur relation se cristalliser, et Dark Vador s’impose comme une figure terrifiante et fascinante. Porté par des décors grandioses, des effets spéciaux révolutionnaires et une partition magistrale de John Williams, le film atteint une intensité rare. L’Empire contre‑attaque demeure ainsi le sommet de la saga, une œuvre qui conjugue spectacle et gravité, et qui continue de captiver par sa puissance narrative et émotionnelle.


4- RAIDERS OF THE LOST ARK – Steven Spielberg (1980) ♦

Les Aventuriers de l’Arche perdue laisse une empreinte si indélébile que l’existence de chapitres mineurs dans la saga Indiana Jones n’en diminuera jamais l’impact. Véritable condensé d’aventure, de mystère et de spectacle, le film de Steven Spielberg s’impose comme une référence absolue du cinéma populaire. Comme les albums de Tintin, il se savoure par les spectateurs de 7 à 77 ans, grâce à son mélange unique d’humour, de suspense et de péripéties exotiques. La mise en scène virtuose, le charisme de Harrison Ford et la partition exaltante de John Williams confèrent au récit une dimension intemporelle, où chaque séquence est devenue iconique. Les Aventuriers de l’Arche perdue demeure ainsi un classique universel, une œuvre qui a redéfini le film d’aventure moderne et continue de séduire génération après génération.


5- ROBOCOP– Paul Verhoeven (1987) ♦

C’est son épouse qui réussit à convaincre le « Hollandais violent » de s’intéresser à ce script, dissimulant sous un titre de série Z une (ultra) violente satire de la culture « yuppie » des années Reagan. Véritable détournement des codes du cinéma d’action, le projet prend des allures de bande dessinée adulte, comme une adaptation d’un comics qui n’existe pas mais dont l’imaginaire semble familier. Porté par la composition habitée de Peter Weller, les effets spéciaux saisissants de Rob Bottin (déjà auteur des créatures de The Thing) et la musique martiale de Basil Poledouris (le compositeur de Conan), le film déploie une énergie brute et une ironie corrosive. Ce mélange de satire sociale, de violence stylisée et de mythologie pop donne naissance à un classique instantané, une œuvre qui transcende son époque et continue d’incarner la puissance subversive du cinéma de Paul Verhoeven.


6- SCARFACE – Brian DePalma (1980)

Scarface est bien plus qu’un simple film de gangsters : c’est une fresque tragique sur l’ascension et la chute d’un homme consumé par son ambition dévorante. À travers le parcours de Tony Montana, Brian De Palma compose un véritable opéra en deux actes : une première partie impressionniste où le rêve américain semble à portée de main, suivie d’une seconde, expressionniste, où la démesure se transforme inexorablement en cauchemar. Écrit par Oliver Stone alors qu’il était en cure de désintoxication à Paris, le film déploie des dialogues percutants qui ont marqué les cultures urbaines et continuent d’être cités des décennies plus tard. La mise en scène opératique, le score synthétique envoûtant de Giorgio Moroder et la performance hallucinée de Al Pacino inscrivent Tony Montana dans la légende, en faisant une figure mythologique de la démesure et de la chute. Scarface demeure ainsi une œuvre culte, à la fois miroir des excès des années 80 et parabole intemporelle sur l’avidité et la destruction, dont l’influence traverse le cinéma, la musique et la pop culture mondiale.


7- THE DARK KNIGHT – Christopher Nolan (2008) ♦

The Dark Knight est tout à la fois une grande saga criminelle d’une folle densité narrative – grâce à la décision de Christopher Nolan de fusionner les intrigues qu’il comptait initialement développer sur deux films – et une œuvre profondément marquée par l’influence du Heat de Michael Mann. Le film agit comme un exorcisme des traumas de l’Amérique post‑11 septembre, en explorant la peur, la surveillance et la fragilité des institutions, tout en distillant le meilleur de l’héritage des comics. La performance hors normes de Heath Ledger, qui réinvente le personnage du Joker avec une intensité inédite, offre sans doute la meilleure transcription du clown anarchique à l’écran. Face à lui, Christian Bale incarne un Batman ultime, sombre et sacrificiel, résumé par la réplique devenue mythique : « Pas le héros que nous méritions, mais le héros dont nous avions besoin. » Porté par une mise en scène magistrale, un rythme implacable et une réflexion sur la nature du pouvoir et du chaos, The Dark Knight s’impose comme le meilleur film adapté d’un comics, une œuvre qui transcende son genre pour devenir un véritable classique du cinéma contemporain.


8- SUPERMAN THE MOVIE – Richard Donner (1978) ♦

Superman n’est pas seulement l’acte fondateur du cinéma super-héroïque moderne, mais une œuvre qui transcende son genre pour s’imposer comme un modèle intemporel de spectacle populaire. L’approche sérieuse de Richard Donner, l’interprétation inégalée de Christopher Reeve, la grandeur de la musique de John Williams et le travail exceptionnel des techniciens font de ce film un véritable monument du septième art. Plus de quarante ans après sa sortie, il nous rappele avec éclat qu’un homme peut voler… et nous y faire croire.


9- THE MATRIX – Andy & Larry Wachowski (1999) ♦

Si la saga de Neo n’est pas parvenue à perdurer avec la même longévité que celle des Skywalker, son aura reste pourtant omniprésente dans la culture populaire. The Matrix est désormais considéré comme un classique incontournable du cinéma de science‑fiction, une œuvre qui n’a rien perdu de son énergie enthousiasmante ni de sa pertinence. Vingt ans après sa sortie, le film continue de fasciner par son mélange unique d’action spectaculaire, de philosophie cybernétique et de révolution visuelle, porté par des effets spéciaux qui ont redéfini le langage du blockbuster. Les thèmes de la réalité simulée, de la liberté et du contrôle résonnent toujours avec force dans un monde de plus en plus technologique, renforçant son statut de référence culturelle. The Matrix STILL has you, et son empreinte demeure vivace, inspirant aussi bien le cinéma, la littérature que les jeux vidéo, preuve de son impact durable et de son pouvoir visionnaire.


10- MAD MAX II : THE ROAD WARRIOR – George Miller (1981)

Depuis les années 70 le cinéma australien fait entendre sa petite musique, en 1979 George Miller ancien médecin donne un premier électrochoc avec son western mécanique ultra violent Mad Max mais ce n’était qu’un échauffement. Il revient deux ans après avec cette suite ou il pousse la déliquescence de notre société accro au pétrole à son paroxysme et redéfinit avec ce western post apocalyptique  les règles de l’action au cinéma. Le film fournira du travail pour dix ans  au cinéma italien de série Z (et même français voir le Terminus avec Johnny Hallyday). James Cameron avant de se lancer dans la réalisation de Terminator passera des semaines à décortiquer ce film en VHS tant il lui semblait parfait.

11- HIGHLANDER – Russel Mulcahy (1986) ♦

Highlander est un film à l’image de son score : romantique, épique et opératique, porté par une intensité qui transcende les décennies. Trente‑neuf ans après sa sortie, il conserve toute sa force mythologique et son aura singulière, mêlant combats spectaculaires, tragédie intemporelle et souffle lyrique. La musique de Queen et de Michael Kamen, véritable hymne à l’immortalité et à la passion, confère au récit une dimension presque sacrée, où chaque duel devient une célébration de la destinée. La mise en scène de Russell Mulcahy, flamboyante et stylisée, accentue le caractère légendaire de cette histoire de guerriers immortels, tout en offrant des images qui restent gravées dans la mémoire collective. Highlander continue de séduire par son mélange unique de romantisme et de violence opératique. Car, comme le rappelle son slogan devenu mythique : IL NE PEUT EN RESTER QU’UN !


12- CONAN THE BARBARIAN – John Milius (1982) ♦

Jusqu’à ce que Peter Jackson arrive et réécrive les règles en 2001, Conan le barbare était la norme par laquelle les films d’heroic fantasy étaient jugés et reste l’une des plus grandes œuvres du genre. Conan le barbare représente une branche de l’évolution du blockbuster sans descendance, si il avait été défini par des auteurs plus tourmentés, radicaux et « intellectuels » comme Milius plutôt que des « populistes » comme Lucas ou Spielberg. Un authentique original. 


13- JAWS – Steven Spielberg (1975)

Jaws demeure inégalé, traversant les décennies sans perdre de sa puissance. Premier summer blockbuster en 1975, Spielberg transforme une intrigue simple en œuvre de tension et d’efficacité narrative, sublimée par la suggestion et la peur de l’invisible. Porté par la musique de John Williams et un casting iconique, le film capte une peur viscérale tout en révolutionnant l’industrie, inaugurant l’ère des sorties estivales massives. Monument intemporel, il reste l’un des rares films à tutoyer la perfection.


14- THE THING – John Carpenter (1982)

Une machine parfaite de terreur et de paranoïa, John Carpenter signe ici l’un des plus grands films d’horreur de l’histoire et sans doute son chef-d’œuvre absolu. Avec sa créature lovecraftienne, informe et insaisissable, il plonge son récit dans un nihilisme glacial, où l’humanité se consume sous la suspicion et l’isolement. Un cauchemar viscéral, à la fois gore et psychologiquement oppressant, dont l’aura ne cesse de grandir avec le temps.


15- THE GODFATHER PART II – Francis Ford Coppola (1974)

The Godfather Part II est une fresque crépusculaire d’une noirceur abyssale, où Francis Ford Coppola transforme la saga Corleone en une véritable tragédie grecque. Plus qu’une suite, c’est un miroir brisé du premier volet, où la montée en puissance de Michael se fait au prix de son âme. Entre flashbacks envoûtants portés par un Robert De Niro impérial et la lente descente aux enfers d’ Al Pacino, chaque instant vibre d’une intensité tragique. Un film parfait, jalonné de moments de frisson inoubliables.


16- THE GODFATHER – Francis Ford Coppola (1972)

Dans la littérature américaine existe le mythe du Great American Novel (le grand roman américain) on peut considérer que le film de Coppola est son équivalent filmique une des plus grandes oeuvres de fiction américaine et sans doute avec Casablanca et Citizen Kane le plus grand film américain jamais tourné. Quasi-parfait du discours d’ouverture du croque-mort Bonasera (« Je crois en l’Amérique ») au dernier plan de cette porte qui se referme entre Michael et Kay, quarante sept ans après sa sortie Le Parrain est une offre qu’aucun public ne peut refuser…


17- GOODFELLAS – Martin Scorsese (1990) ♦

Goodfellas est un tourbillon de cinéma, une œuvre foisonnante d’une énergie folle où Martin Scorsese dynamite le film de gangsters avec une mise en scène rock’n’roll. Entre éclats de violence brutale et moments de pure euphorie, le film épouse le rythme effréné de son incroyable soundtrack et change de style au fil des époques, reflétant l’ascension et la chute de ses protagonistes. Et puis, il y a ce dernier regard de Ray Liotta, perdu entre nostalgie et vide existentiel, qui clôt magistralement cette descente aux enfers.


18- HEAT – Michael Mann (1995) ♦

Heat demeure l’une des rares œuvres à avoir réussi, à sa sortie, à dépasser l’attente démesurée qu’elle suscitait. Le face-à-face tant attendu entre Robert De Niro et Al Pacino, sous la direction de Michael Mann, nous a immédiatement convaincus d’avoir assisté à un chef-d’œuvre. Ce duel au sommet met en scène des affrontements entre professionnels, incarnés par des maîtres du jeu, et offre une fusillade homérique qui restera gravée dans les mémoires. Véritable fresque criminelle, Heat représente le meilleur de Mann


19- THE UNTOUCHABLES – Brian DePalma (1987) ♦

Avec Les Incorruptibles, Brian De Palma signe un véritable chef‑d’œuvre du cinéma de gangsters, une fresque qui conjugue une réalisation virtuose, un scénario haletant, une interprétation magistrale et une musique envoûtante. Le film nous entraîne au cœur de l’Amérique de la prohibition, dans un climat de violence et de corruption où la lutte acharnée entre Eliot Ness et Al Capone se déploie à travers des scènes d’action, de suspense et d’émotion devenues inoubliables. Chaque séquence, qu’il s’agisse de la fusillade dans la gare ou des confrontations tendues entre les personnages, témoigne d’un sens du rythme et de la mise en scène qui confère au récit une intensité rare. Soutenu par des acteurs au sommet de leur art et par la partition mémorable d’Ennio Morricone, Les Incorruptibles s’impose comme un classique intemporel, qui n’a pas pris une ride et demeure aujourd’hui aussi exaltant et captivant qu’au jour de sa sortie, confirmant son statut de monument du cinéma populaire et élégant.


20- IL BUONO, IL BRUTTO, IL CATTIVO – Sergio Leone (1966)

Chef-d’œuvre absolu du western, Le Bon, la Brute et le Truand transcende son propre genre pour atteindre une dimension mythique. À travers ses personnages mémorables, sa mise en scène virtuose et sa bande-son inoubliable, le film continue d’exercer une fascination indélébile sur les spectateurs, plus d’un demi-siècle après sa sortie. Si le western traditionnel a vécu ses dernières heures avec l’avènement du cinéma de Sergio Leone, c’est bien parce que ce dernier en a repoussé les limites, imposant un style inimitable qui continue d’inspirer les cinéastes du monde entier. Un mythe cinématographique qui, à l’image de son héros taciturne, traverse les époques sans prendre une ride.

21- THE SILENCE OF THE LAMBS – Jonathan Demme (1991) ♦

Silence of the Lambs a marqué l’histoire du cinéma en devenant le premier thriller horrifique à remporter non seulement l’Oscar du meilleur film, mais aussi les quatre autres récompenses majeures — acteur, actrice, réalisateur et scénario. Ce triomphe inédit consacre une œuvre baignée dans une atmosphère oppressante et claustrophobe, dont l’iconographie a littéralement donné naissance à un sous‑genre qui s’est répandu au cinéma comme à la télévision, jusqu’à influencer des productions contemporaines, y compris dans le registre super‑héroïque. Le film est porté par des performances d’acteurs exceptionnelles : Jodie Foster incarne avec intensité l’agent Clarice Starling, mais c’est surtout Anthony Hopkins qui domine l’écran. En seize minutes seulement, il impose Hannibal Lecter — déjà apparu sous les traits de Brian Cox dans Manhunter de Michael Mann — comme une figure mythique de l’horreur, au même rang que Dracula ou les monstres classiques. Soutenu par une mise en scène précise et une tension psychologique permanente, Silence of the Lambs demeure un classique intemporel, à la fois terrifiant et fascinant, qui a redéfini les codes du thriller et laissé une empreinte durable dans la culture populaire.


22- THE EXORCIST – William Friedkin (1973)

The Exorcist frappe toujours comme un cyclone maléfique, révélant avec une intensité rare les limites de la science et de la modernité lorsqu’elles se confrontent à la détresse spirituelle d’une culture en crise. Plus qu’un simple film d’horreur, il interroge la place de la foi et la persistance du mal dans un monde qui croit pouvoir tout expliquer. Cette œuvre magistrale, portée par une mise en scène implacable et des images devenues iconiques, demeure terrifiante et profondément dérangeante, inégalée dans son exploration des ténèbres et de la croyance. Soutenu par des performances d’acteurs bouleversantes et une atmosphère sonore oppressante, The Exorcist a marqué durablement l’imaginaire collectif et laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma, redéfinissant à jamais les frontières du genre horrifique.


23- BLADE RUNNER – Ridley Scott (1982) ♦

Le film de Ridley Scott gagne en pertinence et en prescience au fil des années, même plus de quarante ans après sa sortie. Ténébreux, méditatif et empreint d’une profonde mélancolie, Blade Runner demeure un film obsédant, précieux pour son message toujours actuel sur l’identité, la mémoire et la frontière fragile entre l’humain et l’artificiel. Sa puissance visuelle et thématique continue de nourrir les débats autour de la technologie et de la condition humaine, ce qui lui confère une modernité intacte. Scott atteint ici un niveau d’expertise technique et artistique rare, que ce soit dans la photographie, les décors futuristes ou la bande sonore envoûtante de Vangelis, et auquel peu de cinéastes peuvent prétendre. Plus qu’un simple film de science‑fiction, Blade Runner. Plus qu’un simple film de science‑fiction, Blade Runner s’impose comme une œuvre intemporelle, à la fois visionnaire et poétique, qui hante durablement l’imaginaire collectif et influence encore aujourd’hui des générations de créateurs.


24- SE7EN – David Fincher (1995) ♦

Lorsque Se7en fut annoncé, ce thriller de serial killer réalisé par David Fincher — alors surtout connu pour Alien 3 — avec Brad Pitt et Morgan Freeman, n’était pas attendu comme un chef‑d’œuvre. Pourtant, il s’est imposé comme un bijou noir, l’un des films les plus sombres et audacieux jamais produits par un grand studio. Sa direction artistique saisissante, magnifiquement capturée par le directeur de la photographie français Darius Khondji, confère à chaque image une densité visuelle qui accentue l’ambiance oppressante et désespérée. Le film a marqué les esprits par son choc esthétique, son atmosphère suffocante et son récit implacable, qui refuse toute concession au spectateur. Trente ans après sa sortie, Se7en continue de hanter et de fasciner, son exploration des thèmes du mal, de la culpabilité et de la moralité résonnant avec une force intacte. Il demeure une référence incontournable, dont l’influence indéniable sur le cinéma contemporain se retrouve aussi bien dans les thrillers psychologiques que dans les séries télévisées, confirmant Fincher comme l’un des grands architectes du cinéma moderne.


25- PREDATOR – John McTiernan (1987) ♦

Predator est un film primal qui incarne à merveille l’apogée d’Arnold Schwarzenegger en tant qu’icône du cinéma d’action des années 80. Ce chef‑d’œuvre brut, réalisé par John McTiernan, fusionne habilement science‑fiction et horreur, plongeant un groupe de commandos surentraînés dans la moiteur d’une jungle hostile où ils doivent affronter une créature extraterrestre impitoyable, invisible et technologiquement supérieure. La mise en scène nerveuse, les scènes d’action mémorables et les répliques devenues cultes confèrent au film une intensité qui dépasse le simple spectacle. Plus qu’un affrontement musclé, Predator explore la fragilité de l’homme face à une force prédatrice implacable, inversant les codes du genre en transformant des guerriers invincibles en proies traquées. Véritable choc cinématographique, il a marqué une génération et continue d’influencer le cinéma d’action contemporain.


26- DIE HARD – John McTiernan (1988)

Avec Die Hard, le producteur Joel Silver redéfinit en profondeur le cinéma d’action, après avoir déjà révélé le talent de John McTiernan avec Predator. Ce film ne constitue pas seulement une étape logique dans leur collaboration, mais un véritable tournant pour le genre, créant une matrice narrative et stylistique qui allait façonner les vingt années suivantes de blockbusters musclés. Loin des héros invincibles et monolithiques, McTiernan impose un protagoniste vulnérable, John McClane, qui se bat autant contre ses ennemis que contre ses propres limites, donnant au spectateur un héros plus humain et plus proche de lui. L’ascension fulgurante de Bruce Willis, alors surtout connu comme vedette de la série Clair de Lune, au rang de méga‑star internationale, est l’une des nombreuses réussites de cette entreprise. Porté par une mise en scène inventive, un rythme haletant et un antagoniste mémorable incarné par Alan Rickman, Die Hard demeure un jalon incontournable, un modèle qui a inspiré une multitude de films et confirmé sa place comme l’un des sommets du cinéma d’action moderne.


27- CARLITO’S WAY – Brian DePalma (1993) ♦

Carlito’s Way est une tragédie poignante qui mêle suspense et une mécanique narrative d’une précision remarquable. Avec sa direction stylisée et son ambiance visuelle unique, Brian De Palma signe l’une de ses œuvres les plus marquantes, où l’émotion et la tension se conjuguent à chaque instant. Le film raconte la tentative désespérée d’un ancien truand de se réinsérer, tout en étant rattrapé par son passé et par un destin implacable, ce qui lui confère une dimension profondément mélancolique. La mise en scène virtuose, notamment dans les séquences de poursuite et de confrontation, illustre le talent de De Palma pour transformer le suspense en véritable tragédie moderne. Les performances remarquables de Sean Penn, méconnaissable en avocat corrompu, et d’Al Pacino, bouleversant dans le rôle de Carlito Brigante, élèvent le film encore plus haut, lui donnant une intensité dramatique qui continue de fasciner. Carlito’s Way demeure ainsi un sommet du cinéma de gangsters, à la fois élégant et déchirant.


28- LETHAL WEAPON – Richard Donner (1987) ♦

Lethal Weapon transcende le simple film d’action des années 80 grâce à une combinaison unique d’humour, d’action brutale et d’émotion sincère. Sous la direction habile de Richard Donner et porté par l’écriture incisive de Shane Black, le film parvient à équilibrer le spectaculaire et l’intime, en explorant la fragilité de ses personnages autant que leur force. Les performances mémorables de Mel Gibson, intense et imprévisible, et de Danny Glover, solide et chaleureux, donnent naissance à l’un des duos les plus emblématiques du cinéma d’action. Leur alchimie, mêlant tension dramatique et comédie, a redéfini le genre du buddy movie et ouvert la voie à une longue série de films et d’imitations. Avec ses scènes d’action inventives, ses répliques cultes et son mélange de noirceur et de légèreté, Lethal Weapon s’impose comme un classique intemporel, toujours aussi efficace et influent.


29- DAWN OF THE DEAD – George A. Romero (1978)

Avec Dawn of the Dead, George A. Romero ne se contente pas de révolutionner le cinéma d’horreur : il invente un véritable langage cinématographique et façonne un mythe moderne, dont l’impact est aussi décisif pour le fantastique que Dracula de Bram Stoker l’a été pour la littérature. En situant l’action dans un centre commercial, Romero transforme la lutte contre les morts‑vivants en une métaphore puissante de la société de consommation, tout en offrant des scènes d’une intensité visuelle et émotionnelle inédite. Le film conjugue la terreur viscérale à une réflexion sociale et culturelle, donnant naissance à une iconographie qui irrigue encore aujourd’hui le cinéma, la télévision et la culture populaire. Plus qu’un simple classique du genre, Dawn of the Dead demeure une œuvre fondatrice, obsédante et visionnaire, qui a redéfini les codes du film de zombies et confirmé Romero comme l’un des grands architectes du fantastique.


30- MAD MAX FURY ROAD – George Miller (2015) ♦

Mad Max: Fury Road est une œuvre monumentale, opératique, épique et hallucinée qui marque une date essentielle dans l’histoire du cinéma d’action — et donc du cinéma tout court. George Miller y déploie une vision d’une intensité rare, où chaque plan devient une explosion de mouvement et de couleur, transformant la poursuite en véritable ballet apocalyptique. Porté par une mise en scène virtuose, une direction artistique flamboyante et des performances habitées de Tom Hardy et Charlize Theron, le film transcende les codes du genre pour atteindre une dimension presque mythologique. Sa puissance visuelle, son rythme effréné et son souffle narratif en font un classique instantané, une référence qui continue de redéfinir ce que peut être le spectacle cinématographique contemporain.

31- CASINO ROYALE – Martin Campbell (2006) ♦

Mea culpa : j’étais sceptique face à Daniel Craig, marqué par une silhouette peu flatteuse pour incarner l’élégance traditionnelle de James Bond. Pourtant, dès Casino Royale, j’ai dû reconnaître la force de son interprétation exceptionnelle : un Bond brutal, vulnérable et intensément humain, redynamisé par Martin Campbell à travers des scènes d’action époustouflantes, dont la légendaire poursuite en parkour à Madagascar. Le film réussit à réinventer la franchise en lui insufflant une énergie nouvelle, tout en respectant son héritage. Du générique stylisé qui annonce la modernité du ton, à la performance glaçante de Mads Mikkelsen en adversaire implacable, chaque élément fonctionne à merveille. Casino Royale signe ainsi le retour triomphal de Bond, plus réaliste et plus viscéral que jamais, et marque une étape décisive dans l’évolution du mythe cinématographique.


32- PULP FICTION – Quentin Tarantino (1994) ♦

Avec Pulp Fiction, Quentin Tarantino juxtapose des moments de violence extrême avec un humour mordant, tout en multipliant les références à la pop culture qui deviennent autant de clins d’œil complices au spectateur. Ses dialogues légendaires, ciselés avec une précision jubilatoire, et ses scènes cultes, désormais inscrites dans l’imaginaire collectif, redéfinissent les normes du cinéma en brisant les codes narratifs traditionnels. La structure éclatée du récit, l’entrelacement des histoires et la manière dont Tarantino joue avec le temps et les genres confèrent au film une modernité radicale. Porté par des performances mémorables de John Travolta, Uma Thurman et Samuel L. Jackson, Pulp Fiction a non seulement influencé durablement le paysage cinématographique, mais il a aussi ouvert la voie à une nouvelle génération de cinéastes indépendants. Véritable séisme culturel, il a changé le cinéma pour toujours et consolidé Tarantino en tant que maître narratif de sa génération, capable de transformer chaque scène en icône.


33- THE FLY – David Cronenberg (1986) ♦

Aujourd’hui, The Fly demeure l’un des films d’horreur les plus marquants jamais conçus, trouvant un rare équilibre entre récit d’amour tragique et terreur viscérale. En poussant plus loin ses obsessions autour de la chair, de la mutation et de l’identité, David Cronenberg signe un sommet du genre, aussi fascinant qu’effrayant, où la métamorphose physique devient une métaphore bouleversante de la fragilité humaine. Le film impressionne par sa capacité à conjuguer l’intensité émotionnelle d’une histoire d’amour condamnée avec la brutalité des images de transformation, offrant une expérience à la fois intime et cauchemardesque. Malheureusement, dans les années qui suivront, le cinéma de Cronenberg s’orientera vers des œuvres plus hermétiques, parfois dévorées par une forme d’orgueil artistique. Mais avec The Fly, il atteint un sommet inégalé : un point de fusion parfait entre la sensibilité d’un auteur et l’efficacité d’un grand film de genre, une œuvre qui continue de hanter l’imaginaire collectif et de rappeler que l’horreur peut être aussi profondément humaine que monstrueuse.


34- ALIEN – Ridley Scott (1979)

Ridley Scott a su créer avec Alien une atmosphère oppressante et immersive qui reste inégalée. En tant que réalisateur, il fusionne avec une maîtrise rare les éléments de l’horreur et de la science‑fiction, donnant naissance à un univers unique, terrifiant et profondément marquant. Sa direction artistique soignée et son attention méticuleuse aux détails construisent une ambiance claustrophobe à bord du vaisseau Nostromo, renforcée par la conception iconique du xénomorphe imaginée par H.R. Giger, véritable cauchemar visuel devenu légende. Scott parvient également à tirer le meilleur de ses acteurs, notamment Sigourney Weaver, qui incarne Ripley avec une force et une détermination mémorables, ouvrant la voie à une héroïne moderne et emblématique. La contribution de Scott, associée à l’influence de Walter Hill et au scénario de Dan O’Bannon, a fait d’Alien une œuvre révolutionnaire qui a redéfini les conventions du genre, inspiré des générations entières de cinéastes et laissé une empreinte indélébile sur l’histoire du cinéma. Plus qu’un simple film, Alien est devenu un mythe fondateur, à la fois effrayant et visionnaire, qui continue de hanter l’imaginaire collectif.


35- THE SHINING – Stanley Kubrick (1980)

The Shining plonge le spectateur dans un univers d’horreur psychologique d’une intensité rare, où chaque détail contribue à un climat de malaise grandissant. La performance « cannibale » de Jack Nicholson, incarnant le déséquilibre croissant de Jack Torrance, est à la fois captivante et terrifiante, donnant au personnage une dimension mythique. La musique de Wendy Carlos et Rachel Elkind joue un rôle crucial en accentuant la tension, ajoutant une dimension sonore inquiétante qui enveloppe l’expérience visuelle d’une aura oppressante. La mise en scène de Stanley Kubrick, d’une précision chirurgicale, transforme l’hôtel Overlook en véritable labyrinthe de peur et de folie, où l’espace lui‑même semble conspirer contre les personnages. Porté par une photographie glaciale et des mouvements de caméra hypnotiques, le film crée une atmosphère dont on ne sort jamais vraiment, hantant durablement l’imaginaire collectif.


36- TOTAL RECALL – Paul Verhoeven (1990) ♦

Blockbuster d’action haletant et grand spectacle, à la fois ultra‑violent et drôle, Total Recall s’impose comme une œuvre paranoïaque, politique et satirique qui transcende les codes du genre. Le film reste l’un des sommets de la carrière de Arnold Schwarzenegger, porté par une intrigue labyrinthique où la frontière entre réalité et illusion se brouille sans cesse. Son succès colossal permettra à Carolco de financer Terminator 2, confirmant son rôle central dans l’histoire du cinéma d’action. Dans sa période américaine, Paul Verhoeven déploie ici une énergie jubilatoire, mêlant excès visuels, critique sociale et humour corrosif, pour livrer un spectacle qui conserve toute sa force trente ans après. Les effets spéciaux pratiques, les décors futuristes et la mise en scène nerveuse confèrent au récit une intensité unique, tandis que la dimension satirique interroge la manipulation des masses et le pouvoir des corporations. Total Recall demeure ainsi un classique intemporel, un divertissement explosif doublé d’une réflexion grinçante sur le colonialisme.


37INTERSTELLAR – Christopher Nolan (2014) ♦

Interstellar est à la fois un grand film de « Hard SF », inscrit dans la tradition des œuvres d’Arthur C. Clarke ou Isaac Asimov, mais aussi une aventure cinématographique traversée par un souffle épique. Christopher Nolan y conjugue rigueur scientifique et imaginaire débridé, offrant un récit qui fonctionne autant comme un survival haletant que comme un mélodrame lyrique. La mise en scène, ample et immersive, déploie des images d’une beauté sidérante, où l’infini du cosmos devient le miroir des émotions humaines les plus intimes. Porté par une bande‑son envoûtante de Hans Zimmer et des performances habitées, le film atteint une puissance émotionnelle rare, capable de bouleverser autant qu’il émerveille. Interstellar s’impose ainsi comme un spectacle total, une œuvre qui transcende les genres et qui continue de nourrir la réflexion sur le temps, l’amour et la survie de l’humanité. Embarquement immédiat vers l’infini et au‑delà.


38- COMMANDO – Mark Lester (1985) ♦

Commando n’a peut-être pas le même pedigree que les collaborations d’Arnold Schwarzenegger avec des réalisateurs comme James Cameron, John McTiernan ou Paul Verhoeven, mais c’est LE film que je mettrais dans une « time capsule » pour illustrer l’essence même d’Arnold au cinéma. Avec son action débridée et son ton léger, il incarne parfaitement le charme et la puissance de l’acteur. En termes de physique, Schwarzenegger n’a jamais été aussi massif, offrant une performance iconique où il mêle humour et prouesses martiales. Commando incontournable des années 80, symbolise l’apogée des films d’action de l’époque.


39- BATMAN RETURNS – Tim Burton (1992) ♦

Trente ans après sa sortie, Batman Returns demeure une véritable anomalie dans la franchise, conçu avant tout pour s’intégrer dans l’univers singulier de son auteur plutôt que de satisfaire les attentes des fans de comics. Tim Burton y déploie une vision personnelle et baroque, où les personnages abîmés – qu’il s’agisse de Batman, Catwoman ou du Pingouin – sont traités avec une empathie rare, loin des archétypes figés du genre super‑héroïque. En réinterprétant le monde de Gotham sans le fardeau d’une reproduction fidèle, libre des contraintes imposées par l’industrie, Burton et son équipe signent une œuvre profondément originale, à la fois sombre, poétique et grotesque. La photographie expressionniste, les décors gothiques et la musique envoûtante de Danny Elfman confèrent au film une atmosphère unique, qui transcende le simple divertissement pour devenir une exploration des blessures intimes et des identités fragmentées. Batman Returns s’impose ainsi comme l’une des créations les plus audacieuses du canon multimédia du caped‑crusader.

40- DIRTY HARRY – Don Siegel (1971)

L’interprétation iconique de Clint Eastwood va définir le style de nombreux de ses rôles ultérieurs et servir de matrice aux héros qui domineront les deux décennies suivantes. À l’écran, on retrouve cette influence dans des personnages comme John McClane ou Martin Riggs – la scène où Riggs « gère » une tentative de suicide fait directement écho à celle du film de Don Siegel. Mais l’empreinte dépasse largement le cinéma : dans les comics, la personnalité et même le visage de Wolverine s’inspirent de Callahan, tandis que Judge Dredd en constitue une parodie‑hommage assumée. Enfin, la réinvention de Batman par Frank Miller dans The Dark Knight Returns doit beaucoup à l’univers et au ton imposés par Siegel. Au‑delà de son impact sur la pop culture et de ses répliques devenues légendaires, le film a traversé le temps et les polémiques pour s’affirmer comme un classique indépassable, une œuvre fondatrice qui continue de nourrir l’imaginaire collectif et d’influencer la représentation du héros solitaire et ambigu.


41-THE USUAL SUSPECTS – Bryan Singer (1995) ♦

The Usual Suspects est un modèle de thriller qui allie un scénario labyrinthique signé Christopher McQuarrie à la mise en scène inventive du jeune Bryan Singer. La construction narrative, habilement élaborée, maintient le suspense et captive le spectateur, même après plusieurs visionnages, et ce malgré la révélation de l’identité du mythique Keyser Soze. Le film joue avec la mémoire et la perception, transformant chaque détail en indice potentiel et chaque personnage en suspect crédible. La photographie sombre, le montage précis et les dialogues acérés renforcent l’atmosphère de mystère et de manipulation. Porté par un casting remarquable – de Kevin Spacey à Gabriel Byrne – le récit s’impose comme une véritable leçon de storytelling, où la vérité se dérobe sans cesse. The Usual Suspects continue de fasciner par son intelligence narrative et son pouvoir de suggestion, laissant le spectateur prisonnier du mythe de Soze bien après le générique.


42- THE SPY WHO LOVED ME – Lewis Gilbert (1977) ♦

Après le creux créatif de The Man with the Golden Gun, la franchise Bond reprend vie avec The Spy Who Loved Me, véritable renaissance de la saga. Le film revient à la formule classique avec un méchant mégalomane, une base secrète spectaculaire et une profusion de gadgets, tout en présentant un Roger Moore plus sérieux et charismatique que jamais. L’alchimie entre action démesurée et sophistication visuelle redonne au personnage toute sa puissance mythologique. Barbara Bach incarne une James Bond Girl forte et indépendante, marquant une évolution notable dans la représentation féminine de la série, tandis que le titan aux dents d’acier, Jaws, fait une entrée mémorable et devient instantanément une icône. Magnifié par la lumière de Claude Renoir, le film déploie une esthétique élégante et flamboyante, et la célèbre chanson Nobody Does It Better confère une aura romantique et intemporelle à l’ensemble. The Spy Who Loved Me ressuscite ainsi la franchise et séduit une nouvelle génération de spectateurs, confirmant à l’ére du blockbuster post-Star Wars que James Bond reste une figure incontournable du cinéma populaire.


43- THE LAST BOY SCOUT – Tony Scott (1991) ♦

Tendu, rapide, violent, plein d’action et animé par un superbe script qui vous fera sourire, rire et réciter longtemps ses dialogues, Le Dernier Samaritain s’impose comme l’un de ces joyaux sous‑estimés du début des années 90. Réalisé juste avant l’éclatement de la bulle du héros d’action classique, bientôt balayé par les effets numériques et l’avènement du super‑héros, le film incarne à merveille l’âge d’or du cinéma d’action « à l’ancienne ». Porté par la verve de Shane Black au scénario et par la mise en scène nerveuse de Tony Scott, il combine humour noir, cynisme mordant et séquences explosives avec une efficacité redoutable. Bruce Willis, au sommet de son charisme, incarne un détective désabusé dont l’ironie et la fragilité renforcent l’attachement du spectateur, tandis que l’alchimie avec Damon Wayans apporte une énergie supplémentaire. Le Dernier Samaritain demeure ainsi une œuvre emblématique, à la fois divertissante et corrosive, qui capture l’esprit d’une époque et continue de briller comme un classique méconnu du cinéma d’action.


44- PLANET OF THE APES – Franklin J.Schaffner (1968)

Planet of the Apes a eu un impact profond sur le cinéma et la culture populaire depuis sa sortie. Sa vision dystopique d’un monde dominé par des singes, où les rôles sont inversés, a captivé les spectateurs et a ouvert la voie à des débats sur le racisme, la guerre et l’environnement. Planet of the Apes est devenu un classique emblématique, inspirant de nombreuses suites, remakes et adaptations, et continuant d’influencer la science-fiction moderne.


45- MARATHON MAN – John Schlesinger (1976)

Marathon Man est un sommet du thriller paranoïaque des années 70, où tension, angoisse et brutalité s’entrelacent , le film de John Schlesinger reste un modèle du genre, porté par des performances d’exception. Le temps n’altère pas la puissance du récit ni la fascination du duel entre Dustin Hoffman et Laurence Olivier. Plus qu’un simple thriller, Marathon Man est une œuvre hantée par l’Histoire, où la peur et le passé rattrapent toujours ceux qui tentent de les fuir.


46- ROCKY III – Sylvester Stallone (1982) ♦

J’adore Rocky III, qui est non seulement mon film Rocky favori, mais aussi l’une de mes suites préférées. Sa trame, où le héros doit surmonter des défis personnels pour retrouver sa force, se retrouve régulièrement dans d’autres franchises, comme dans The Dark Knight Rises de Nolan. Cependant, ce film est aussi révélateur de l’évolution politique de Sylvester Stallone vers la droite, symbolisant un changement plus large dans l’Amérique. On le sait tous, Sylvester Stallone EST l’Amérique, et Rocky III incarne parfaitement cette dynamique, mêlant culture pop et enjeux sociopolitiques.


47- THE OMEN – Richard Donner (1976)

The Omen s’inscrit dans le contexte du « satanic panic » des années 70, un phénomène culturel qui a suscité des craintes profondes autour de l’occultisme et du mal. Le film, réalisé par Richard Donner, utilise habilement ces thèmes pour créer une atmosphère oppressante et terrifiante. La bande originale de Jerry Goldsmith, avec son thème emblématique, est souvent considérée comme l’équivalent du thème de Star Wars dans le genre de l’horreur, apportant une dimension sonore inoubliable qui intensifie l’angoisse et l’horreur du récit. The Omen explore des questions de fatalité et de l’innocence corrompue, laissant une empreinte durable sur le cinéma d’horreur et consolidant son statut de classique du genre.


48- THE MAGNIFICENT SEVEN – John Sturges (1960)

The Magnificent Seven se distingue par le charisme de ses acteurs, chacun apportant une présence mémorable à l’écran. La musique légendaire de Elmer Bernstein, avec son thème entraînant, contribue à l’atmosphère épique du film, renforçant son impact émotionnel. Ce remake d’un des meilleurs films de tous les temps, Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa, parvient à capturer l’esprit de l’original tout en ajoutant une touche unique au western. Avec ses performances puissantes et sa mise en scène dynamique, The Magnificent Seven est non seulement un hommage au classique, mais également l’un des meilleurs westerns de tous les temps.


49- INVASION OF THE BODY SNATCHERS – Philip Kauffman (1978)

Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman est un chef-d’œuvre véritablement dérangeant de la paranoïa des années 70, qui évoque une peur primale face à l’aliénation et à la déshumanisation. Les protagonistes remettent en question le degré réel d’humanité des gens que l’on croise, instillant un sentiment de méfiance omniprésent. Avec un casting de stars et une bande sonore électronique inquiétante, la représentation d’une ville peuplée de piétons vaquant à leurs occupations n’a jamais été aussi terrifiante. Le film culmine avec l’une des scènes les plus effrayantes et tragiques du cinéma, laissant le spectateur dans un état de choc face à la réalité des événements.

50- DIE HARD 2 : DIE HARDER (1990) – Renny Harlin ♦

Violent, intense, drôle et spectaculaire, Die Hard 2 concentre tous les excès de cette époque bénie du cinéma d’action, sans jamais dérailler grâce à la solidité de son script, l’énergie de la mise en scène de Renny Harlin et le charisme d’un Bruce Willis à son sommet. Le film embrasse pleinement la logique du blockbuster des années 90, multipliant les explosions, les cascades et les rebondissements, tout en conservant une tension dramatique constante. Harlin amplifie la formule du premier volet en lui donnant une dimension plus expansive, transformant l’aéroport enneigé en véritable champ de bataille. Willis, toujours aussi ironique, incarne un héros à la fois ordinaire et indestructible. Si Die Hard 2 ne peut prétendre, comme son prédécesseur, au titre de classique absolu, il demeure l’un des sommets du cinéma d’action des années 90, une œuvre emblématique qui illustre à merveille la surenchère jubilatoire de cette décennie.


51- DIE HARD WITH A VENGEANCE – John Mc Tiernan (1995) ♦

Die Hard with a Vengeance marque un tournant dans la franchise, lorsque le producteur Andrew Vajna, ancien de Carolco, récupère les droits et rappelle le réalisateur de l’original, John McTiernan. Adapté d’un scénario intitulé « Simon Says », le film intègre le personnage emblématique de John McLane dans une nouvelle aventure. McTiernan se démarque complètement du style du premier opus, optant pour une mise en scène plus brute et transformant New York en un vaste terrain de jeu pour l’action. L’apport de Samuel L. Jackson, en tant que sidekick réticent de McLane, est considérable, ajoutant une dynamique fascinante à l’intrigue. L’interprétation de Bruce Willis est également plus sombre, apportant une profondeur au personnage. Bien qu’il n’atteigne pas la perfection de son aîné, Die Hard with a Vengeance s’affirme comme un petit classique du genre.


52- CAPE FEAR – Martin Scorsese (1991) ♦

Cape Fear est une série B stylisée qui mêle un thriller à haute tension à des éléments de cartoon et de conte de fées déviant, créant une atmosphère singulière et troublante. Le film n’a rien perdu de sa force au fil des ans, porté par la performance « énorme » de Robert De Niro, qui incarne avec une intensité terrifiante le charismatique Max Cady, figure à la fois fascinante et monstrueuse. La mise en scène joue habilement sur les contrastes, oscillant entre réalisme brutal et stylisation presque baroque, ce qui accentue le malaise et la tension dramatique. La photographie de Freddie Francis ajoute une dimension visuelle saisissante, avec des jeux d’ombres et de lumières qui renforcent l’impression d’un cauchemar éveillé. Enfin, le thème réorchestré de Bernard Herrmann enveloppe le récit d’une aura inquiétante et intemporelle, contribuant à faire de Cape Fear une œuvre marquante, à la fois divertissante et profondément perturbante.


53- TAXI DRIVER – Martin Scorsese (1976)

Taxi Driver, avec sa vision sombre et désenchantée de New York dans les années 70, dresse un portrait implacable d’une société en crise, gangrenée par la violence, l’aliénation et la solitude urbaine. Le film met en lumière le désir de rédemption d’un homme perdu, Travis Bickle, dont la dérive psychologique devient le miroir des fractures sociales de son époque. La performance de Robert De Niro est intense et mémorable, habitée par une tension intérieure qui culmine dans la célèbre réplique « You talking to me ? », devenue emblématique du cinéma mondial. La mise en scène de Martin Scorsese, nerveuse et oppressante, accentue l’atmosphère de malaise, tandis que la musique de Bernard Herrmann enveloppe le récit d’une mélancolie lancinante. Taxi Driver à la fois chronique urbaine et plongée dans la psyché d’un anti‑héros est un chef‑d’œuvre incontournable du cinéma américain.


54- CASINO – Martin Scorsese (1995) ♦

Casino est tout simplement épique, démontrant la maîtrise absolue de Martin Scorsese dans l’art de créer un tableau kaléidoscopique à la fois violent et décadent. Le film déploie une fresque flamboyante sur le pouvoir, l’argent et la corruption, où chaque détail de mise en scène contribue à une immersion totale dans l’univers des casinos de Las Vegas. La virtuosité du montage, la fluidité des mouvements de caméra et l’utilisation magistrale de la voix off confèrent au récit une intensité unique. La bande‑son, riche et variée, accompagne parfaitement cette plongée dans un monde de luxe et de brutalité, accentuant le contraste entre glamour et désillusion. Porté par des performances inoubliables de Robert De Niro, Sharon Stone et Joe Pesci, Casino possède tous les atouts cinématographiques clés et s’impose comme l’une des meilleures œuvres de Scorsese.


55- STARSHIP TROOPERS – Paul Verhoeven (1997) ♦

Starship Troopers est une satire percutante qui fonctionne à merveille, mêlant une critique sociale aiguisée à une action palpitante. Paul Verhoeven, livre une vision audacieuse et provocatrice de la guerre et du militarisme, transformant un récit de science‑fiction en une réflexion grinçante sur la propagande et l’endoctrinement. Derrière les batailles spectaculaires et les affrontements sanglants, le film déploie une ironie mordante qui interroge la fascination pour la violence et la discipline militaire. Verhoeven exploite à la fois certains des meilleurs travaux de maquettes et d’animation CG de tous les temps, donnant aux séquences de combat une intensité visuelle et une crédibilité saisissantes. La bande‑son de Basil Poledouris, puissante et martiale, accompagne parfaitement l’énergie du récit et accentue son ton à la fois épique et satirique. Starship Troopers est une œuvre culte, un divertissement spectaculaire doublé d’une critique sociale acérée, qui conserve aujourd’hui toute sa pertinence et son mordant.


56- PACIFIC RIM – Guillermo Del Toro (2013) ♦

Avec Pacific Rim, Guillermo Del Toro nous offre un spectacle total, un pur plaisir de cinéma dénué de cynisme mais jamais dépourvu d’ambitions. Derrière l’affrontement titanesque entre robots géants et créatures venues des profondeurs, il insuffle une véritable déclaration d’amour au cinéma populaire, à la fois généreuse et sincère. Sa mise en scène foisonnante, portée par une esthétique flamboyante et des combats chorégraphiés avec une précision remarquable, transforme chaque séquence en expérience sensorielle.


57- CRIMSON TIDE – Tony Scott (1995)♦

USS Alabama marque un sommet de la carrière de Tony Scott. On pourrait soutenir qu’il s’agit là de son meilleur film puisque il le trouve au sommet de son art entouré de collaborateurs à tous les postes techniques et créatifs qui livrent, chacun dans leurs domaines, une masterclass. C’est en tout cas un modèle de thriller quasi-parfait, haletant et enthousiasmant, qu’aucune avancée technologique n’aurait pu améliorer et qui figurerait sans peine dans la liste des cinq meilleurs films de chacune des 25 années depuis sa sortie.


58- LETHAL WEAPON 2 – Richard Donner (1989) ♦

Lethal Weapon 2 est l’une de mes suites , même si elle introduit les germes de l’humour qui finiront par gangrener la franchise. Ce film parvient à adoucir progressivement le personnage de Riggs, lui offrant des moments de légèreté avant de le replonger brutalement dans la violence. Le contraste entre l’humour et l’intensité des scènes d’action crée une dynamique captivante, culminant dans un final dantesque qui reste gravé dans les mémoires. Cette suite réussit à capturer l’essence du buddy cop tout en approfondissant les personnages, faisant de Lethal Weapon 2 un incontournable.


59- TRUE ROMANCE – Tony Scott (1993) ♦

True Romance mélange avec une énergie contagieuse la romance et la violence, offrant un cocktail cinématographique aussi explosif qu’émouvant. Le film se distingue par son casting étoilé, comprenant Christian Slater, Patricia Arquette, Dennis Hopper et Gary Oldman, chacun livrant une performance marquante qui contribue à l’intensité dramatique du récit. La bande originale, envoûtante et mémorable, associée à la mise en scène stylisée de Tony Scott, crée une atmosphère unique qui accentue le ton à la fois romantique et tragique de l’histoire. Derrière les fusillades et les excès, se dessine une véritable histoire d’amour, fragile mais passionnée, qui donne au film une dimension intemporelle.

60- FIRST BLOOD – Ted Kotcheff (1982)

Si Rocky incarne le cinéma des années 70 avec son mélange de mélodrame social et de parcours d’un héros perdant, First Blood, tout en reflétant les préoccupations de son époque, marque une véritable rupture dans le paysage cinématographique. Le film annonce l’arrivée des années 80 en révolutionnant la mise en scène et le montage de l’action, avec un rythme plus nerveux et une intensité dramatique rarement atteinte dans le genre. Porté par la performance habitée de Sylvester Stallone, il introduit un personnage complexe, à la fois victime et combattant, dont la douleur intérieure résonne avec les traumatismes des vétérans du Vietnam. La tension permanente, l’utilisation magistrale des décors naturels et la brutalité des affrontements confèrent au récit une puissance viscérale. First Blood ne se contente pas d’être un film d’action spectaculaire : il devient une œuvre charnière, à la fois divertissante et profondément politique, qui redéfinit les codes du cinéma musclé des années 80 et ouvre la voie à une nouvelle ère de héros tourmentés.


61- AN AMERICAN WEREWOLF IN LONDON – John Landis (1981)

An American Werewolf in London (1981) est l’un de ces films où tout fonctionne à merveille. Avec un rythme parfaitement maîtrisé, le film oscille habilement entre l’humour et l’horreur, offrant des moments à la fois hilarants et véritablement effrayants. Les séquences d’horreur sont saisissantes, renforcées par des effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque, qui restent impressionnants à ce jour.


62- SUPERMAN II – Richard Lester (1980) ♦

Superman II , composé en partie du matériel tourné par Richard Donner avant que l’histoire ne soit découpée en deux en raison d’un budget trop élevé. Richard Lester a pris le relais après le renvoi de Donner, malgré le succès du premier film. Reste pendant près de 20 ans le seul exemple cinématographique d’un véritable affrontement entre super-héros et vilains aux pouvoirs équivalents. Bien que ses effets spéciaux aient vieilli, Superman II demeure un moment marquant du genre, notamment grâce à la performance mémorable de Terrence Stamp en tant que général Zod, qui s’est imposé comme un vilain incontournable de l’univers de l’Homme d’acier.


63- PROMETHEUS – Ridley Scott (2010)♦

Si Prometheus a divisé à sa sortie, il s’impose aujourd’hui comme un chef‑d’œuvre visuel et conceptuel, dont l’ampleur esthétique et la richesse thématique continuent de fasciner. Malgré ses défauts narratifs et certaines zones d’ombre, le film captive par son ambition démesurée et par la manière dont il interroge les origines de l’humanité, la quête de sens et les limites de la science. La mise en scène de Ridley Scott, d’une élégance glaciale, déploie des images d’une puissance hypnotique, où la grandeur des décors et la précision des effets visuels créent une expérience sensorielle unique. Porté par une atmosphère à la fois mystique et oppressante, Prometheus ne cesse d’alimenter le débat, consolidant Scott parmi les maîtres incontestés de la science‑fiction moderne. Plus qu’un simple prequel de la saga Alien, il demeure une œuvre ambitieuse et visionnaire, qui continue de susciter réflexion et admiration des années après sa sortie.


64- OUTLAND – Peter Hyams (1981)♦

Outland est un film marquant de Peter Hyams, qui parvient à allier une vision critique de la société à une mise en scène efficace et tendue. Dans cette relecture futuriste du western classique, transposé sur une colonie minière de Jupiter, le réalisateur déploie une atmosphère oppressante où la corruption et l’avidité des puissants mettent en péril la vie des travailleurs. Porté par la performance mémorable de Sean Connery, magistral en marshal solitaire confronté à un système implacable, le film gagne en intensité dramatique et en profondeur humaine. La photographie sombre, l’utilisation habile des décors industriels et la tension croissante confèrent à l’ensemble une puissance visuelle et narrative rare. Outland demeure ainsi un incontournable pour les passionnés de science‑fiction.


65- SUDDEN IMPACT – Clint Eastwood (1983)

Sudden Impact réussit à concilier avec brio l’action brute, la réflexion sociale et l’exploration psychologique, mais il surprend surtout par une dimension inattendue : Clint Eastwood, cinéaste souvent perçu comme porteur d’une image machiste, y adopte une approche étonnamment féministe. En mettant au centre une héroïne déterminée, dont la quête de justice personnelle devient le moteur du récit, il interroge la légitimité des actions de Dirty Harry tout en donnant une voix forte et crédible à une femme confrontée à la violence et à l’oppression. Ce choix narratif transforme le film en équivalent cinématographique du Dark Knight Returns de Frank Miller . Sudden Impact apparaît ainsi comme une œuvre charnière, à la fois divertissante et introspective, qui redéfinit la figure de Harry Callahan tout en révélant une facette inattendue du cinéma d’Eastwood.


66- TWELVE MONKEYS – Terry Gilliam (1995) ♦

Si certains effets de mise en scène de Terry Gilliam ont un peu vieilli, ils conservent néanmoins cette étrangeté singulière qui apporte une dimension supplémentaire au script de David & Janet Peoples, que je considère comme l’un des meilleurs scénarios de science‑fiction jamais écrits. Gilliam insuffle à l’histoire une atmosphère baroque et déstabilisante, où le chaos visuel reflète parfaitement la confusion mentale et temporelle des personnages. Bruce Willis y est formidable, livrant une performance intense et nuancée, à la fois vulnérable et déterminée, qui ancre le récit dans une humanité bouleversante. Aux côtés de lui, Madeleine Stowe et Brad Pitt enrichissent encore la galerie de personnages mémorables, chacun contribuant à la densité dramatique du film. Cette combinaison d’un scénario brillant, d’une mise en scène audacieuse et d’interprétations marquantes fait de l’œuvre une expérience unique, référence incontournable du genre.


67- WATCHMEN – Zack Snyder (2009) ♦

Zack Snyder s’attaque à Watchmen, une œuvre révérée et longtemps considérée comme inadaptable, et réussit, en presque trois heures, à livrer une adaptation graphiquement fidèle au graphic novel culte d’Alan Moore et Dave Gibbons. Il adapte habilement l’intrigue pour l’accorder à sa sensibilité plus « physique » et aux contraintes du cinéma, tout en préservant l’essence sombre et complexe du récit original. Dès l’un des plus beaux génériques récents, qui condense en quelques minutes toute une histoire alternative des États‑Unis, le film nous embarque dans une fresque dense et épique. La mise en scène, stylisée et puissante, conjugue spectacle visuel et réflexion sur le pouvoir, la morale et la fragilité humaine. Porté par des personnages ambigus et fascinants, Watchmen s’impose comme une œuvre singulière, à la fois blockbuster et méditation philosophique. À découvrir absolument dans son édition Director’s Cut, qui accentue encore la richesse et la profondeur de cette adaptation hors norme.


68- STAR WARS – George Lucas (1977) ♦

Lorsque j’ai vu Star Wars pour la première fois en 1977, j’avais l’impression d’entrer dans un monde magique. Les vaisseaux spatiaux qui filaient à toute vitesse et les batailles épiques entre les Rebelles et l’Empire me faisaient rêver d’aventures dans l’espace. La musique de John Williams résonnait en moi, rendant chaque scène encore plus palpitante. À cet instant, je savais que j’étais témoin de quelque chose d’extraordinaire, une expérience qui allait marquer ma jeunesse et façonner ma passion pour le cinéma pour les années à venir.


69- ESCAPE FROM NEW YORK – John Carpenter (1981)

Avec une atmosphère sombre et un design visuel marquant, John Carpenter construit un univers captivant et désespéré, où chaque plan semble imprégné d’une tension sourde. La bande‑son synthétique emblématique, véritable signature du cinéaste, ajoute une intensité hypnotique au récit et accentue la sensation d’oppression. Au cœur de ce monde dystopique se dresse Snake Plissken, anti‑héros charismatique et désabusé, dont le regard cynique et la détermination implacable incarnent la défiance envers toute autorité. Les personnages, mémorables par leur complexité et leur fragilité, évoluent dans un univers où la survie se joue à chaque instant, et les destins tragiques renforcent l’impact émotionnel de l’histoire. Avec Snake Plissken comme figure iconique, Carpenter signe ainsi une œuvre immersive et intemporelle, qui conjugue efficacité narrative et puissance atmosphérique, confirmant son statut de maître du cinéma de genre.

70- CON AIR – Simon West (2002) ♦

Con Air est un pur concentré d’action typique des années 90, un film où les méchants sont vraiment très méchants et les héros, absolument héroïques, incarnant à la perfection les archétypes du genre. Rempli de scènes explosives et d’un suspense haletant, il enchaîne sans relâche les situations à haut risque, ponctuées de répliques cultes qui ont marqué toute une génération de spectateurs. La bande‑son électrisante, mêlant rock et envolées épiques, accentue encore l’énergie brute qui traverse le récit. Porté par un casting larger‑than‑life, avec Nicolas Cage en justicier improbable et John Malkovich en antagoniste glaçant, le film déploie une galerie de personnages hauts en couleur qui renforcent son aura culte. Véritable roller‑coaster cinématographique, il incarne l’excès jubilatoire du cinéma d’action hollywoodien. Si Con Air ne prétend jamais être un chef‑d’œuvre artistique (même si, à mes yeux, il en a l’étoffe), en tant que machine à adrénaline, difficile de faire mieux. .


71 – JACKIE BROWN – Quentin Tarantino (1997) 

Jackie Brown reste encore aujourd’hui le mal‑aimé de la filmographie du génie de Knoxville, souvent éclipsé par les succès plus tonitruants de Pulp Fiction ou Kill Bill. Pourtant, il demeure à mes yeux l’un de ses meilleurs films, une œuvre subtile et mature où Tarantino ralentit le tempo pour privilégier la profondeur des personnages et la mélancolie des situations. Pendant 2h34, Pam Grier incarne avec une intensité bouleversante une héroïne fatiguée mais déterminée, dont le parcours vers une nouvelle vie se dessine avec une justesse rare. La mise en scène, élégante et feutrée, s’accompagne d’une bande‑son soul et funk qui enveloppe le récit d’une atmosphère unique. Et c’est vraiment à regret que l’on abandonne Jackie au terme de ce voyage…


72 –KILL BILL – Quentin Tarantino(2003/2004) ♦

Kill Bill est sans doute le film le plus accessible de Quentin Tarantino, tout en étant l’un de ses plus riches, tant sur le plan thématique que stylistique. Si les deux volumes forment un tout, le second reste mon favori, porté par une énergie brute et un hommage vibrant aux films de sabre, au cinéma d’exploitation et aux westerns spaghetti. Entre vengeance implacable, chorégraphies spectaculaires et dialogues ciselés, Tarantino orchestre une véritable lettre d’amour au septième art, sublimée par la performance habitée d’Uma Thurman.


73- DEMOLITION MAN – Marco Branbilla (1993)♦

Demolition Man est un pur concentré de l’action des années 90, porté par une mise en scène léchée et un sens du spectacle assumé. Avec des explosions, des fusillades et des cascades spectaculaires avant même le générique d’ouverture, le film annonce la couleur : ici, ça va cogner fort ! Richard Donner n’aurait pas renié cette ouverture. Mais au-delà de l’adrénaline, c’est aussi une satire futuriste mordante, où Stallone et Snipes forment un duo explosif, entre brute old-school et anarchiste déjanté. Avec une équipe technique en or (Alex Thompson à la photo, David Snyder au design, Stuart Baird au montage), Demolition Man est un incontournable du cinéma d’action des années 90. Et si vous ne l’aimez pas, eh bien… je ne vous aime pas non plus !


74- MINORITY REPORT – Steven Spielberg (2002) ♦

Avec cette maestria qui fait cohabiter le chaos de l’action avec des méditations profondes sur la prédestination et le libre arbitre, Steven Spielberg parvient à divertir son public autant qu’il le stimule intellectuellement. Minority Report est sans doute, dans sa filmographie, l’œuvre qui atteint le meilleur équilibre entre ses talents d’entertainer sans égal, sa capacité à se connecter à une émotion pure et ses ambitions de cinéaste désireux d’aborder des sujets philosophiques ou politiques. La mise en scène, nerveuse et élégante, conjugue poursuites haletantes et moments de réflexion intime, tandis que l’univers visuel, futuriste et oppressant, donne corps à une dystopie crédible et fascinante. Porté par un « running » Tom Cruise au sommet de son intensité dramatique, le film interroge avec acuité la responsabilité individuelle face à un système de contrôle total. Minority Report demeure à nos yeux le dernier chef‑d’œuvre de Spielberg, une œuvre visionnaire qui combine spectacle et profondeur, et qui continue de résonner par sa pertinence dans notre monde contemporain.


75- A NIGHTMARE ON ELM STREET – Wes Craven (1984) ♦

A Nightmare on Elm Street est une véritable pierre angulaire du cinéma d’horreur, et sans doute le chef‑d’œuvre le plus abouti de Wes Craven. Envoûtant et dérangeant, le film brouille avec une virtuosité rare la frontière entre rêve et réalité, créant une atmosphère cauchemardesque unique qui hante le spectateur bien au‑delà du générique de fin. Avec son concept génial et l’inoubliable Freddy Krueger, devenu une icône absolue du genre, il marque durablement les esprits et redéfinit les codes du slasher en y injectant une dimension psychologique et métaphysique. Plus qu’un simple film d’horreur, c’est un voyage oppressant dans la psyché, où la peur se nourrit de l’intime et de l’invisible, porté par une mise en scène inventive et une tension constante qui ne faiblit jamais. Indémodable, le film conserve aujourd’hui toute sa puissance, rappelant que l’horreur la plus efficace est celle qui s’insinue dans nos rêves et nos angoisses les plus profondes.


76- EXCALIBUR– John Boorman (1981) ♦

Sa première vision reste un moment gravé à jamais dans ma mémoire. La magie du cinéma m’a frappé de plein fouet à l’époque, et je revois encore ce moment comme si c’était hier, quarante ans plus tard. Le film déploie une vision à la fois psychédélique et psychoanalytique. Son atmosphère singulière m’a immédiatement captivé enfant, loin des stéréotypes hollywoodiens habituels, et m’a offert une expérience sensorielle et intellectuelle hors du commun. La photographie envoûtante d’Alex Thompson, le design des armures d’une beauté étrange et l’ambiance païenne, presque mystique, ont ajouté une dimension supplémentaire à cette immersion. Ce mélange de fascination visuelle et de profondeur symbolique a transformé la séance en une révélation, une expérience cinématographique totale qui continue de résonner en moi des décennies plus tard.


77- THE ABYSS – James Cameron (1989) ♦

The Abyss est, avec Terminator, l’un des films les plus sentimentaux de James Cameron, mais aussi le plus naïf. Le contraste entre le film et sa conclusion reste frappant, même si la version longue atténue cette impression. On y ressent clairement l’influence de la science-fiction des années 50 sur Cameron. Avec le pseudopode, il annonce l’avènement du cinéma numérique, mais The Abyss pourrait être considéré comme le sommet du cinéma « analogique » de Cameron. Malgré ses 35 ans, le film reste visuellement impressionnant et en termes de narration et de rythme, il pourrait tout aussi bien avoir été réalisé il y a trois ans. Sa capacité à transcender le temps témoigne de la maîtrise de Cameron en tant que réalisateur.


78- FACE/OFF – John Woo (1997) ♦

Au‑delà des célèbres colombes au ralenti et des mouvements de caméra saisissants, John Woo parvient à diriger John Travolta et Nicolas Cage dans des performances exceptionnelles, chacune habitée par une intensité rare. Le film devient une véritable démonstration de leur talent, chacun réussissant à incarner l’autre de manière fascinante, créant un contraste puissant et troublant entre leurs personnages. Cette inversion des identités, portée par une mise en scène virtuose, donne au récit une dimension opératique, où l’action débridée se mêle à une profondeur émotionnelle inattendue. Les fusillades chorégraphiées, les ralentis stylisés et la tension dramatique transforment chaque séquence en spectacle total, tout en explorant la fragilité des masques et la dualité des êtres. Face/Off demeure ainsi une œuvre inoubliable et emblématique du genre, un sommet du cinéma d’action des années 90 qui continue de fasciner par son audace visuelle et la puissance de ses interprètes.


79- LE PÈRE NOEL EST UNE ORDURE – Jean Marie Poiré (1982)

Le Père Noël est une ordure est une comédie culte où les personnages, excentriques et inoubliables, naviguent dans des situations où cruauté et burlesque s’entremêlent avec une virtuosité rare. Les dialogues, tranchants et percutants, sont devenus légendaires, portés par une troupe du Splendid au sommet de son art, qui transforme chaque réplique en moment d’anthologie. La caricature, poussée à l’extrême, dévoile une satire sociale grinçante, où la mesquinerie et l’absurde se conjuguent pour dresser un portrait hilarant mais impitoyable des travers humains. Derrière l’humour corrosif, le film capture l’esprit d’une époque et continue de séduire par son audace et son irrévérence. Le Père Noël est une ordure demeure ainsi mon film français favori.

80- RESERVOIR DOGS – Quentin Tarantino (1992) ♦

Enfermez des braqueurs après un casse qui tourne mal dans un entrepôt, ajoutez un flic infiltré et un psychopathe imprévisible, puis laissez la tension monter jusqu’à l’explosion finale. Ce dispositif minimaliste mais implacable devient, entre les mains de Quentin Tarantino, une tragédie moderne sur fond d’honneur, de trahison et de violence. Financé grâce à l’intervention décisive d’Harvey Keitel, qui fut le premier à sentir le talent immense de l’ancien employé du vidéoclub « Video Archives », le projet prend une dimension inattendue. Avec ce premier film, Tarantino s’installe immédiatement dans la catégorie des poids lourds, imposant un style unique fait de dialogues tranchants, de références pop et d’une mise en scène tendue comme un fil. Reservoir Dogs n’est pas seulement un polar brutal et claustrophobe : c’est une déclaration d’intention, un manifeste cinématographique qui redéfinit les codes du genre et annonce l’arrivée d’un auteur majeur.


81- CLERKS – Kevin Smith (1994)

Clerks est le premier film qui a révélé le potentiel brut de Kevin Smith, et en tant que première œuvre, il est difficile d’imaginer mieux. Dans les années 90, Smith était véritablement « in the zone », capturant avec une acuité rare l’essence de la vie d’ados et de jeunes adultes de cette époque, entre désillusion, sarcasme et quête d’identité. En 1993, à 21 ans, je passais mes journées à glander devant un avenir incertain, et Clerks m’a frappé comme une tonne de parpaings, arrivant à un moment crucial de ma vie et résonnant avec mes propres doutes. Bien que Smith n’ait jamais retrouvé ce niveau d’inspiration par la suite (malgré une filmographie solide jusqu’à Dogma), ce film demeure un jalon inoubliable. Son mélange d’humour décapant, de réalisme cru et de dialogues percutants a marqué toute une génération, donnant une voix à une jeunesse désabusée mais vibrante. Clerks reste une œuvre culte, un témoignage intemporel de ce que peut accomplir le cinéma indépendant lorsqu’il parle avec sincérité et énergie brute. Et damn, que c’était bon !


82- FIGHT CLUB – David Fincher (1999) ♦

À sa sortie, Fight Club a connu un échec cuisant au box-office, mais il a rapidement gagné le statut de film culte en DVD, provoquant autant d’adoration que de controverse. Ce chef-d’œuvre de David Fincher mêle nihilisme, violence, et critique acerbe de la culture de consommation, tout en explorant les doutes et les frustrations de la masculinité des années 90. Avec une réalisation impeccable et des performances éblouissantes de Brad Pitt et Edward Norton. Pour moi, il représente l’Orange Mécanique de sa génération, un miroir provocateur des tensions sociales et des questionnements identitaires de l’époque.


83- STAR TREK INTO DARKNESS – JJ Abrams (2009) ♦

Le film d’aventures au rythme effréné démarre in medias res, plongeant immédiatement le spectateur dans l’action et rendant hommage à l’esprit de Steven Spielberg tout en conservant une tonalité légère et accessible. Autonome dans sa narration, il récompense les fans avec de multiples références aux œuvres originales, tout en prenant soin de développer ses personnages pour leur donner une véritable profondeur dramatique. Les performances, notamment celle de Benedict Cumberbatch en Khan, apportent une intensité captivante qui élève le récit . La mise en scène, élégante et nerveuse, conjugue efficacité visuelle et souffle épique, transformant chaque séquence en spectacle total. Ce blockbuster d’été hyper efficace capture l’essence même du cinéma de divertissement.


84- BLADE RUNNER 2049 – Dennis Villeneuve (2017)♦

Blade Runner 2049 n’est pas une simple suite opportuniste, mais une œuvre qui prolonge et approfondit les thèmes de l’original avec une sensibilité propre à son réalisateur. Denis Villeneuve signe un film de science-fiction majeur, à la fois contemplatif et profondément humain, qui s’impose comme un chef-d’œuvre moderne du genre. Rarement une suite n’aura su conjuguer aussi parfaitement respect de l’héritage et vision novatrice, confirmant que Blade Runner, loin d’être figé dans le passé, continue d’inspirer et de fasciner.


85- BLADE – Stephen Norrington (1998) ♦

Blade est un précurseur essentiel de la vague des films de super-héros et de l’esthétique électrisante de Matrix. Réalisé par Stephen Norrington, le film combine action intense et une atmosphère sombre, posant les bases de nombreux éléments que nous voyons aujourd’hui dans le genre. La performance de Wesley Snipes dans le rôle-titre, avec son charisme et son style, a redéfini le personnage de super-héros à l’écran. Norrington mérite une reconnaissance pour avoir ouvert la voie à une nouvelle ère de cinéma.


86INCEPTION – Christopher Nolan (2010) ♦

Inception est une œuvre audacieuse dans laquelle Nolan réussit à fusionner une narration complexe avec des thèmes universels, créant une expérience immersive qui interroge notre perception de la réalité. Les performances des acteurs, la direction artistique, et la bande son de Hans Zimmer contribuent à l’impact mémorable du film. Inception quinze ans après sa sortie s’impose comme un chef-d’œuvre intemporel qui continue de captiver et d’émerveiller, rappelant que, même dans l’univers des rêves, la quête de la vérité et des connexions humaines demeure primordiale. de la réalité.


87- THE ROCK – Michael Bay (1996) ♦

Impressionné par la qualité visuelle de Bad Boys par rapport à son budget (Bay renonça à une partie de son salaire pour financer une explosion dans la séquence finale) et son succès surprise, les uber-producers Jerry Bruckheimer et Don Simpson lui confie les rênes de leur vaisseau amiral de l’été 1996 The Rock. Bay comme un challenger qui a enfin une chance pour le titre championnat du monde de boxe ne va pas la rater, il dynamite ce « Die Hard like » lui infusant une énergie hallucinante via un montage (upper) cut et une iconisation guerrière.Avec ce film il fait de Nicolas Cage catalogué acteur bizarre un action hero , redonne à Sean Connery 66 ans au moment du tournage sa carte de badass ultime et donner le modèle de l’action movie du nouveau millenaire.


88-BLACK HAWK DOWN – Ridley Scott, (2001) ♦

Black Hawk Down reste tout aussi impressionnant, un film de guerre et d’action réalisé avec une maîtrise incroyable par Ridley Scott. Il établit des codes graphiques pour la guerre du 21e siècle, influençant le cinéma sur les campagnes d’Irak tout comme Scott l’avait fait pour la science-fiction. La tension, le réalisme et la chorégraphie des scènes d’action font de ce film une référence incontournable, capturant l’horreur et le chaos du combat moderne. Sa capacité à immerger le spectateur dans l’expérience militaire est incomparable.


89- UNBREAKABLE – M.Night Shyamalan (2000) ♦

Incassable se démarque comme une œuvre audacieuse et profondément réfléchie, défiant les conventions du genre super-héroïque en s’ancrant dans une réalité émotionnelle et psychologique. M. Night Shyamalan, en choisissant de traiter le sujet avec gravité et introspection, offre une réflexion sur la nature même des héros et des vilains, tout en explorant les relations humaines sous un prisme fantastique. Alors que l’univers des super-héros s’est largement popularisé, le regard unique de Shyamalan sur cette thématique demeure pertinent et profondément touchant.

90- GOLDFINGER – Guy Hamilton (1964)

Le réalisateur Terence Young déserte la saga Bond et c’est finalement à Guy Hamilton que revient l’honneur de signer l’étalon‑or de la franchise, celui où se met définitivement en place la fameuse « formule ». On y retrouve la scène pré‑générique qui clôt une mission précédente, la présentation savoureuse des gadgets par Q, la voiture mythique, les deux Bond‑girls (dont l’une connaîtra une fin tragique), et bien sûr le vilain mégalomane charismatique accompagné de son homme de main « spécial », ici le redoutable coréen Oddjob. Goldfinger concentre tout ce qui fera le succès durable de la série : la meilleure chanson de l’univers Bond, l’image la plus culte avec « la fille en or », la voiture la plus légendaire, l’Aston Martin DB5, et la réplique la plus inoubliable : « You expect me to talk, Goldfinger? — No, Mr. Bond, I expect you to die! ». Véritable matrice du mythe, le film impose un modèle narratif et esthétique qui deviendra la référence absolue, transformant James Bond en icône culturelle mondiale et inscrivant Goldfinger au panthéon du cinéma populaire.


91- MIAMI VICE – Michael Mann ♦

J’ai toujours préféré l’intro de la version cinéma de Miami Vice à celle du director’s cut : elle nous plonge immédiatement dans l’action, sans détours inutiles, et impose d’emblée un rythme haletant. Michael Mann refuse le pseudo‑réalisme superficiel pour privilégier une authenticité brute, qui sert d’écrin à une ambiance unique, vibrante et hypnotique. Sa mise en scène stylisée, faite de lumières nocturnes, de silences pesants et de fulgurances visuelles, confère au film une intensité rare. Le duo charismatique formé par Colin Farrell et Jamie Foxx incarne avec justesse la tension entre professionnalisme et fragilité intime, donnant une profondeur inattendue à un récit policier. Jamie Foxx, en particulier, n’a jamais été aussi bad‑ass, imposant une présence magnétique qui électrise chaque scène. Miami Vice dégage une énergie hypnotique, à la fois élégante et brutale, qui en fait bien plus qu’une adaptation télévisée : une œuvre cinématographique à part entière, emblématique du style inimitable de Michael Mann.

92-CHINATOWN – Roman Polanski (1974)

Dans Chinatown, Roman Polanski livre une reconstitution envoûtante du Los Angeles des années 30, plongeant le spectateur dans un univers de mystère et de corruption où chaque détail visuel contribue à l’atmosphère suffocante. Jack Nicholson brille dans le rôle du détective privé Jake Gittes, alliant charme ironique et désespoir latent avec une maîtrise exceptionnelle, incarnant un héros tragique pris dans une toile de mensonges et de manipulations. Faye Dunaway, dans le rôle d’Evelyn Mulwray, ajoute une dimension dramatique bouleversante, renforçant la profondeur émotionnelle du récit. Chaque scène devient une exploration fascinante des ténèbres humaines, révélant la fragilité des illusions et la brutalité des rapports de pouvoir. Avec sa mise en scène élégante, son scénario labyrinthique signé Robert Towne et une fin d’une noirceur inoubliable, Chinatown s’impose comme un modèle du genre, à la fois captivant et profondément troublant, une œuvre qui transcende le film noir pour devenir une méditation universelle sur la corruption et la fatalité.


93- BRAZIL– Terry Gilliam (1985) ♦

Brazil de Terry Gilliam est sans doute la meilleure « adaptation » de 1984, la seule à en capturer pleinement le désespoir total et la suffocation d’un monde écrasé par la bureaucratie. Satire prophétique de son époque, le film résonne encore aujourd’hui avec une pertinence troublante, tant il anticipe les dérives de la surveillance, de la technocratie et de l’aliénation moderne. Son esthétique dystopique, baroque et cauchemardesque, alliée à un humour grinçant et absurde, compose une œuvre à la fois terrifiante et fascinante. Gilliam y déploie une imagination visuelle débordante, où chaque détail de décor et chaque cadrage renforcent la sensation d’oppression et d’absurde. Véritable chef‑d’œuvre du XXe siècle, Brazil mérite aisément sa place parmi les plus grands films de tous les temps, non seulement pour sa puissance artistique mais aussi pour sa capacité à interroger, encore aujourd’hui, la fragilité de l’individu face aux systèmes qui l’écrasent.


94- DARK CITY – Alex Proyas (1998) ♦

Dark City d’Alex Proyas est un classique singulier qui mêle philosophie, film noir et science‑fiction, sublimé par une esthétique visuelle unique et envoûtante. Son influence sur Matrix est indéniable, les Wachowski ayant même tourné certaines scènes dans ses décors, preuve de la puissance de son univers visuel et conceptuel. Cette fusion ambitieuse, qui convoque l’héritage de Fritz Lang et de Philip K. Dick, tout en intégrant des touches de Hellraiser et d’Akira, conserve une intensité et une richesse thématique remarquables. Le film interroge la mémoire, l’identité et la manipulation de la réalité, offrant une réflexion métaphysique qui dépasse largement le cadre du genre. Seuls quelques effets numériques trahissent aujourd’hui son âge, mais son atmosphère hypnotique et sa profondeur philosophique restent intemporelles. Dark City demeure ainsi une œuvre visionnaire, à la fois cauchemardesque et poétique, qui continue de fasciner et d’inspirer, confirmant sa place parmi les jalons essentiels du cinéma de science‑fiction moderne.


95- THE DIRTY DOZEN – Robert Aldrich (1967)

The Dirty Dozen est un précurseur majeur du cinéma d’action moderne, tant par son style, son attitude que par sa représentation sans concession de la violence. En réunissant un groupe de marginaux et de condamnés pour une mission suicidaire, le film établit les bases du récit de « mission impossible » qui inspirera une multitude d’œuvres ultérieures, du cinéma aux séries télévisées. Sa brutalité assumée, son cynisme corrosif et son efficacité narrative en font une œuvre qui dépasse le simple divertissement pour devenir une véritable matrice du genre. Porté par une distribution impressionnante et une mise en scène nerveuse, The Dirty Dozen a marqué durablement l’imaginaire collectif et influencé des générations de cinéastes. Brutal, cynique et incroyablement efficace, il demeure une référence incontournable, un jalon essentiel qui continue de définir les contours du film d’action contemporain.


96- JFK – Oliver Stone (1991) ♦

Stone le révolté interroge avec une intensité rare l’histoire américaine, cherchant à dévoiler la vérité derrière ce moment où l’Amérique perdit définitivement ses illusions. Oliver Stone convoque Kevin Costner, incarnation de l’idéal de droiture et de persévérance, pour mener une traque obstinée de la vérité, au‑delà des apparences et des discours officiels. Ce récit ne se limite pas à la thèse du complot : il se déploie comme une vertigineuse enquête, où chaque témoignage, chaque indice et chaque reconstitution deviennent autant de fragments d’un puzzle historique impossible à refermer. La mise en scène, tendue et passionnée, traduit l’obsession d’un pays en quête de réponses, tout en révélant la fragilité de ses institutions et la profondeur de ses blessures. Avec ce film, Stone signe une œuvre monumentale, à la fois politique et tragique, qui dépasse le cadre du cinéma pour s’imposer comme une réflexion intemporelle sur la mémoire collective et la quête de vérité.


97- ARMAGEDDON – Michael Bay (1998) ♦

C’est avec Armageddon que naît l’expression ‘Bayhem’, contraction de ‘Mayhem’ (désordre, chaos) et du nom de son réalisateur. Pour la première fois, Bay se confronte aux effets spéciaux dans une mission à haut risque : Disney mise un budget colossal face à la concurrence de Deep Impact et du Godzilla de Roland Emmerich. Qu’à cela ne tienne, Bay dope un scénario ténu (co-écrit par un jeune J.J. Abrams sur une base de James Cameron et Peter Hyams, non crédités, ce qui explique la présence de Gale Anne Hurd à la production) et le transforme en une orgie de destruction dopée aux stéroïdes. Il fusionne le film catastrophe et le Men on a Mission movie, s’entourant de seconds rôles iconiques – ces trognes de cinéma qu’il adore, souvent piochées chez les frères Coen. Ultra-patriotique, ultra-spectaculaire, bourré de one-liners, Armageddon devient le plus gros succès de l’été… et de la carrière de Bruce Willis.


98- ROLLERBALL – Norman Jewison (1975)

Rollerball reste avant tout un film d’action viscéral, porté par une intensité physique et une brutalité qui marquent durablement le spectateur. Mais au‑delà de son spectacle, il offre un aperçu glaçant d’un monde où des sociétés sans visage ont remplacé les gouvernements, un univers très similaire à celui d’aujourd’hui où médias et culture sont dominés par quelques corporations tentaculaires. La vision de Norman Jewison, longtemps perçue comme une dystopie futuriste, est redevenue d’une pertinence troublante, anticipant les dérives du pouvoir économique et la manipulation des masses par le divertissement. Avec son esthétique froide, ses séquences de jeu d’une violence hypnotique et son sous‑texte politique, Rollerball est un des films de science‑fiction les plus marquants et prospectifs des années 70. Il conjugue la force du cinéma d’action avec une réflexion visionnaire sur la société moderne, confirmant son statut de classique intemporel qui continue de résonner dans notre époque.


99- COBRA – George Pan Cosmatos (1986)♦

Cobra est du Stallone pur jus, surgissant dans sa période la plus excessive et mégalomane, juste après les triomphes tonitruants de Rocky IV et Rambo II. Ce cult‑classic enchaîne les one‑liners légendaires et pousse la badasserie à son paroxysme, offrant un condensé d’action brute et de charisme musclé. Véritable film mutant, oscillant entre clip stylisé et série B ultra‑violente, il tente une expérimentation pop radicale que George P. Cosmatos ne maîtrise pas totalement, mais qui constitue précisément tout son charme. L’esthétique outrancière, les décors saturés de néons et l’imagerie quasi‑publicitaire confèrent au film une identité visuelle unique, emblématique des années 80. Porté par un Stallone en pleine domination du box‑office, Cobra s’impose comme une œuvre excessive et fascinante, qui incarne à la fois les excès et l’énergie brute de son époque.


100 – VIENS CHEZ MOI J’HABITE CHEZ UNE COPINE – Patrice Leconte (1981)

Entre légèreté et regard acide sur la société, le film capture avec une précision remarquable l’esprit de son époque. Patrice Leconte signe une chronique mordante sur l’amitié, le parasitisme et l’insouciance post‑adolescente, où les personnages oscillent entre complicité et cruauté dans un équilibre savoureux. Les dialogues, pleins de piquant et d’ironie, reflètent une justesse de ton qui continue de séduire. Derrière l’humour et la légèreté apparente, se dessine une critique sociale subtile, qui interroge la paresse, l’opportunisme et les illusions de jeunesse. Avec son mélange de comédie et de satire, Leconte parvient à livrer une œuvre qui en font toujours un régal aujourd’hui.

Un commentaire

  1. 100 films très axés sur l’ action, la SF ou le fantastique. On y trouve la crème des différents genres. Une liste qui me convient bien même si j’y aurais fait figurer sans doute d’autres films à mes yeux importants.
    👏

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